Roméo et Juliette, une pièce Baroque ?

Français - littérature
Terminale L
Voici une question on ne peut plus conventionnelle. Seulement, le piège ici serait de se contenter d’un savoir encyclopédique sans s’attacher à illustrer vos propos d’exemples précis.
Littérature – Bac L

Roméo et Juliette, une pièce Baroque ?


Voici une question on ne peut plus conventionnelle. Seulement, le piège ici serait de se contenter d’un savoir encyclopédique sans s’attacher à illustrer vos propos d’exemples précis.

Afin d’élaborer le plan, on peut distinguer le fond de la forme autrement dit ce qui relève des techniques d’écritures caractéristiques du baroque des thèmes majeurs abordés dans ce mouvement littéraire qui n’a été défini qu’après coup par les critiques.
La problématique que l’on pourrait formuler serait la suivante : quels aspects de l’œuvre de Shakespeare permettent de la qualifier de baroque ?
Pour ce qui est de l’analyse du sujet, il convient assez rapidement de dresser une liste de mots qui sont souvent rattachés au baroque comme mouvement, violence, vanité, illusion, inconstance... Liés aux exemples, ils permettront de rendre compte de votre connaissance du sujet. Voici une organisation possible qui est loin d’être exhaustive bien sûr (vous ne disposez que de 1h15 au maximum pour traiter ce genre de questions)

I-  Des thèmes baroques

1- le caractère ostentatoire
Pour développer ce point, on peut s’arrêter sur la fête donnée par les Capulets à l’acte I, scène 5. Outre le caractère festif évident, il est intéressant de noter le jeu de masques qui entretient la confusion sur l’identité des convives et par conséquent le fait qu’ils jouent un rôle.
2- la magie et le rêve
Ces deux notions sont intéressantes dans la mesure où elles peuvent développer le thème de l’illusion. De fait, si l’on se rapporte à frère Laurent qui exerce à ses heures perdues la magie à travers l’utilisation des plantes, on constate que c’est le maître d’œuvre de la mort illusoire de Juliette. Il faut noter aussi que ce personnage est baroque par la dualité qu’il entretient entre sa fonction de religieux et celle qui le fait devenir le pendant de l’apothicaire.
Quant au rêve, il a une place de choix dans la pièce mais le moment le songe le plus marquant est sans doute l’exposé sur la reine Mab que Mercutio fait à Roméo. En effet, cette dernière entretient l‘illusion et la vanité de ceux qu’elle visite la nuit.
3- la mort et le macabre
La mort est omniprésente dans la pièce mais ce qu’il y a de particulièrement baroque chez elle, c’est son évocation profondément morbide qui va développer le thème de la vanité de l’existence. Pour bien s’en convaincre, il suffit de relire le passage qui précède la prise du poison par Juliette à l’Acte IV, scène 3. De fait, la mort y est évoquée avec beaucoup de violence et aucun détail ne nous est épargné ; elle est faite d’ossements, « d’exhalaisons infectes », de pourriture et de « gémissements ».

II- Une esthétique baroque

1- la structure de la pièce (échos, oppositions)
On peut relever par exemple le cas des personnages qui fonctionnent par couples reposant à la fois sur des symétries et des antithèses. C’est le cas par exemple de Roméo, associé à la mort et donc à la nuit et de Juliette, fille du soleil. Le couple Benvolio, symbole de la paix et Tybalt, symbole de la haine est aussi intéressant à ce titre. La construction en miroir des deux scènes dites du balcon est aussi à relever.
2- les registres mêlés
On passe du lyrisme amoureux et convenu dans les discours de Roméo et Juliette, au comique parfois farcesque à travers le personnage de la nourrice qui se plaint de ses articulations avant de donner les informations tant convoitées à sa jeune maîtresse. Enfin, le registre tragique parcourt la pièce puisque dès le prologue est annoncée l’issue fatale des héros.
3- les procédés d’écriture
Esthétique des contraires, le baroque affectionne particulièrement les figures d’opposition comme l’antithèse « Je dois partir et vivre, ou rester et mourir » (acte III, scène 5) ou encore l’oxymore « O tumultueux amour ! O amoureuse haine ! O tout, créé de rien ! » (acte I, scène 1).
La confusion entre réalité et rêve va quant à elle être entretenue par de nombreuses métaphores comme celle qui désigne les yeux acte I, scène 2 « ces balances cristallines ».

Emmanuelle Colas
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Leaswane972 publié le 19/08/2018

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Lou publié le 24/01/2016

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