1. Une année en troisième : à l’oral du brevet avec les élèves de 3e4
Reportage

Une année en troisième : à l’oral du brevet avec les élèves de 3e4

Envoyer cet article à un ami
Pour son oral du brevet, Mathis a opté pour le combo costume-cravate-baskets. // © Martin Rhodes
Pour son oral du brevet, Mathis a opté pour le combo costume-cravate-baskets. // © Martin Rhodes

IMMERSION AU COLLÈGE. Épisode 8. L’Etudiant a pu assister à l'oral du brevet, la nouvelle épreuve de l’examen national, aux côtés des élèves de la 3e4 du collège Gustave-Flaubert, à Paris. Déroulé et impressions.

"Monsieur Diallo, vous pouvez entrer", annonce Kamel Chabane en ouvrant la porte de sa salle de classe. Le jury de l'oral du brevet se compose du professeur principal de la 3e4 et de madame Arzan, une jeune enseignante de SVT (sciences de la vie et de la Terre). "Gratte du temps, j'en ai besoin pour réviser", glisse discrètement Mathis à son camarade de classe qui va entrer. Ousmane a enfilé une chemise cintrée. Mathis a carrément opté pour le combo costume-cravate-baskets montantes, sa "tenue des grands jours". La porte se referme sur Ousmane, le premier candidat de la journée.

Une hantise : “Le gros blanc qui plombe”

Désormais seul dans le couloir, Mathis s'apprête à passer la première épreuve de son premier examen national. Il devrait être impressionné, mais il est zen et souriant. Avec 16,5/20 de moyenne au troisième trimestre, il se présente avec le brevet déjà en poche ! "Je vise la mention", confie le jeune homme qui ne redoute qu'une seule chose : "Le gros blanc qui plombe et auquel vous pensez tout au long de l'épreuve."

Pour éviter de sécher, il relit encore et encore ses fiches de révision. Deux pages sur lesquelles figure, dans un langage oral, l'ensemble de son exposé. Il a préféré se documenter et présenter seul "pour bachoter où et quand [il] le souhaitait".

Ousmane sort de la salle en regardant ses chaussures. Il a "tout oublié" au moment d'attaquer sa présentation. Ses fiches lui ont sauvé la mise. Mathis a tout juste le temps de le rassurer - "t'inquiète, ça va le faire" - avant d'entrer dans la salle, muni de sa convocation, de sa carte d'identité et d'une clé USB.

Lire aussi : Brevet 2017 : dix commandements pour être prêt le jour J

Mathis tombe la veste, puis se lance

La salle 206 est une fournaise et Mathis commence par ôter sa veste de costume. Après avoir branché sa clé USB, il vient s'asseoir face à l'écran de projection et au jury. "On vous écoute", lance Kamel Chabane en démarrant le chrono de son téléphone mobile.

"Merci de me recevoir. Je m'appelle Mathis et je vais évoquer la traite occidentale au XVIIIe siècle, un sujet qui m'a beaucoup intéressé en quatrième, et que j'ai donc choisi pour mon oral", commence le jeune homme. Mathis déroule son exposé en prenant soin de bien articuler et de regarder le jury. Son diaporama, composé d'une dizaine de photos, vient illustrer les grandes étapes du commerce triangulaire : l'embarquement des esclaves à bord des bateaux, les traversées dans des conditions inhumaines, les différents échanges commerciaux. Les deux professeurs, qu'il remercie pour leur attention à la fin de son explication, semblent scotchés.

Pour cette toute nouvelle épreuve, les élèves sont invités à présenter un des projets interdisciplinaires conduits dans le cadre des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) ou l'un des parcours éducatifs (avenir, citoyen, éducation artistique et culturelle, santé).

La soutenance se déroule en deux temps. Après un exposé de 5 ou 10 minutes (seul ou en groupe), le (ou les) élève(s) répond(ent) aux questions du jury pendant 10 ou 15 minutes.

La tactique du binôme

Changement de salle, de jury et, surtout, de stratégie. Émeline (9,5/20 de moyenne au troisième trimestre) et Sirine (9,25/20 de moyenne) ont fait le choix de travailler en binôme. "Comme ça, l'une peut compléter les réponses de l'autre", explique Sirine. Les révisions se sont bien passées. Les deux amies ont travaillé de leur côté avant de mettre leur production en commun. Elles se sont vues la veille pour s'entraîner à la prise de parole en public devant la chienne d'Émeline ! Le jury est aujourd'hui autrement plus exigeant. Il se compose de monsieur Charles, le professeur de physique-chimie de la 3e4, et de monsieur Taib, un enseignant de technologie du collège.

Comme la majorité des élèves de la 3e4, Émeline et Sirine vont évoquer leur stage en entreprise, réalisé au tribunal de grande instance de Paris et raconté dans l'épisode 5 de l'immersion. Après avoir inscrit quelques acronymes et sigles de formation au tableau (IEJ, CAPA, ENM), Émeline souffle un grand coup et attaque sa présentation du palais de justice. Sirine lui emboîte le pas pour évoquer le métier, la formation et le salaire du greffier. Pour une fois, ce sont les élèves qui expliquent et les profs qui prennent des notes.

Lire aussi : En stage, les élèves deviennent journalistes, coachs ou avocats

L’après brevet

En guise de conclusion, les deux candidates ont décidé d'évoquer leur avenir. Le jury semble apprécier. Pour Émeline, ce sera un bac pro accueil relation clients et usagers, puis une carrière dans la gendarmerie, comme sa grande sœur. Sirine, elle, fait le choix de redoubler, "pour découvrir d'autres métiers et choisir [son] orientation en connaissance de cause". Ce sera peut-être la pâtisserie.

Les questions du jury ont pour but de faire parler les élèves. Elles sont plutôt bienveillantes : "Comment avez-vous trouvé ce stage ?", "Avec quelles matières peut-on faire le lien avec ce que vous avez vu en entreprise ?" ou encore "Quels sont les aspects que vous avez moins appréciés ?". Émeline et Sirine sont plutôt contentes de leur prestation. Elles visent au moins la moyenne, c'est-à-dire 50 sur 100. Verdict le 12 juillet 2017, à partir de 10 h, pour l'académie de Paris.

Le collège Gustave-Flaubert en chiffres

560 élèves
1/4 d'élèves boursiers
5 classes par niveau
1 classe relais et 1 classe Ulis
75,2 % de réussite au DNB (diplôme national du brevet) en 2016, mais une forte hétérogénéité du niveau des élèves : 13 % de mentions TB, 21 % de mentions B, 18 % de mentions AB, 22 % sans mention.

L'Etudiant retourne au collège !

En 2016-2017, la rédaction de l'Etudiant retourne sur les bancs du collège ! Direction l'établissement Gustave-Flaubert, à Paris. Mois après mois, on partage la vie d'une classe de 3e durant cette année scolaire rythmée par le stage, la préparation de l'orientation des élèves et celle du brevet. Pour suivre notre immersion : #letudiantretourneaucollege

Lire aussi : 

L'épisode 1 de l'immersion au collège

L'épisode 2 de l'immersion au collège

L'épisode 3 de l'immersion au collège

L'épisode 4 de l'immersion au collège

- L'épisode 5 de l'immersion au collège

- L'épisode 6 de l'immersion au collège

- L'épisode 7 de l'immersion au collège