1. Marcel Rufo : "Vive les sciences humaines !"
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Marcel Rufo : "Vive les sciences humaines !"

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Marcel RufoEnfin ! Mes chers petits, pour une fois, nous sommes tous les trois tombés d'accord sur l'importance des sciences humaines, quel que soit le type de formation universitaire. Le paradoxe, c'est que c'est toi, le jeune scientifique, qui a ouvert le débat sur les notions fondamentales de philosophie comme complément indispensable pour bien exercer ton métier. Tes premières années universitaires avaient été marquées, c'est vrai, par un professeur de philo qui animait à la fac de médecine des groupes de réflexion sur la relation malade-médecin. Mais il est dommage que cet enseignement soit sanctionné par des mots clés et par un QCM [Question à choix multiple] pour l'examen d'entrée, ce qui atténue beaucoup sa belle valeur de transmission.

Tu as entamé la discussion par une bien jolie phrase : "La guérison n'autorise pas le soignant à prendre possession du soigné." Du Levinas à l'état pur. Félicitons-nous par ailleurs de la réflexion conjointe d'Isabelle Richard, doyenne de la faculté de médecine d'Angers, et de Jean-Paul Saint-André, président d'université, qui, dans un essai intitulé Comment nos médecins sont-ils formés ?, aux Belles Lettres, proposent justement que les sciences humaines gagnent leur place en faculté de médecine. Car, nous disent-ils, les patients attendent des soignants qu'ils aient, certes des connaissances, mais aussi "des savoir-faire et des attitudes" ; il faut donc basculer vers un enseignement centré sur le patient plutôt que sur les maladies. J'ai moi-même souvent rêvé que l'on passe d'une médecine d'organes à une médecine du sujet. Ta sœur, comme d'habitude, a exagéré. Mais après tout, c'est intéressant. Elle t'a invité à venir à un cours de yoga, préalable à la sophrologie, pour que tu sois plus à l'aise pendant tes gardes d'interne. Surprise absolue ! Tu l'écoutais et cela t'intéressait. J'étais aux anges. Pas de dispute, pas d'agressivité.

J'en ai profité pour vous offrir vos cadeaux : un ouvrage sur Matisse pour elle, et pour toi ce livre : le Normal et le pathologique, de Canguilhem, en version originale. La rencontre s'est terminée de façon magique : vous avez convenu d'échanger vos livres. Les sciences humaines rendent donc plus humains.

Votre grand-père serein



Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5du lundi au vendredi, à 9h55.
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