1. Accueil du handicap à l’école : du mieux mais des progrès restent à faire
Enquête

Accueil du handicap à l’école : du mieux mais des progrès restent à faire

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Si l'accueil de jeunes handicapés semble dans la plupart des cas assez bien se passer (83 % des jeunes interrogés par le CSA pour la HALDE se disent satisfaits de leur scolarité en milieu ordinaire), de nombreux obstacles demeurent : locaux pas toujours accessibles, ordinateurs en nombre insuffisants... "Sans parler du manque d' AVS (assistants de vie scolaires) qualifiés et de l'absence de formation des enseignants."


Un accompagnement humain insuffisant

"D'autant plus problématique quand il s'agit d'accueillir des jeunes présentant un trouble important des fonctions cognitives (autisme, troubles psychologique, etc.)", s'indigne Christelle Prado. En témoigne Valérie Dubois, professeur d'éducation musicale au collège Liberté à Chevilly-Larue (94) : "On a vu 'débarquer' une ULIS cognitive dans notre collège alors qu'aucun parmi nous n'a été formé. Quant à l'enseignant référent, il est totalement débordé par la situation. Conclusion, les élèves passent le plus clair de leur temps dans leur salle ULIS à attendre qu'un AVS soit disponible."

Talon d'Achille de l'intégration des jeunes handicapés en milieu ordinaire, les AVS sont pourtant d'un grand réconfort pour ces élèves qui ont besoin d'être rassurés. "Je préfère quand l'AVS est avec moi, il m'aide et me réexplique ce que je n'ai pas compris", souligne Marine. Un sentiment largement partagé : 25 % des collégiens interrogés par le CSA aimeraient pouvoir disposer davantage d'accompagnement humain de la part d'un AVS.


Attention à l'orientation

Autre sujet délicat : l'orientation. La majorité des collégiens qui poursuivent leur scolarité dans un lycée ordinaire, opte pour un lycée professionnel (53 % contre 32% pour l'ensemble des élèves en 2011). "L'orientation est un sujet complexe pour n'importe quel élève, a fortiori s'il est handicapé. Dans ce cas, il faut non seulement tenir compte de ses capacités réelles, rarement évaluées à leur juste niveau, mais aussi de ce que proposent les lycées accessibles près de chez lui, explique Patrick Duros. Sans parler des parents qui refusent de reconnaître les difficultés de leur enfant et qu'il faut convaincre."

D'où la nécessité de réfléchir à l'orientation très tôt de façon à éviter que vous n'interrompiez votre scolarité. Pour vous aider à trouver une formation qui corresponde à vos aspirations, proche de chez vous l'ONISEP (Office national d'information sur les enseignements et les professions) a développé une application pour smarthphone ("Total accès") dédiée aux jeunes en situation de handicap.

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