Sujet et corrigé Bac STI 2010 Français

Français - littérature
1ere STI

Le sujet de Français au Bac STI 2010 et son corrigé

CORRIGE FRANCAIS 2010

 

QUESTIONS

1)      Ces descriptions mettent-elles en valeur les mêmes aspects de la ville ? Justifiez votre réponse. (3 points).

 

Ce qu’il fallait éviter : Une réponse dont les paragraphes analyses les textes un à un, séparément. Le but des questions est justement d’aider le candidat à tisser des liens (ressemblances / différences) entre les différents textes qui composent le corpus.

Ce qu’il fallait faire : une synthèse organisée en plusieurs paragraphes qui compare les textes.

La réponse sous-entendue par la question est non car ces textes proposent des aspects différents de la ville.

 

Pistes pour répondre :

-          Une vision positive (texte A) ou négative de la ville (textes B-C-D)

-          La même ville (Paris) est vue tantôt positivement (texte A), tantôt négativement (texte B), ce qui prouve que la description dépend essentiellement du point de vue. Losrque c’est un homme amoureux qui voit Paris, la ville est magnifiée (texte A), mais quand il s’agit d’une femme inquiète, la description est péjorative (texte B). Marseille (texte D) est comparée à un « désert » uniquement parce que Lella est née dans le désert. L’observateur plaque son vécu sur ce qu’il voit. De même, il est surprenant de comparer New York à une église (texte C) : c’est la vision subjective de Bardamu, un autre personnage verrait cette ville autrement.

-          La posture de celui qui voit est importante : découverte statique (texte B) qui s’oppose aux découvertes en mouvement des autres textes (texte A, héros en fiacre ; textes C et D, personnage à pieds).

 

 

2)      Quels sentiments des personnages ces descriptions reflètent-elles ?

On pouvait parler dans un premier paragraphe du seul texte qui reflète un sentiment positif (texte A) et, dans un deuxième paragraphe, des textes B-C-D qui révèlent des sentiments plutôt négatifs. Evidemment toute autre organisation pour répondre à la question est légitime si elle est justifiée.

Pistes pour répondre :

Texte A :

-          Frédéric, amoureux, ne voit que les côtés positifs de la ville : sur l’ensemble du texte, seul un terme négatif apparaît : « jaunâtre », immédiatement suivi de termes positifs (« fraîcheur »).

-          Il projette ses désirs pour Mme Arnoux sur la ville de Paris. En effet, l’expression « Pour faire durer son plaisir » s’appliquerait volontiers à la relation amoureuse, or, Frédéric l’utilise pour parler de Paris : « Pour faire durer son plaisir, Frédéric s’habilla le plus lentement possible, et même il se rendit à pied au boulevard Montmartre ». L’insistance « et même » prouve que ce n’est pas son habitude et qu’il recherche le contact avec la ville.

-           La ville devient alors l’objet qui  favorise son imagination : « il se penchait pour distinguer leur figure ; un hasard pouvait avoir fait sortir Mme Arnoux. » Il s’invente des histoires et les transfère dans ce qu’il voit.

-          Cette vision uniquement positive de la ville nous prouve que le personnage projette son état d’âme et ses sentiments dans le paysage qu’il voit.

 

Texte B-C-D :

-          La description négative de la ville renvoie donc au lecteur les sentiments négatifs du personnage observateur. Ces descriptions péjoratives trahissent le malaise des personnages.

-          Texte B : inquiétude et attente interminable de Gervaise. Elle donne une image sanglante de Paris et y imagine des meurtres car elle est anxieuse. Elle projette sa peur dans la description de Paris : « elle fouillait les angles écartés (…) avec la peur d’y découvrir le corps de Lantier, le ventre roué de coups de couteau » ou encore « elle entendait parfois des cris d’assassinés ». Il s’agit du fruit de son imagination exacerbée par le sentiment de la peur.

-          Textes C et D : les deux personnages, Bardamu et Lella, sont des exilés. Ils vivent, découvrent un pays qui n’est pas le leur et les descriptions de ces villes traduisent ce sentiment de perte, de ne pas être à la bonne place. Dans le texte C, l’utilisation d’adjectifs tels que « malade » et « triste » surprend pour qualifier la ville : en fait, ils renvoient tout aussi bien au personnage. Le registre fantastique est présent dans ces deux textes.

 

 

 

COMMENTAIRE

 

Proposition de problématique et de plan :

Problématique : en quoi la description de la ville permet de décrire le personnage ?

I)                   LA DESCRIPTION DE LA « VIEILLE VILLE »

 

1)      Une ville dégradée et déserte

-          Champ lexicaux du vide (« personne »), de la mort (« haleine de mort », « froid de mort », « tombeau ») et de la clôture (« fermées », « les volets sont tirés »).

-          L’accumulation des termes « des soupirails, des caves, des fenêtres noires » sans conjonction de coordination pour les relier (et) renforce l’idée de confinement.

-          La ville est dégradée : la seule couleur présente est le noir + termes dépréciatifs comme « recoins pourris ».

 

2)      Contraste entre l’habitude et « aujourd’hui »

-          Balancement entre les habitudes de Lella dans cette ville (« Certains jours elle s’assoit ») et « Mais aujourd’hui » qui introduit une variation.

-          L’image ambivalente du dôme : rassurante dans le passé (« rose », « qu’elle aimait bien ») mais qui devient « un tombeau » aujourd’hui.

 

3)      Une description organisée ?

-          La description suit le parcours de Lella dans la vieille ville et semble montrer une progression via les repères spatiaux tels que « Plus haut », « elle tourne encore une fois à droite », « le long de la rue des Pistoles », « la traverse de la Charité ». Ce parcours peut être reconstitué.

-          Un repère : le dôme (comparé à un nuage du fait de sa visibilité)

-          Pourtant ce parcours donne au lecteur et au personnage l’impression de se perdre : « Ou aller ? ».

 

II)                LE MALAISE ET LA PEUR DE L’OBSERVATEUR

 

1)      Le registre fantastique

-          Un lieu inquiétant

-          Champ lexical de la peur

-          Champ lexical du doute : « elle croit que c’est une prison » (déduction hâtive à la vue de barreaux aux fenêtres), « on dit même que la nuit, parfois, on entend des gémissements » (pronom « on » impersonnel montre qu’elle croit naïvement aux rumeurs).

 

2)      Le malaise physique du personnage

-          Manifestations physiques de la peur : sueur (avec la gradation « coule », « mouille », « pique »)

-          L’allusion aux « chiens au poil hérissé » qui peuvent pressentir un danger.

 

3)      Sous le malaise physique, le malaise moral

-          Champ lexical du vide alors que le personnage traverse une ville. Image du « désert » qui paraît incongrue. En fait, ce n’est pas la ville qui est vide (puisqu’il y a des habitations) mais le personnage en exil qui regarde la ville avec des yeux vides, sans âme. C’est son vide intérieur qui investit la description.

-          Perte des repères à cause de la peur : « Mais aujourd’hui, même le dôme rose lui fait peur ».

-          Structure en boucle du texte :

o   Début = « Lella continue à marcher »

o   Fin du premier paragraphe = « s’en aller »

o   Fin du deuxième paragraphe = « elle s’en va vite, elle redescend vers la mer, le long des rues silencieuse »

Cela donne l’image d’un personnage en fuite qui se sent pris au piège dans cette ville-« tombeau » d’où l’impression d’un cercle vicieux.

 

 

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