1. Marcel Rufo : harcèlement à l’école

Marcel Rufo : harcèlement à l’école

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Régulièrement, le pédopsychiatre Marcel Rufo vous donne des conseils sous la forme d’un courrier au petit-fils ou à la petite-fille que vous pourriez être pour lui.

Le ministre de l’Éducation nationale a demandé au professeur Éric Debarbieux d’écrire un rapport sur le harcèlement à l’école afin de s’attaquer à ce phénomène. Le terme "contre-attaque" serait sans doute plus justifié. Qui, parmi nous, n’a jamais subi ­d’attaques à l’école, au collège ou au lycée ? La phobie scolaire trouve souvent son origine dans ce type d’agression.

Plus grave encore, la différence répétée et le sentiment ­d’exclusion peuvent être la première impulsion vers le meurtre de soi. En effet, les autopsies psychologiques après le suicide d’adolescents révèlent parfois ces formes de rejet du groupe, à un âge où l’on veut tout à la fois : être unique, singulier, mais pareil et semblable aux autres.

Ces deux comportements, terriblement dangereux, se retrouvent également dans la souffrance d’adolescents s’engageant dans une homosexualité qui, par le rejet subi à l’école et vérifié au sein de la famille, sont, plus que d’autres, "populations à risques" d’exclusion et de suicide.

Bien sûr, les formes fréquentes de harcèlement sont plus atténuées. Le lycéen ou l’écolier peut alors se protéger dans une espèce de carapace et subir des moqueries sans affect apparent évident. Un autre va au contraire aller vers les pitreries ou un excès de mise en scène, se moquant de ses fragilités pour moins souffrir. Mais par la suite, ces vécus ont parfois des conséquences : vie isolée, sans amis, sans relation amoureuse, ou bien sabordage de capacités pourtant réelles.

Alors, quelles solutions envisager ? Parfois, la chance consiste dans une rencontre : un garçon plus fort, une fille plus sensible vont protéger le fragile et devenir l’ami idéal. Un enseignant, un personnel de l’école, en remarquant le phénomène de harcèlement, peut aussi être d’un grand secours et rompre avec la lâcheté ambiante qui fait considérer que la victime n’a qu’à se défendre. Un sport – de combat, notamment – peut aussi aider. Les parents peuvent également apporter un soutien, tout comme la mise en place d’un suivi psychologique – de la victime, mais aussi du bourreau. La contre-attaque des petites attaques répétées est la responsabilité d’une société.

Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5 du lundi au vendredi à 10h00, et sur letudiant.fr
Sommaire du dossier
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