Sujet de baccalauréat STG

Philosophie
Terminale STMG

Voici le sujet de l’année dernière, tombé en France métropolitaine en juin 2008. Il concerne le commentaire de texte en philosophie.

Philosophie – STG

Sujet de baccalauréat STG


Voici le sujet de l’année dernière, tombé en France métropolitaine en juin 2008. Il concerne le commentaire de texte en philosophie. Pour réviser efficacement, et comprendre ce qu’est  un sujet de bac, entraînez-vous avec celui-ci !

Sujet :

"Lorsque, dans les matières qui se fondent sur l'expérience et le témoignage, nous bâtissons notre connaissance sur l'autorité d'autrui, nous ne nous rendons ainsi coupables d'aucun préjugé ; car, dans ce genre de choses, puisque nous ne pouvons faire nous-mêmes l'expérience de tout ni le comprendre par notre propre intelligence, il faut bien que l'autorité de la personne soit le fondement de nos jugements – mais lorsque nous faisons de l'autorité d'autrui le fondement de notre assentiment à l'égard de connaissances rationnelles, alors nous admettons ces connaissances comme simple préjugé. Car c'est de façon anonyme que valent les vérités rationnelles ; il ne s'agit pas alors de demander : qui a dit cela ? Mais bien : qu'a-t-il dit Peu importe si une connaissance a une noble origine ; le penchant à suivre l'autorité des grands hommes n'en est pas moins très répandu tant à cause des faiblesses des lumières personnelles que par désir d'imiter ce qui nous est présenté comme grand."

Emmanuel Kant

1a. Le texte est construit à partir d'une distinction. A quelle thèse conduit-elle ?
1b. Analysez les étapes de l'argumentation.
2a. Expliquez ''nous ne nous rendons ainsi coupables d'aucun préjugé'' et ''alors nous admettons ces connaissances comme simple préjugé''
2b. Expliquez ''c'est de façon anonyme que valent les vérités rationnelles'
3. Quand on cherche la vérité, faut-il rejeter l'autorité d'autrui ?

Proposition de corrigé

Voici spécialement pour vous une problématique et un plan proposés par Laurence Hansen-Love.

1a. Le texte part de la distinction : vérités de fait, vérités de raison (ou « vérités rationnelles »).
Les premières sont celles qui relèvent de l’histoire et des sciences expérimentales (« matières qui se fondent sur l’expérience et le témoignage »), les secondes concernent les maths, la logique et la philosophie.
La thèse est : « on peut prendre en considération l’autorité de celui qui énonce ces vérités dans le cas des premières (vérités de fait) et non pas des secondes (vérités rationnelles) »

1b. Etapes de l’argumentation :
Jusqu’à « de nos jugements » : l’autorité et les vérités de fait.
De « mais lorsque … » jusqu’à « qu’a-t-il dit » : le cas opposé des vérités de raison.
De « peu importe si »… jusqu’à la fin : pourquoi malgré tout nous nous inclinons devant l’autorité des grands hommes, à tort.

2a. « Nous ne nous rendons ainsi coupable d’aucun préjugé » : il est normal et légitime de faire confiance à ceux qui ont de l’expérience quand ils énoncent des vérités relevant de l’expérience.
« Alors nous admettons ces connaissances comme simples préjugés » : au contraire, s’en remettre à ‘autorité d’un autre homme dans le cas de connaissances d’ordre rationnel est une erreur, voire une faute (nous tombons dans le préjugé, nous renonçons à penser par nous-mêmes)

2b. « C’est de façon anonyme que valent les vérités rationnelles ». C’est un paradoxe : un discours rationnel (contrairement à une œuvre d’art) n’a pas à être signé. Peu importe qui l’a prononcé. Puisque la seule chose qui compte est qu’il soit vrai, et tout le monde, étant doué de raison, peut le vérifier par lui-même.

3. Quand on cherche la vérité, faut-il rejeter l’autorité d’autrui ?
Réponse : cela dépend des domaines.
Dans le domaine rationnel (maths, philosophie), l’argument d’autorité (« untel l’a dit ») n’est pas recevable. Cependant, il y a de nombreux domaines qui sont, en quelque sorte dans l’entre-deux.
C’est le cas de l’économie, de la politique, de la morale et peut-être de la philosophie. Par exemple : quand on n’est pas économiste, ou philosophe, on a tendance à faire confiance aux personnes qui ont une autorité morale, ou scientifique, une compétence avérée dans leurs domaines respectifs. C’est naturel. Mais c’est dangereux. Car il vaut toujours mieux se servir de son propre entendement que d’attendre de quelqu’un d’autre qu’il pense à votre place. C'est la leçon à tirer de ce texte, et de l’opuscule « Qu’est-ce que les Lumières ? ».

Laurence Hansen-Love

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yume publié le 17/09/2015

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