1. Marcel Rufo : petits boulots, petits remplacements

Marcel Rufo : petits boulots, petits remplacements

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Régulièrement, le pédopsychiatre Marcel Rufo vous donne des conseils sous la forme d’un courrier au petit-fils ou à la petite-fille que vous pourriez être pour lui.

Marcel RufoFace à l’absentéisme de certains profs, les parents revendiquent un "droit aux cours" qui impliquerait la présence d’un maître devant chaque classe. Ceux de Seine-Saint-Denis viennent même d’opter pour la voie judiciaire : le 9 mars, ils ont adressé une ­trentaine de lettres au ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, affirmant que "les obligations mises à la charge de l’État ne sont pas remplies". Le débat a été repris par ­Monique Sassier, médiatrice de l’Éducation nationale, et le "droit aux cours" est né, semblable au droit au logement ou à la santé. Comme toujours, ce sont les zones sensibles qui sont les plus touchées : le remplacement d’enseignants manquants est assuré dans 90 % des cas, mais ce chiffre tombe à 70 % dans les zones d’éducation prioritaire. On perçoit le danger de ce manque. Ce problème est plus prégnant en ce qui concerne les remplacements de courte durée dans la mesure où la priorité est donnée aux remplacements de longue durée.

On bricole alors comme on peut : on répartit les élèves, on leur demande de rester chez eux. L’inégalité est accrue de manière encore plus flagrante : certains enfants vont en profiter pour visiter une expo et d’autres restent seuls à la maison. La solution appartient peut-être aux étudiants. En 1ère ligne, ceux qui s’orientent vers l’enseignement. Pourquoi ne pas établir à partir d’un niveau d’études à valider (la licence paraît une bonne dimension) l’idée que les étudiants en langues pourraient assurer l’enseignement des langues en primaire, puisque celui-ci est obligatoire en CE2, CM1 et CM2 ? On pourrait même envisager que ce procédé soit européen : croyez-vous qu’un étudiant italien refuserait un remplacement à Paris ? On peut rêver aussi qu’un polytechnicien "se colle" à un cours de remplacement au collègue unique. On métisserait ainsi l’excellence et le risque d’exclusion. Une normalienne serait-elle incapable de diriger une classe de 1ère L pour préparer les textes de l’épreuve anticipée de français ? Cela répondrait aussi à la question cruciale du salaire étudiant. La merveilleuse AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville), qui organise l’accompagnement individuel d’enfants défavorisés par des étudiants, apporte également les éléments d’une réponse. En salariant les étudiants, on éviterait de surcroît le scandaleux développement des cours privés. Inspirons-nous de leur force, de leur inventivité et de leur engagement. Le droit aux cours deviendrait alors droit aux remplacements.


Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5 tous les jours de la semaine à 10h05 et sur letudiant.fr.


Sommaire du dossier
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