1. La 4e, année du risque de décrochage au collège
Décryptage

La 4e, année du risque de décrochage au collège

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Plus d'exigences du côté des profs, des centres d'intérêt qui évoluent de votre côté… Pas forcément simple de rester un bon élève en 4e. // © Phovoir
Plus d'exigences du côté des profs, des centres d'intérêt qui évoluent de votre côté… Pas forcément simple de rester un bon élève en 4e. // © Phovoir

Pour certains collégiens, la classe de 4e rime avec baisse des résultats, parfois démotivation, voire décrochage. La "faute" à une exigence accrue du programme et des enseignants, mais également à quelques chamboulements personnels propres à cette période de l'adolescence.

Ils sont nombreux, les professeurs et les collégiens à témoigner de difficultés rencontrées en 4e. Il faut dire que cette classe peut être particulièrement compliquée.

Vos profs en attendent plus de vous

Scolairement déjà. Par rapport à la 5e, les méthodes de travail changent, les exigences augmentent et les programmes font davantage appel à l'abstraction. “En 4e, on introduit des concepts tels que le socialisme, le capitalisme, ce qui est très compliqué pour des élèves qui, à 13 ans, n'ont généralement pas encore la maturité de réflexion suffisante”, analyse Marianne Finaltéri, professeure d'histoire-géographie à Châtillon (92).

Françoise Bertrand, professeure de mathématiques à Langres (52) confirme : “Il ne suffit pas d'avoir le bon résultat, il faut être capable d'expliquer le raisonnement.” Même son de cloche en français : “On commence à travailler l'argumentation”, explique Françoise Beloucha, enseignante à Paris.

“Tout s'est accéléré, mes notes ont baissé, je n'ai pas compris ce qui m'arrivait !”

En 4e, vos professeurs attendent donc plus d'autonomie et de maturité de votre part. Moins de par cœur et plus de réflexion. “Cela a de quoi déstabiliser les élèves !” lâche Brigitte Prot, psychopédagogue à Paris.

Léon, actuellement en classe de seconde à Rennes (35), confirme : “Jusqu'en 5e, je n'ai pas eu de problèmes particuliers à l'école, ça me semblait même plutôt facile. En 4e, tout s'est accéléré, mes notes ont baissé. Au début, je n'ai pas compris ce qui m'arrivait !” Rien d'étonnant, le niveau d'exigence augmentant, il vous est moins facile de dissimuler votre manque de travail et vos “faiblesses”.

Pour Audrey Rico, principale adjointe à Riantec (56), “la classe de 4e agit comme un révélateur des difficultés accumulées au cours des années précédentes et qui s'exacerbent cette année-là parce que, justement, on attend davantage des élèves”. Le danger, c'est que, face à ces nouvelles difficultés, vous renonciez avant même d'avoir vraiment essayé.

Plus un “petit” de 6e, pas encore un “grand” de 3e

En 4e, vous ne faites plus partie des “petits”. Et pour cause : quoi de commun entre un enfant de 6e et vous, un adolescent de 13-14 ans ? Mais vous ne pouvez pas pour autant prétendre rejoindre le clan des “grands” de 3e. Eux sont déjà presque des lycéens.

“L'adolescent de 3e sait à peu près où il va : vers le passage du brevet (DNB) et la poursuite de sa scolarité, le plus souvent en lycée. Tandis que l'élève de 4e a beaucoup de mal à se projeter. Il n'est ni le petit, ni le grand et le questionnement ‘qu'est-ce que je fais là ?’, ‘où vais-je ?’ est renforcé”, explique Audrey Rico.

Amis, amours, jeux vidéo, réseaux sociaux… pas simple de tout gérer !

D'autant que les deux pieds dans l'adolescence, vous avez – avouez-le – une fâcheuse tendance à tout contester, à remettre en cause l'autorité par principe. “À l'adolescence, on ne travaille plus uniquement pour faire plaisir aux parents ou aux professeurs”, explique Brigitte Prot.

L'école vous préoccupe moins, vos centres d'intérêt se déplacent, c'est le temps des premières vraies amours, vos copains prennent de plus en plus de place. Les jeux vidéo, les réseaux sociaux, le Web sont autant de sollicitations qu'il vous faut apprendre à “gérer”.

En témoigne Camille, actuellement en terminale S à Lyon (69) qui, en 4e, passait ses soirées et ses week-ends scotchée à l'écran de son ordinateur. “Comme si je voulais me réfugier dans un monde virtuel que je contrôlais alors que dans le monde réel, j'étais en difficulté”, analyse-t-il du haut de ses 17 ans.

Les professeurs attendent davantage de vous au moment même où vous vous désintéressez du collège ; difficile dans ces conditions de rester le bon élève que vous étiez !

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