JM KEYNES

Sciences économiques et sociales
Terminale ES

Le 2 janvier 2009, le Figaro titrait: « John Maynard Keynes, l'homme de l'année 2009 »! JMK (1883 – 1946) est incontestablement la star des économistes. Cette fiche n'est pas le lieu pour explorer toute la complexité et la brillance du personnage admiré à gauche, à droite et au centre, pourtant, il le faudrait pour mieux saisir sa pensée économique. Nous nous contenterons, par conséquent, d'exposer les points essentiels, classiquement keynésiens, du tournant de 1936 jusqu'à sa brûlante actualité.

Economie - Bac ES

JM KEYNES

Thème du programme : Enseignement de spécialité – Auteurs

Sous-emploi et demande


Le 2 janvier 2009, le Figaro titrait: « John Maynard Keynes, l'homme de l'année 2009 »! JMK (1883 – 1946) est incontestablement  la star des économistes. Cette fiche n'est pas le lieu pour explorer toute la complexité et la brillance du personnage admiré à gauche, à droite et au centre, pourtant, il le faudrait pour mieux saisir sa pensée économique. Nous nous contenterons, par conséquent, d'exposer les points essentiels, classiquement keynésiens, du tournant de 1936 jusqu'à sa brûlante actualité.

I. Quelques repères clés de la pensée de JMK

Nécessité de situer JMK: il n'est ni anti-libéral, ni anti-capitaliste. Il s'oppose néanmoins aux doctrines classiques et surtout néoclassiques en plaçant au coeur de son analyse l'emploi et la monnaie dans un cadre macroéconomique.

Avec « Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie » (1936), JMK révolutionne la pensée économique en montrant que le sous-emploi peut être durable, le chômage involontaire et que le marché, livré à lui-même (autrement dit sans intervention publique) ne peut restaurer l'équilibre. L'analyse libérale pure et surtout  néoclassique (Walras), elle, le pense en postulant un équilibre à plus ou moins long terme. Ce à quoi JMK répond : « A long terme nous serons tous morts ».

Autrement dit, il est nécessaire de corriger les dysfonctionnements du marché à court terme. La crise de 1929 est le contexte crucial de cette analyse. Inutile d'attendre un retour hypothétique du plein-emploi face à l'incertitude, une rigidité des salaires (réels) et une insuffisance de la demande effective (en consommation et investissements). Ces trois points s'opposent clairement aux néoclassiques qui nient l'incertitude, postulent la flexibilité des prix (des salaires ici) et considèrent la primauté de l'offre (voir loi de Say).

Plus que tout, ce sont les perspectives de demande qui déterminent les décisions d'investir (et d'embaucher) des entreprises et non le coût salarial ou l'existence d'une épargne préalable. Il faut donc agir sur la demande effective par une politique économique (budgétaire et monétaire). Le concept du multiplicateur keynésien (MK) permet de justifier l'action de l'Etat sur la consommation ET l'investissement.

Notons que le MK peut fonctionner sans dépenses publiques (contrairement à l'idée répandue), voyons toutefois cet effet dans le cadre d'une politique budgétaire de relance: le MK fonctionne par vagues. Exemple avec une propension marginale à consommer (pmc) de 0,80, donc une propension marginale à épargner (pme) de 0,20, une dépense publique supplémentaire de 100 (grands travaux par ex) et en économie fermée, on peut calculer un coefficient multiplicateur k = 1 / (pme) soit ici k = 1 / 0,2 = 5. Ce qui signifie qu'avec un accroissement d'investissement initial de 100, l'accroissement final du PIB, après vagues successives, sera de 500! Cet effet multiplicateur suppose, paradoxalement, une relative certitude de prévisions (période des 30 glorieuses par ex).

II. L'actualité de JMK

La question de l'intervention de l'Etat dans l'économie est une sorte de tarte à la crème régulièrement évoquée et, à vrai dire, elle ne se pose plus de manière dichotomique. Tous les Etats interviennent par des dépenses publiques, même (surtout pourrait-on dire) les USA et la question est surtout de savoir si Keynes a quelque chose à voir avec cela.

L'actualité récente dans un contexte de crise financière puis de perspectives de récession a fait ressurgir le terme de relance keynésienne. Même si l'on peut toujours discuter entre purs keynésiens, post-keynésiens, libéraux devenus keynésiens, purs libéraux anti-keynésiens, etc...les vastes plans de relance européens et américains de plusieurs centaines de milliards déclenchés fin 2008 sont d'une logique toute keynésienne.

La situation est en effet suffisamment grave pour ne pas attendre le retour de la croissance sur l'espérance d'un simple réajustement de l'offre et de la demande à plus ou moins long terme. Il est tentant de redire, avec JMK, qu'à ce terme « nous serons tous morts »! Sauf qu'une vraie politique keynésienne nécessiterait de s'attaquer aux structures de manière plus radicale.

Les banques centrales, elles, en baissant leurs taux d'intérêt (proches de zéro en réel), sans trop de danger inflationniste, posent les conditions minimales de réussite de ces plans.

Pour aller plus loin :
http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/01/la-revanche-de-keynes_1101719_1101386.html?xtref=
http://www.ac-grenoble.fr/ses/Content/Pratique/terminal/specialite/friedman-keynes.pdf

J. Calatayud
Agrégé d'économie et gestion
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ooo publié le 19/05/2019

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henri publié le 04/01/2016

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