1. Réforme du bac : "On peut tous se louper à cause du stress"
Témoignage

Réforme du bac : "On peut tous se louper à cause du stress"

Envoyer cet article à un ami
Davantage de contrôle continu au bac aurait permis à certains candidats d'éviter le stress des immenses salles d'examen. // © Nicolas Tavernier / R.E.A
Davantage de contrôle continu au bac aurait permis à certains candidats d'éviter le stress des immenses salles d'examen. // © Nicolas Tavernier / R.E.A

Le bac 2017, le dernier sous cette forme-là ? Certains candidats, stressés par l'examen ou déçus, regrettent que la réforme annoncée par le ministre de l'Éducation nationale n'ait pas eu lieu plus tôt. Témoignages à la sortie des épreuves.

Quatre matières obligatoires à l'examen final et le reste en contrôle continu. Cette proposition de réforme du baccalauréat lancée par le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, a beaucoup intéressé les candidats qui passent l'examen en 2017.

À l'image de Florine, 18 ans, élève en terminale L, de nature angoissée, à qui cela "aurait permis d'éviter le stress des exams". La lycéenne, très assidue dans son travail scolaire,  qui aime "réviser [ses] cours chaque soir", estime que le contrôle continu est plus motivant et "permet la régularité au niveau du travail tout au long de l'année".

"Le bac n'est pas représentatif de nos capacités"

Andréa, élève en terminale ES est du même avis : le bac n'est pas "forcément représentatif de nos capacités, on peut tous se louper à cause du stress". Elle aussi pense que le contrôle continu permettrait un apprentissage plus pédagogique car "il laisse le temps de se rattraper au cours de l'année". "Ce ne serait plus un tas de révisions à assimiler en peu de temps mais plutôt un travail quotidien tout au long de l'année qui favoriserait l'acquisition des chapitres petit à petit."

Yanis, 18 ans, en terminale L, considère que cette réforme permettrait de redonner de la valeur au diplôme. "Mon beau-père, qui a 40 ans, a connu un taux de réussite entre 60 % et 70 % à son époque alors qu'aujourd'hui le taux de réussite avoisine les 90 %, on n'a pas besoin de tricher", expose le jeune homme. Un changement serait bénéfique car "le système scolaire aujourd'hui finit par nous forcer à réussir au lieu de comprendre".

Lire aussi : Les lycéens imaginent leur bac idéal

Des témoignages qui vont dans le sens du sondage exclusif de l'Etudiant révélé quelques jours avant le début du bac 2017. 79 % des répondants sont pour davantage de contrôle continu et moins d'épreuves terminales.

Le bac "perdrait de sa valeur"

Si la plupart des terminales interrogés aurait bien aimé profiter de cette réforme avant l'heure, certains ne sont en revanche pas d'accord. C'est le cas de Sophie qui considère que le bac serait "bien plus simple" et "perdrait encore de sa valeur". Pour la jeune fille, c'est une affaire de tradition. "Tout le monde a passé comme ça l'examen jusqu'à aujourd'hui, je ne vois pas pourquoi ça devrait changer, c'est inscrit dans nos mœurs."

Lire aussi : Quelle réforme du baccalauréat ? La proposition du candidat Emmanuel Macron

Ehsan, 17 ans, en première ES, partage ce point de vue. Le lycéen songe déjà à l'année prochaine. En tant que futur candidat résidant en banlieue, il s'inquiète que son diplôme soit "dévalorisé". Pour lui, cela pourrait "favoriser les inégalités postbac". "Un élève d'un lycée plus côté aurait plus de chances d'être pris dans le supérieur que quelqu'un d'un lycée moins renommé", craint-il. Une inquiétude qui devrait être évoquée lors de la "large concertation" sur la réforme promise par Emmanuel Macron pour l'année prochaine.

Ils (re)passent le bac avec l'Etudiant

Chaque année, au moment du bac, l'Etudiant accueille des étudiants en journalisme pour couvrir les épreuves en direct. Enquêtes, reportages, témoignages... Vous pouvez lire cette année sur letudiant.fr les articles de 14 étudiants de l’IEJ : Antoine, Fabien, Heloïse, Inès, Jennyfer, Julia, Kassy, Laura, Laurène, Léa, Luca, Matthias, Pierre et Wallis*.