Bac ES 2015: sujet et corrigé de philosophie sujet 3

Philosophie
Terminale ES
  • Le sujet de Philosophie sujet 3 :


    Expliquez le texte suivant :

    "Dans un État démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d'une grande assemblée se mette d'accord sur une seule et même absurdité. Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n'est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l'appétit1 et à les maintenir, autant qu'il est possible, dans les limites de la raison, pour qu'ils vivent dans la concorde et dans la paix. Ôté ce fondement, tout l'édifice s'écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d'y pourvoir; aux sujets, il appartient d'exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit.
    Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l'esclave est celui qui agit par commandement et l'homme libre celui qui agit selon son caprice. Cela cependant n'est pas absolument vrai ; car en réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison."
    SPINOZA, Traité théologico-politique (1670)


Le corrigé de Philosophie sujet 3 :

Texte de Spinoza, Traité théologico-politique

 

Quel est le fondement de la démocratie et quel but assigner à un État démocratique afin de préserver la liberté de tous les sujets qui le composent ? Telles sont les questions auxquelles Spinoza répond dans ce texte en montrant qu'il est paradoxal de penser que la liberté n'est que pure fantaisie et réalisation de ses désirs égoïstes, ce qui rendrait impossible la paix et la concorde.

Mais alors comment envisager la démocratie et la liberté s'il est nécessaire d'imposer le droit par l'intermédiaire d'un souverain et d'exiger l'obéissance des individus sans cependant les tenir comme esclaves d'un pouvoir arbitraire ?

Pour résoudre ce problème Spinoza envisage l'impossibilité d'obéir à des ordres absurdes, ce qui serait contraire au fondement et à la fin de la démocratie, puis la nécessité de commandements qui relèvent du droit. Enfin, c'est en opposant les deux définitions d'esclave et d'homme libre qu'il parvient à montrer que le seul fondement de la démocratie est la raison, garantie de la liberté et de l'accord des hommes entre eux.

 

1. L'accord du plus grand nombre est la garantie d'éviter l'absurdité des ordres. Ce qui fonde cet accord est l'universelle elle raison.

 

2. Les ordres dans une démocratie ne pouvant être absurdes, il convient au souverain de les donner et aux sujets de les exécuter.

 

3. Cette soumission fait-elle des sujets des esclaves ? Non, si l'on définit l'homme libre non pas comme celui qui agit selon son caprice mais comme celui qui vit sous la "conduite de sa raison."

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