La France à la traîne en maths et en sciences

Par Thibaut Cojean, publié le 08 Decembre 2020
5 min

Deux études internationales, l’une sur les sciences et l’autre sur les mathématiques, affichent le retard pris par la France en matière d’enseignement. Juste avant la mise en place de politiques de renforcement, les collégiens français étaient parmi les moins performants des pays étudiés.

En mathématiques comme en sciences, la France doit mieux faire… Deux études internationales (appelées TIMSS 2019), publiées ce mardi, viennent en effet confirmer le retard des collégiens français dans la maîtrise de ces deux disciplines.

Le ministère de l'Éducation nationale n'a pas attendu ces enquêtes pour identifier l’enseignement des mathématiques en France comme largement perfectible. En février 2018, le mathématicien Cédric Villani et l’inspecteur de l’éducation nationale, Charles Torossian, ont ainsi remis un "plan mathématiques" à Jean-Michel Blanquer pour renforcer l’apprentissage des mathématiques.

Le niveau en maths a chuté en 24 ans

L'étude TIMSS, réalisée avant la mise en place des mesures préconisées par le rapport de 2018, révèle notamment le niveau des collégiens français en mathématiques. Ils obtiennent un score moyen de 483 points, pour une moyenne de 511 points dans les 20 pays de l‘Union européenne (UE) et de l’OCDE, proches d’un point de vue économique. La France se classe ainsi 16e, entre la Turquie et la Nouvelle-Zélande, loin derrière la Corée du Sud (604 points), le Japon (593) et l’Irlande (524).

C’est la deuxième fois que l’étude sur les maths est réalisée. La première a été menée en 1995, et la différence entre les deux montre une baisse très importante du niveau : 47 points de moins en 24 ans. Selon l’étude TIMSS 2019, cela équivaut à une année scolaire entière. Autrement dit, les élèves de 4e de 2019 ont le même niveau en maths que ceux de 5e de 1995 !

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Des écarts entre filles et garçons

Les élèves ont été évalués dans quatre disciplines mathématiques, et les élèves ont clairement leurs préférences : ils sont bien meilleurs en statistiques et probabilités (496 points) et en géométrie (493) qu’en nombres et calculs (477) et en algèbre (468).

L’étude confirme une autre tendance : les garçons ont de meilleurs résultats que les filles (487 points contre 478). En revanche, elle surprend sur un autre point. D’ordinaire, les études internationales montrent de fortes inégalités chez les élèves français. Ici, l’écart entre les meilleurs et les moins bons est le plus faible des 20 pays. Cela semble s’expliquer par le fait que peu de collégiens atteignent des niveaux excellents (seulement 2% contre 11% en moyenne dans les autres pays) mais aussi parce que l’enseignement des maths assure un socle minimal correspondant à la moyenne internationale.

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Niveau faible mais stable en sciences

La deuxième étude, sur les sciences, fait le même constat de base : les jeunes Français sont en retard. Ils enregistrent un score moyen de 489 points, contre 515 pour la moyenne des pays de l’UE et de l’OCDE. Là aussi, la France se classe 16e, à hauteur de la Norvège et de Chypre, tandis que le Japon (570 points) et la Corée du Sud (561) survolent encore le classement.

D’autres conclusions concordent : les inégalités sont moins importantes que d’habitude et très peu de collégiens français (3% contre 10% en moyenne) atteignent les très bon résultats. Ici aussi, ils ont leurs disciplines de prédilection, de manière très tranchée : les résultats sont très mauvais en chimie (465 points) mais plutôt bons en sciences de la Terre et de l’univers (502). En biologie et en physique, ils correspondent à la moyenne générale des Français.

À l’inverse des maths, les filles et les garçons ont des résultats similaires en sciences, et le niveau n’a ni baissé ni augmenté depuis 1995.

Renforcer la formation des enseignants

Comment expliquer ces difficultés ? Cela n’est bien sûr pas de la faute des élèves, mais de l’enseignement des maths et des sciences en général. Parmi les différents facteurs possibles, le ministère de l’Éducation nationale évoque le manque de formation des enseignants de primaire. Ceux-ci présentent en effet bien souvent des profils plus littéraires que scientifiques.

Mais cela pourrait évoluer bientôt. Comme le rappelle Le Monde, 53% des enseignants n’avaient pas de formation récente en maths en 2015, contre 23% en 2019. Avec la mise en place du "plan mathématiques", cela se mesurera peut-être sur les prochaines études.

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