Sujet et corrigé bac ES 2011 - français

Français - littérature
1ère ES (avant réforme bac 2021)

Le sujet de l'épreuve anticipée de français au bac ES 2011 et son corrigé

Le sujet :

 

 

Français ES-S

Le corrigé :

 

I.        Question

Introduction : Rapide présentation des trois textes + problématique contenue dans la question.

Développement :

Ces trois textes offrent une vision différente du peuple. Victor Hugo, dans le texte A, choisit de mettre en lumière un personnage précis qui, de plus, du fait qu’il s’agit d’un enfant ne doit pas laisser le lecteur indifférent. Il fait apparaître sa vivacité et son enthousiasme par des énumérations et des métaphores (« tourbillonnement », « mouche ») et montre en utilisant le discours direct que son action incessante s’accompagne d’une réflexion et d’une vivacité d’esprit. A travers lui, il fait partager le point de vue et les émotions du peuple qui se bat pour sa liberté (il s’agit ici de renverser la monarchie de juillet). Il donne à voir également la foule dans sa diversité en évoquant l’attitude qu’a Gavroche avec des personnages de caractère (« flâneurs », « paresseux », « fatigués », « pensifs ») et de milieux sociaux différents (« étudiants », « ouvriers »).  La volonté dont fait preuve Gavroche, qui se manifeste par ses actions et son mouvement incessant, crée une vision positive du peuple qui se bat pour une noble cause.

Dans le texte B, Flaubert propose une vision beaucoup plus critique du peuple qui est présenté comme une masse irréfléchie, incontrôlable et dangereuse. Cette vision est tout d’abord imposée par la description du peuple vue d’en haut (« Hussonnet et Frédéric se penchèrent sur la rampe » l. 1), et qui se voit réduit à n’être qu’un ensemble indifférencié (aucun personnage ne s’en détache comme chez Hugo). C’est pourquoi il est comparé à une « rivière » dans une métaphore. De plus, le point de vue des personnages, celui de Hussonnet en particulier, renforce cette impression que le peuple ne fait que céder à une impulsion destructrice, qu’elle ne défend pas d’idée mais se contente de saccager et d’avilir tout ce qu’il trouve de beau dans le palais des Tuileries. Il en parle avec dédain (« « Les héros ne sentent pas bon ! » » l. 12) et le critique de manière ironique (« « Voilà le peuple souverain ! » » l. 18). A travers le personnage du « prolétaire à barbe noire », le peuple est même ridiculisé et présenté comme n’étant fait que d’une association d’êtres égoïstes et vils (« « Pauvre vieux » » l. 23). La foule finit d’ailleurs par être réduite à la « canaille » (l.29).

Enfin, dans le texte C extrait de La Fortune des Rougon, Zola offre lui aussi une vision générale du peuple mais il le présente de manière positive, voir poétique. En effet, dans le portrait qui est fait de la foule, elle apparait comme un tout. Sa puissance est soulignée par le fait que sa force se communique à la nature toute entière qui semble adhérer à son combat.

Conclusion :

Ces trois textes évoquent le peuple de manière différente, tantôt comme une masse informe, sublime ou inquiétante, tantôt comme un ensemble d’êtres se battant côte à côte, unis par une noble cause. Si les trois auteurs ont choisi d’en faire un portait mélioratif ou péjoratif, ils en soulignent tous la puissance.

 

Dissertation
Introduction :
Présentation problématique + annonce de plan
I.    Le roman comme reflet du monde
a)    Une description minutieuse des événements
Le roman est un moyen pour l’auteur de décrire des événements, politiques par exemple, avec précision et de les faire revivre dans leur déroulement au lecteur.
Ex : Texte B : Flaubert donne à voir l’arrivée et la mise à sac du palais des Tuileries.
b)    Un aperçu du quotidien
Les auteurs réalistes et naturalistes, en particulier, ont cherché à représenter la vie dans ses détails les plus triviaux. Leurs œuvres permettent au lecteur de partager le quotidien d’un personnage et de montrer son environnement.
Ex : Flaubert peint la vie de la petite bourgeoisie de province dans Madame Bovary, de même que Balzac dans Illusions perdues. Certains romans du siècle suivant décrivent également la vie quotidienne en banlieue parisienne, par exemple, comme dans Voyage au bout de la nuit de Céline ou Le Chiendent de Queneau.
c)    Des romans pour donner à voir une société
De nombreux romans ont pour but de décrire et représenter une société, c’est le projet de Zola, par exemple, qui mène une véritable enquête et prend des notes pour restituer au mieux l’univers qu’il représente avec ses habitudes, son langage…
Ex : Germinal est une peinture de la vie à la mine, L’assommoir décrit la vie des ouvriers dans les quartiers populaires de Paris, Au Bonheur des dames, celle du personnel des grands magasins.

II.    Une vision déformée du réel
a)    Une vision sublimée ou critique
Cependant la vision proposée des événements historiques ou des sociétés décrites par les auteurs est souvent teintée d’un point de vue qui met à mal l’objectivité supposée des œuvres.
Ex : La description de la foule dans les textes du corpus est loin d’être neutre, elle impose au lecteur un point de vue sur la scène décrite.
b)    L’absence de recul face aux événements
Le fait que les auteurs se posent en chroniqueur des événements de leur temps suppose qu’ils manquent de recul. Les descriptions de grands moments historiques sont donc naturellement le reflet d’une vision datée et partiale.
Ex : Texte A ou Les Confessions d’un enfant du siècle de Musset qui fait état de l’influence qu’a eu le second empire et sa chute sur sa génération.
c)    La notion d’engagement
Les auteurs se servent de leurs œuvres pour véhiculer un message ou défendre des idées politiques ou esthétiques, ils ne sont donc pas nécessairement de bons « témoins » de leur époque.
Ex : Dans Claude Gueux, Victor Hugo modifie les éléments d’un fait divers pour mettre en cause la peine de mort et défendre l’idée qu’il est nécessaire d’éduquer le peuple.

