La culture : langage, art, travail et technique

Philosophie
Terminale

Fiche de révisions Baccalauréat général Philosophie

 

La culture : langage, art, travail et technique

 

 

 

  • Définition

Du latin colere, habiter, la culture est une activité proprement humaine. Elle signifie cultiver la terre pour la rendre habitable et rendre un culte à la divinité qui protège le lieu. La culture est d'abord l'activité qui consiste à faire pousser ce dont l'homme a besoin pour vivre, ce qui ne pousse pas par soi-même et, en ce sens, s'oppose à la nature. Par extension, c'est l'ensemble des productions, des institutions, des coutumes et de traditions d'un groupe humain.

 

  • Problématique

La culture s'oppose à la nature, mais chez l'homme se pose le problème d'un éventuel passage de l'un à l'autre. Dans nos manières de vivre, d'agir ou de penser, il n'est pas sûr que nous puissions distinguer ce qui est naturel (transmis par hérédité biologique) de ce qui appartient à la culture (transmis par héritage social).

La culture étant l'ensemble des activités humaines en général, il faut considérer qu'elle prend des formes différentes selon les groupes humains, aussi divers dans l'espace que dans le temps. C'est la multiplicité et la diversité des cultures qui posent problème, si l'on entend définir le propre de l'homme. La notion de culture doit alors être distinguée de celle de « civilisation », qui suppose une hiérarchie, une supériorité face à la « barbarie » et à la « sauvagerie ». La culture en ce sens est une manière de caractériser la liberté humaine.

 

 

 

1. Le langage

 

  • Définition

Le langage est un instrument d'expression et de communication. Or la communication n'est pas forcément la fonction principale du langage humain et se trouve également chez les animaux. Il faut donc distinguer des sens et des fonctions multiples du langage. Pour désigner la faculté humaine de parler, c'est le langage articulé qui semble le plus important, ou plus précisément, la double articulation de sens et de sons. On appelle aussi « langage » des codes particuliers inventés par l'homme : ce sont des systèmes de symboles (langage des couleurs, des mathématiques, langage musical ou même l'écriture). Toutes les langues humaines sont des codes, c'est-à-dire des systèmes de signes propres à une communauté linguistique.

 

  • Problématique

L'homme se caractérise principalement par la faculté du logos, qui signifie à la fois la raison et les discours, ce qui lui permet de penser, de juger, de se représenter le monde et de le nommer. Cependant, est-ce dans les mots que nous pensons ? On peut envisager le cas où le langage exprime infidèlement la pensée, ou le cas où la structure de notre langue trahit par nos paroles notre intimité, la réalité que l'on veut exprimer. Le langage est-il vraiment le propre de l'homme ? Quelle est alors son origine, vient-il d'une nécessité pratique ?

 

2. L'art

 

  • Définition

L'étymologie indique le lien entre l'art et la technique (ars, artis en latin, technè en grec) mais ce mot va désigner autre chose que la production technique ou l'artisanat à partir du XVIIIe siècle, avec l'apparition de la notion des « beaux-arts ». L'art est alors défini comme activité de création d'œuvres ayant une qualité esthétique. Il se distingue des activités ayant un but pratique, comme par exemple la production d'outils, ou de la science et de la philosophie, qui visent la vérité. L'art en ce sens est inutile, c'est une activité désintéressée, qui se distingue néanmoins des productions de la nature car il caractérise des œuvres humaines.

 

  • Problématique

 

Si l'art se distingue de la technique, il y a cependant une dimension de travail, de labeur, de règles et de maîtrise qui accompagne la création. Par ailleurs, certains objets techniques ont une valeur esthétique (par exemple le design). Il faut donc s'interroger sur cette dimension de travail et en même temps d'inspiration, qui permet la création et non une simple imitation de la nature.

La valeur esthétique n'a pas de critère à proprement parler, que ce soit la beauté, le plaisir, rien ne semble mesurer cette valeur ni dans son élaboration, ni dans son évaluation. Qu'est-ce qui distingue alors l’œuvre des simples objets fabriqués par l'homme ?

Comment porter un jugement de goût universel malgré la fameuse sentence du sens commun « des goûts et des couleurs, on ne discute pas » ? Pourtant, on ne fait que cela, et on s'accorde universellement sur des œuvres qui nous semblent belles et artistiques pour tous. Suis-je certain d'avoir bon goût lorsque je juge une œuvre en disant « c'est beau » où « c'est de l'art » ?

 

 

3. Le travail et la technique

 

  • Définition

Le mot tripalium en latin signifie torture, ce qui rappelle que le travail est vécu comme une contrainte pénible, un labeur. Dans l'Antiquité, il est effectivement défini comme une activité indigne de l'homme, liée à la nécessité vitale de satisfaction des besoins. Aristote rêvait que les métiers à tisser puissent un jour travailler seuls sans l'aide de l'homme.

La technique est l'ensemble des procédés utilisés par l'homme pour transformer la nature : construction d'outils, transmission des savoirs et des savoir-faire. Le philosophe Bergson définit l'homme comme homo faber, « fabricateur d'outils », ce qui est spécifiquement humain et marque l'entrée dans la culture par l'intermédiaire du langage.

 

  • Problématique

Le rêve d'Aristote étant en partie réalisé par les machines contemporaines, on peut se demander si le travail est aujourd'hui une activité libre et épanouissante. Marx a dénoncé les conditions pénibles du travail à l’ère de l'industrialisation comme aliénantes pour l'homme. Mais le travail procure aujourd’hui de quoi vivre et nous enrichit au sens propre (le gagne-pain) comme au sens figuré (j'exerce un métier qui me plaît, que j'ai choisi). S'agit-il de se libérer par le travail ou du travail ?  Envisager une société sans travail pose problème comme le montrent les réflexions économiques et sociales de la fin du XXe siècle.

Définir l'homme par ses capacités techniques suppose que le développement est nécessaire, alors même que l'ensemble des procédés mis en œuvre pour transformer la nature est remis en question, en tant que danger et source de nouvelles contraintes que l'homme peut exercer sur son environnement et sur lui-même. Ainsi les nouvelles technologies ne font pas que transformer le rapport de l'homme à son travail, mais impliquent de nouvelles responsabilités.

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