1. Marcel Rufo : "Des études, puis un métier"
Décryptage

Marcel Rufo : "Des études, puis un métier"

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Ta sœur, mon cher petit, va enfin se calmer ! Une enquête vient de révéler que les études artistiques permettent à 80% de leurs étudiants de trouver un emploi à la fin de leur cursus de formation. Ouf ! Voilà qui va apaiser les discussions interminables où elle te considérait, toi, l'étudiant en médecine, pire, l'interne des hôpitaux, comme un nanti du système universitaire. C'est vrai, en rêvant, que l'on pourrait proposer ce modèle de formation rémunérée à tous, mais quid du numerus clausus à mettre en place : cela ne compliquerait-il pas encore le difficile accès aux masters ? Toujours cette question d'un salaire étudiant. Ta sœur opposerait les "petits boulots" qu'elle doit exercer : gardes d'enfants, restauration... à tes gardes rémunérées et ta possibilité, maintenant, de remplacements. On apprend aussi que seuls 10% s'engageront dans une vraie carrière artistique. On sait les galères mais on applaudit aux succès prestigieux.

Heureusement, t'accompagnait un garçon passionnant, Clément, qui suit un master en communication. Quel dynamisme, quel charme ! Je comprends qu'il soit ton ami. Je t'ai prêté le Songe de Monomotapa [poche Folio, NDLR], un livre de Jean-Bertrand Pontalis qui évoque des relations amicales fugaces, essentielles et parfois passagères : un ami croisé en Toscane, un homme modeste sur un banc de Strasbourg... mais je te laisse le plaisir de le parcourir. Tu sais l'admiration que je porte à cet auteur, malheureusement disparu depuis peu.

Pour revenir à ton ami, il a eu le bonheur, après un stage, d'être recruté en alternance. Tiens, voilà la solution : multiplier ces modalités de début d'activité professionnelle. Il est pétillant d'optimisme et de talent. Il est représentatif de votre génération qui ne veut pas comme nous "renverser la table" mais bien vivre, avec intelligence, optimisme et altérité. Il a bien plu à ta sœur, il s'est intéressé à ses productions. Elle était plus agréable que d'habitude ! Finalement, en vous rencontrant, s'inverse ce pessimisme sur le futur qui, je le crains, est le fait des anciennes générations, la mienne, qui après ses luttes, ses réussites, projette ses craintes passées sur votre avenir. Fi donc ! Et merci de votre triple visite.

Ton grand-père, incurablement optimiste

Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5du lundi au vendredi, à 9h55.
Sommaire du dossier
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