III.    La peinture d’un monde et d’une sensibilité
a)    Des milieux bien connus des auteurs
Les auteurs choisissent cependant de peindre des milieux qu’ils connaissent bien et sur lesquels ils jettent un regard lucide dans une volonté de donner à voir l’envers du décor.
Ex : Milieu du journalisme dans Illusions perdues de Balzac ou Bel-Ami de Maupassant.
b)    Une impossible neutralité
Il est illusoire de penser pouvoir restituer la réalité dans son entier, chaque description du réel en est une reconstruction. En cela, le travail opéré par l’auteur est déjà révélateur de l’esprit de son temps.
Ex : Maupassant dans la Préface de Pierre et Jean défend l’idée qu’une œuvre réaliste résulte nécessairement de choix : il est impossible de peindre le réel de manière exhaustive, ce qui serait sans intérêt aucun. Les choix qu’il opère sont donc déjà significatifs.
c)    Le point de vue du personnage
Le roman, contrairement aux ouvrages historiques, est un moyen de relater des événements mais surtout de faire partager les émotions et la sensibilité des hommes à chaque époque. Les romans proposent donc aux lecteurs de connaître une période historique ou une société de manière différente.
Ex : Dans Madame Bovary les états d’âme et les illusions du personnage ont autant si ce n’est plus d’importance que la description de la vie d’une petite-bourgeoise en province. Dans Germinal, les souffrances des êtres et leurs espoirs sont indissociables des événements.

Commentaire ES
Introduction :
Présentation du texte, de la problématique et du plan.
I.    Une foule sublimée
a)    Une entrée en scène
Mise en avant de l’arrivée de la foule par valorisation positive : « élan superbe », « terriblement grandiose » et par contraste entre le calme qui précède l’apparition (« paix morte et glacée de l’horizon ») et le bruit assourdissant à son arrivée (« chants », « grande voix », «éclat assourdissant…»). Métaphore filée : route/ torrent, présente la foule comme puissante, impressionnante et qui ne peut être arrêtée.

b)    Un flot humain que rien ne peut arrêter

Insistance sur l’impression que la foule est constituée d’hommes tellement nombreux qu’ils en deviennent innombrables et que l’ensemble qu’ils composent semble ne pas avoir de fin : figures d’amplification : hyperboles : « flots vivants qui semblaient ne pas devoir s’épuiser »/ « toujours (…) se montraient de nouvelles masses noires »/ « enflaient de plus en plus ».
Insistance sur l’indétermination : la foule devient un être en elle-même, toute particularisation est exclue : « flots vivants », « masses noires », « tempête humaine », « petite armée ».

c)    Un concert humain

Bientôt, la foule ne s’identifie plus qu’à un chant, elle s’efface au profit de la Marseillaise qui la résume et la représente.
Hyperbole : « La Marseillaise emplit le ciel »/ « à tous les coins de la vallée »/ « rugissement populaire ».
Expression du haut degré à travers valorisation : « géantes », « monstrueuses », « notes ardentes ».
Comparaison : « comme soufflée par des bouches géantes dans de monstrueuses trompettes ».

II.    Une nature complice
a)    Une nature personnifiée
La nature est présentée comme humaine alors même que les hommes se confondent en une seule « masse » : « la campagne endormie s’éveilla », « elle frissonna », « elle retentit jusqu’aux entrailles » (elle est donc composée de la même manière qu’un être vivant).
b)    Quand l’homme et la nature ne forment plus qu’un
Le chant des hommes devient celui de la nature qui lui répond : « répétant par tous ses échos les notes ardentes du chant national ». La nature entière est alors personnifiée, des êtres se distinguent dans cet ensemble que compose la campagne alors que les hommes continuent à n’être qu’un ensemble indistinct : énumération : « des bouts de l’horizon, des rochers lointains (…) des moindres broussailles ». La confusion est telle que le lecteur ne sait plus si la nature répond aux hommes où si elle est couverte d’hommes qui chantent : « comme couverts par un peuple invisible et innombrable acclamant les insurgés »/ « il n’y a avait pas un trou de ténèbres où des hommes cachés ne parussent reprendre chaque refrain avec uns colère plus haute ».

c)    L’apothéose finale
L’émotion qui anime les hommes qui composent la foule est transmise à la nature elle-même : « La campagne (…) criait vengeance et liberté » (personnification).
Le chant atteint une telle puissance qu’il finit par devenir lui-même un phénomène naturel : « le rugissement populaire roula ainsi par ondes sonores (…) secouant jusqu’aux pierres du chemin.

Conclusion
Reprise du déroulement du commentaire + éventuel élargissement vers une problématique plus générale

 

Sujet d’invention

Utiliser la première personne et proposer un discours dans lequel le point de vue de la narratrice transparaît. Raconter les événements, décrire les lieux et les personnages (ne pas oublier Hussonnet et Frédéric) mais aussi faire exprimer à la femme aux bandeaux ce qu’elle a compris et ressenti. Elle a pu ressentir de la peur mais aussi une envie de vengeance, un sentiment de liberté… Il fallait être nuancé et précis dans la description des émotions et sentiments qui a autant d’importance que le récit des événements à proprement parlé.

 

 

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