1. Marcel Rufo : “Ne pas oublier les anciens”

Marcel Rufo : “Ne pas oublier les anciens”

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Régulièrement, le pédopsychiatre Marcel Rufo vous donne des conseils sous la forme d’un courrier au petit-fils ou à la petite-fille que vous pourriez être pour lui.

"Tu me diras, mon cher petit, qu’il y a toujours une part affective dans l’humanitaire. C’est d’ailleurs tout le problème de la juste distance, entre le trop près et le trop loin, qui fonde la pratique de soutien auprès des populations défavorisées. Vous avez décidé, avec ton association, de vacciner, faire des bilans de santé et accompagner les grossesses des adolescentes en Guyane.

L’intérêt de votre mission,
c’est que vous allez être accompagnés par des enseignants en formation qui vont, eux, aider ces jeunes garçons et filles du fleuve Maroni à entrer au collège. Je rêve déjà d’une histoire d’amour avec une jeune pédagogue passionnée, militante… qui te trouvera si beau, si intelligent et surtout si humain, puisque tu fais dans l’humanitaire.

Alors, bonne jungle guyanaise et encore toute mon admiration pour le courriel que tu m’as envoyé. Oserais-je te dire que ton post-scriptum m’a ému aux larmes. Tu me dis – je le cite pour un plaisir renouvelé : "Tu sais, grand-père, je suis très impatient de vivre cette aventure. Mais il m’est impossible de ne pas venir te voir, avant mon départ, pour nos soirées autour de la cheminée, tes histoires que tu m’as tant de fois racontées et surtout ta voix, tes conseils et ton incroyable jeunesse psychologique." Merci de ne pas oublier le passé que je représente pour partir vers ton avenir. J’essaierai d’être un peu moins chroniquement stéréotypé.

J’ai de la chance,
mais tes amis vont-ils aussi rendre visite à leurs anciens ? L’humanitaire, vois-tu, c’est aussi pour ses proches. Te souviens-tu de la canicule, il y a quelques années ? La mortalité a été importante et redoutable, mais le pire, ce fut ces vieilles personnes décédées, isolées, dont on n’arrivait pas à retrouver les familles. Oui, il y a un humanitaire affectif : c’est l’attention des jeunes générations aux vieux fragilisés (pas moi, les autres !) ; même et surtout s’ils sont un peu casse-pieds, car c’est du fait de leur attente que, souvent, ils sont maladroits.

Je t’attends donc, et tu sais… les champignons à l’huile, à l’ail avec les herbes aromatiques, cette année, j’en ai fait sept bocaux. Ils sont pour nous.
Ton grand-père impatient

Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5, du lundi au vendredi, à 9h55.



Sommaire du dossier
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