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Décryptage

Ces collégiens à qui l’école à distance réussit

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Faute de bureau, Jeanne, en 3e à Paris, travaille tous les jours sur la table du salon. // © Juliette Chaignon
Faute de bureau, Jeanne, en 3e à Paris, travaille tous les jours sur la table du salon. // © Juliette Chaignon

Un autre rythme de travail, moins de stress, plus de temps pour apprendre, des professeurs plus attentionnés… Avec l’école à distance, certains collégiens se sentent progresser.

L’école à distance a réservé de bonnes surprises à Mayeul, 14 ans. "D’habitude, j’ai de très mauvaises notes en sciences. Mais en ce moment, je remonte", s’étonne cet élève de 3e dans un collège bordelais. De 10 de moyenne en mathématiques, il est passé à 15.

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Des vidéos et des quiz

Mayeul a appris la trigonométrie avec les vidéos très populaires d’Yvan Monka, recommandées par son enseignante. Elles lui permettent de revenir en arrière quand il ne comprend pas, de faire des pauses et de mieux comprendre.

À la maison, Léna dit s’exercer plus en mathématiques. Avant, elle "lisait vite fait" sa leçon et faisait "un ou deux quiz, c’est tout". Aujourd’hui, elle refait ce qu’elle n’a pas compris. Résultat, elle a dépassé la moyenne dans cette matière.

Le succès des quiz, Marion, professeure d'histoire-géographie, l'a constaté dans sa classe de 4e. Elle compte en préparer davantage l'an prochain, pour aider ses élèves à réviser avant les contrôles.

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Des élèves plus autonomes

Mayeul, comme Léna, est fier d’avoir appris à résoudre ses exercices sans aide. En classe, il lui arrive de ne rien faire en attendant que le professeur corrige au tableau. "À la maison, je suis obligé de chercher", constate-t-il. Le collégien s’attarde sur ce qui lui pose des difficultés et "à la fin, je retiens mieux."

Prendre conscience de ses erreurs sans être critiqué fait partie de l’apprentissage et permet de progresser, confirme Agnès Florin, professeure de psychologie de l’enfant et de l’éducation, à l’université de Nantes (44).

Marine, professeure de français en REP (Réseau d'éducation prioritaire) à La Courneuve (93), a vu la plupart de ses élèves de 5e et 4e devenir plus autonomes : "Ils ont appris à mieux lire et relire les consignes." Pour Pascale Haag, chercheuse qui travaille sur l'aisance à l’école, l’autonomie des élèves est essentielle. Elle favorise le bien-être des élèves et est liée à leur "sentiment de compétence", c’est-à-dire l'impression de se sentir efficaces.

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Apprendre à son rythme

"Ils ont aussi appris à s’organiser", explique Marine. Ulysse, élève de 6e à Paris, préfère son nouveau rythme : "On peut faire nos devoirs dans l’ordre qu’on veut." César, en classe de 5e à Roubaix (59), a ainsi dégagé du temps pour travailler l’anglais, son point faible. Il a bénéficié de cours de soutien en effectif réduit avec un professeur de son collège et de l’aide de sa mère. "J'ai pu revoir les conjugaisons, la grammaire, ça va mieux maintenant", explique-t-il.

Pour Jeanne, c’est surtout le stress qui a diminué pendant les évaluations. Avec des conditions de temps moins strictes et la possibilité de se faire aider, l’élève de 3e est plus sereine. Sa dernière note de physique-chimie : un 18,5/20. Une note indicative qui ne compte pas officiellement, comme dans la plupart des collèges.

Une relation de confiance

"Il n’y a pas le prof qui passe derrière nous pour regarder la copie et nous mettre la pression, complète Mayeul, et les profs nous encouragent plus." Marine, enseignante de français, reconnaît avoir des attentions plus personnelles pour ses élèves. Une relation qu’elle compte poursuivre quand le collège rouvrira.

Mais ces progrès ne concernent qu’une minorité d’élèves. "L’école à distance accentue les inégalités", rappelle Agnès Florin. "Certains élèves déjà distants de l’école l’ont été plus encore pendant la pandémie."

L’enseignement à la maison a beau leur réussir, Mayeul, Jeanne, Léna et César disent préférer le collège "normal". Ça tombe bien, leurs professeurs aussi.

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