Voyages scolaires annulés : la frustration des élèves qui n'ont pas pu partir cette année

Par Marine Richard, publié le 14 Juin 2021
6 min

Juliette, Victoire et Marie auraient dû partir en voyage scolaire cette année. La crise sanitaire les a empêchées de vivre cette expérience majeure des années collège/lycée : leurs voyages ont été annulés, à leur plus grande déception. Elles partagent leurs ressentis pour L’Etudiant.

"En mars dernier, je devais partir une semaine à Alicante, en Espagne, dans le cadre d’un voyage scolaire. Je ne suis jamais allée dans ce pays et comme je souhaite devenir professeur d’espagnol, j’aurais bien aimé le découvrir", regrette Marie, en première au lycée André Maurois, à Deauville (14), qui a appris trois semaines avant le départ que ce séjour tant attendu n’aurait pas lieu à cause de la crise sanitaire. La lycéenne devait déjà effectuer ce voyage l’an passé mais il avait été reporté à cette année avant d’être définitivement annulé.

Victoire aussi devait aller en Espagne, à Salamanque, en avril, et se sent "frustrée" : "J’étais toute excitée à l’idée de partir. Depuis la 6e, on savait qu’en classe de 4e, un voyage scolaire à l’étranger était prévu. Ça aurait été mon premier voyage de classe", s’attriste la jeune fille scolarisée au collège Saint-Thomas-de-Villeneuve, à Chaville (92).

Quant à Juliette, en classe de 6e au collège Paul Eluard de Dives-sur-Mer (14), elle devait partir au ski à La Toussuire, en Savoie, au mois de mars : "Je devais déjà partir faire du ski en CM2, mais une semaine avant ça a été annulé à cause de la crise sanitaire. Et là, c’est pareil. Je suis déçue parce que j’aurais bien aimé savoir faire du ski, être avec mes amis et découvrir la vraie neige", explique-t-elle.

Et si ces jeunes sont aussi déçus c’est que "les voyages scolaires, c’est l’occasion de tisser des liens avec sa classe, de se rapprocher. Ca crée une bonne ambiance", selon Victoire. Et pour certains élèves, c’est même la seule occasion de voyager.

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Une démarche pédagogique

Bien que tous les établissements n’imposent pas de faire un voyage scolaire, un tel projet s’inscrit dans une réelle démarche pédagogique : "Il permet de fédérer l’élève autour d’un projet et de renforcer la cohésion de groupe. Dans le cas d’un voyage scolaire à l’étranger, il donne envie aux élèves de parler la langue du pays. On prépare une séquence au cours de laquelle on aborde les lieux qu’on va visiter avant le voyage et au retour, je demande aux élèves de choisir une photo du séjour et de parler de cette photo souvenir en espagnol et en français devant leurs camarades et leurs familles", explique Carole Basora, professeur d’espagnol à Saint-Thomas-de-Villeneuve. Une expérience ludique, donc, qui permet de mobiliser les savoir-faire acquis en classe.

Des souvenirs qu'ils ne pourront pas avoir

Avec la crise sanitaire qui a perturbé le calendrier scolaire, les jeunes ont dû tirer une croix sur cette aventure humaine et ont ainsi "perdu le moyen de se confronter à un autre pays. Ils passent également à côté de la magie du vivre ensemble. Ce sont des souvenirs qu’ils ne pourront pas avoir. De plus, un voyage c’est souvent un accélérateur d’idées comme celles de faire un stage à l’étranger", déplore Carole Basora.

Une occasion manquée également de découvrir des monuments emblématiques du pays comme l’université de Salamanque, le musée d’art déco Casa Lis ou les fameuses cathédrales, ainsi que des coutumes différentes : "En Espagne, le tutoiement est culturel. Les élèves tutoient leurs professeurs. Le voyage scolaire permet de décloisonner son monde, de sortir des représentations que l’on se fait d’un pays, qui sont souvent des clichés", ajoute Carole Basora. Les jeunes perdent également l’occasion d’être plus autonomes et d’apprendre les règles de vie en collectivité.

Des solutions

Pour certains, le voyage scolaire pourra être reporté à l’année suivante : "On partira peut-être au ski l’an prochain normalement, si la crise sanitaire le permet", espère Juliette. Pour d’autres, des solutions alternatives ont pu être proposées, les sorties sans hébergement étant autorisées : une journée accrobranche, un voyage en Espagne avec ses parents à l'été 2022 pour Marie, "juste avant mon entrée à la fac, pour que je puisse remplacer ce voyage".

Autre solution de substitution aux voyages scolaires, le dispositif Vacances apprenantes qui a vu le jour l’année dernière, après le premier confinement, et qui est relancé cet été. Cette opération propose à des jeunes de 3 à 17 ans, issus de quartiers prioritaires, de familles isolées ou encore élèves décrocheurs, une remise à niveau après le retard accumulé lors des différents confinements ainsi que des activités culturelles et/ou sportives.

À partir du 20 juin, les voyages scolaires avec hébergement sur place seront de nouveau autorisés. Les départs sont bien sûr à envisager en fonction des dispositifs d’accueil de chaque pays. "L’an prochain, un voyage à Rome est prévu pour les latinistes, et on espère que le Covid ne va pas nous empêcher de partir", se projette déjà Victoire.

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