La culture : les échanges

Philosophie
Terminale

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La culture :
les échanges

• Définition

Nous avons tendance spontanément à n'envisager l'échange que dans son aspect économique et commercial, mais l'échange concerne tous les aspects de la vie humaine : échanges entre différents membres de la société, échanges entre différentes sociétés... Il y a différents types d'échanges et différents rôles qui leur sont attribués. Par exemple, l'ethnologue Claude Lévi-Strauss insiste sur échange primordial que constituent les règles de mariage dans les sociétés dites primitives et son corollaire, l'interdit de l'inceste, comme condition même de toute société. Les guerres entre tribus ennemies peuvent aussi être considérées comme des formes d'échanges, ainsi que les cadeaux, les dons qui nous semblent cependant avoir un caractère unilatéral et gratuit.

• Problématique
La notion d'échange suppose qu'un objet peut valoir pour un autre, mais quelle équivalence y a-t-il par exemple entre du pain et un manteau ? De plus, lorsqu'il s'agit d'abstraction, quelle équivalence y a-t-il par exemple entre un travail et son salaire ? On peut donc se demander si tout peut être échangé, dans la mesure où l'échange est posé comme condition de possibilité d'une vie en société. Il faut alors considérer que l'échange ne se réduit pas à un objet que l'on donne contre un autre ayant la même valeur (le troc) pour penser les rapports humains en terme d'échanges. La société peut-elle exister sans échanges ?

• Un texte, un sujet de bac
« L'effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l'une a intérêt d'acheter, l'autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels.
Mais si l'esprit de commerce unit les nations, il n'unit pas de même les particuliers. Nous voyons que, dans les pays où l'on n'est affecté que de l'esprit de commerce, on trafique de toutes les actions humaines, et de toutes les vertus morales : les plus petites choses, celles que l'humanité demande, s'y font ou s'y donnent pour de l'argent.
L'esprit de commerce produit dans les hommes un certain sentiment de justice exacte, opposé d'un côté au brigandage, et de l'autre à ces vertus morales qui font qu'on ne discute pas toujours ses intérêts avec rigidité et qu'on peut les négliger pour ceux des autres.
La privation totale du commerce produit au contraire le brigandage, qu'Aristote met au nombre des manières d'acquérir.
L'esprit n'en est point opposé à de certaines vertus morales : par exemple, l'hospitalité, très rare dans les pays de commerce, se trouve admirablement parmi les peuples brigands. »

Montesquieu, De l'esprit des lois (1748), livre XX, chapitre 2

Questions

1. Dégagez la thèse du texte et les étapes de son argumentation.

2. Expliquez :
a. « toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels » ;
b. « si l'esprit de commerce unit les nations, il n'unit pas de même les particuliers » ;
c. « l'esprit de commerce produit dans les hommes un certain sentiment de justice exacte ».

3. Les échanges commerciaux rendent-ils les hommes meilleurs ?

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zaaa publié le 03/01/2016

ouiii

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