1. Marcel Rufo : "Enseignante, c’est maintenant !"
Décryptage

Marcel Rufo : "Enseignante, c’est maintenant !"

Envoyer cet article à un ami

Ta sœur s'est décidée : elle a compris qu'elle ne serait pas une artiste, elle va enseigner les arts plastiques. Ce qui ne l'empêchera pas, d'ailleurs, de créer et de peaufiner ses œuvres. Mais où enseigner ce beau métier ? On a souvent parlé de ce faux problème de l'égalité des chances, en convenant tous qu'il valait bien mieux les égaliser plutôt que de croire à cette utopie. En effet, un enfant de cadre a neuf fois plus de chances de dé­crocher un bac scientifique qu'un fils d'ouvrier.

Tu sais mon affection pour Marseille, et tu comprends donc ma fierté de lire que le lycée de Tour-Sainte arrive en tête, en 2013, pour son taux de réussite au bac, soit 73 % (évaluation des performances 2013 par l'Etudiant de près de 2.000 lycées publics et privés français). Ce magnifique succès couronne cet établissement qui n'accueille que des enfants des quartiers nord et, pour une fois, les louanges éclatent plutôt que le crépitement des kalachnikovs. La grande majorité des établissements promus dans ce dossier se situe dans l'enseignement privé sous contrat bien sûr et souvent confessionnel. Ils se caractérisent par leur petite taille. Vous vous souvenez combien j'ai toujours milité lors de vos études pour toi et ta sœur, afin que vos parents soient présents lors des conseils de classe. La différence essentielle est là : les parents du privé sont tous présents, et ceux du public se font tirer l'oreille.

Ta sœur rêve d'intégrer le lycée musulman Averroès de Lille, qui affiche 100% de réussite au bac (comme les lycées Louis-le-Grand, Henri-IV et Thiers). Celui qui le dirige annonce qu'il aura réussi quand 50% de non-musulmans représenteront son effectif. Il dit aussi l'importance des effectifs réduits, de l'alliance avec les parents, de l'atmosphère studieuse et de la position des enseignants qui, selon ses propos "vont au charbon" ; on peut compter sur ta sœur à ce propos. Elle va pouvoir bénéficier des recrutements annoncés au sein de l'Éducation nationale. Il n'existe chez elle, aucune déception, aucune désillusion ; elle qui, depuis toujours, voulait être une artiste. La maturité, l'engagement dans un métier prouvent la bonne santé psychologique. Elle vient de m'offrir un très joli dessin, car pour la production artistique, elle est définitivement incurable.

Votre grand-père ravi

Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5du lundi au vendredi, à 9h55. 
Sommaire du dossier
Retour au dossier Marcel Rufo : Révise bien Marcel Rufo : engagé en médecine Marcel Rufo : Erasmus prolonge la saison des amours Marcel Rufo : il faut que le bizut passe ! Marcel Rufo : harcèlement à l’école Marcel Rufo : tricher Marcel Rufo : l’internat Marcel Rufo : l’incroyable modernité de la génération Y Marcel Rufo : "La ville universitaire que vous aurez choisie deviendra une part de votre identité" Marcel Rufo : "Tout se rejoue toujours" Marcel Rufo : "La rentrée universitaire est un nouveau départ de votre vie, de votre devenir" Marcel Rufo : le temps des étoiles filantes Marcel Rufo : petits boulots, petits remplacements Marcel Rufo : l’inquiétude d’entrer en prépa Marcel Rufo : Pas d’effort sans confort Marcel Rufo : Vive l’histoire ! Marcel Rufo : "La bourse ou la vie" Lettre à mon petit-fils : Amours virtuelles Marcel Rufo : "Lutter, souffrir un peu pour se construire" Marcel Rufo : "À un promeneur de lycée" Marcel Rufo : “Ne pas oublier les anciens” Marcel Rufo : "Vacances humanitaires" Marcel Rufo : " Choisir d’être parents-étudiants" Marcel Rufo : "Une année sabbatique" Marcel Rufo : "Médiateur : un métier impossible" Marcel Rufo : "Vive les sciences humaines !" Marcel Rufo : "Soyez 'sophraddict' !" Marcel Rufo : "Des études, puis un métier" Marcel Rufo : "Enseignante, c’est maintenant !" Marcel Rufo : "Bonne route"