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Décryptage

Collège : j'ai testé Jules, l’assistant virtuel aux devoirs "grave sympa"

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Pour l’instant, Jules ne répond que pour deux matières : français et maths. // © Ministère de l'Éducation nationale
Pour l’instant, Jules ne répond que pour deux matières : français et maths. // © Ministère de l'Éducation nationale

Fin janvier 2019, le ministère de l'Éducation nationale a lancé Jules, un personnage virtuel chargé de vous aider dans l'outil numérique Devoirs faits. Qu'en pensent les collégiens qui l'ont testé ?

"Le mec qui m’aide à faire mes devoirs, il est grave sympa", écrit Gaspard, un élève de 6e, dans un message à sa mère. L’Etudiant a fait tester au collégien la plateforme "Devoirs faits", un service numérique lancé fin janvier 2019 par le ministère de l’Éducation nationale, du même nom que le dispositif d’aide aux devoirs en classe. Et "le mec", c’est Jules, l’assistant virtuel développé par le CNED (Centre national d'enseignement à distance). Un avatar en sweat-shirt vert et baskets bleues qui répond aux questions des élèves. "Il l’appelle "Djoule", comme le rappeur", commente avec un sourire Sabrina, la mère de Gaspard.

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Pour l’instant, Jules ne répond que pour deux matières : français et maths. Mais il est plutôt bavard. Demandez-lui, comme Gaspard, ce qu’est une soustraction et la réponse fuse : "La soustraction est une opération qui permet de calculer la différence (ou l'écart) entre deux nombres", dit-il, en donnant un exemple. Et un verbe conjugué ? "On dit qu'un verbe est conjugué lorsque sa terminaison varie selon le sujet, le mode et le temps de la phrase", fanfaronne-t-il. Tout en proposant, pour poursuivre la leçon, des vidéos ou bien d’autres chemins pour l'approfondir : "Comment conjuguer un verbe au passé simple ?" ou "qu'est-ce que le passé simple ?".

Jules inspire plus confiance que Google

"C’est très facile à utiliser et je le conseille", résume Héléna, en 5e dans un collège de l’Oise. Avec un petit bémol cependant : "Il y avait des choses qu’on n’avait pas encore apprises", dit-elle. Sa mère nous donne deux exemples, comme le théorème de Thalès "que sa sœur a vu en 3e" ou des figures de style "que sa sœur n’a jamais vues". Mais Héléna pense qu’elle y retournera souvent, car elle a trouvé cela "très utile" et "ludique".

"Ludique", c’est aussi le mot employé par Esther, en 5e en région parisienne, sans aller jusqu’à dire "drôle". Jules lui a permis de réviser la notion de "polysémie" et d’apprendre la division euclidienne, mais elle a buté sur la fiche "fonction linéaire", qu’elle n’a pas bien comprise. Au final, Esther semble assez satisfaite de cet outil, dans lequel elle a plus confiance que dans le vaste Web, en tapant des questions au hasard sur un moteur de recherche . "Au moins, on est sûr de pas tomber sur n’importe quoi", dit-elle.

De l’autonomie pour les élèves

Sur la plateforme "Devoirs faits", dans un autre onglet, on trouve également des fiches pratiques. "J’ai lu la fiche pour faire des rédactions. Cela explique bien ce qu’il faut faire", commente Héléna. Petit bémol : les fiches sont toutes mises bout à bout, sans moteur de recherche, ni classement. Il faut donc lire chaque titre pour trouver son bonheur. Pas sûr que l’exercice ne fatigue pas les moins courageux…

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Mais le principal atout de "Devoirs faits" et de Jules, Gaspard l’a bien compris : "Si tu veux faire des devoirs quelque part où tu ne peux pas te faire aider, c’est très pratique", dit le collégien, qui a déjà prévu de parler de l’outil à ses copains de classe. "Je vais m’en servir quand mes parents seront pas là", dit aussi Logan, élève de 6e au collège Jean-Moulin de Barbezieux-Saint-Hilaire (Charente), choisi par le ministère pour présenter le dispositif au public. "Cela renforce l’autonomie des élèves, commente Erwan Dando, le principal de cet établissement. Mais Jules est un outil qui doit s’associer à d’autres. Et qui ne remplace pas l’apport d’un adulte."

Un outil amené à évoluer

D’autant que Jules n’est pas exempt de bugs. En essayant d’aller sur une fiche, Esther a pu ainsi constater un carré "tout blanc" à la place. L’inscription est tout de même sécurisée, et Jules promet d’améliorer son service au fil de ses utilisations, grâce à l’intelligence artificielle.

Pas de quoi entamer l’enthousiasme de Gaspard et de sa mère. "Tout ce qui peut nous aider à faire faire les devoirs aux collégiens est le bienvenu", commente Sabrina. Au bout du fil, quelques heures plus tôt, son fils, fan de nouvelles technologies, abondait : "Tous les trucs comme ça, c’est des supers bonnes idées !"