À Harvard Business School, des bourses pour booster les futurs entrepreneurs

De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon
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Harvard Business School © J.Gourdon - janvier 2014
Harvard Business School © J.Gourdon - janvier 2014
À Harvard Business School, le nombre d’étudiants qui s’orientent vers l’entrepreneuriat ne cesse d’augmenter. L’école a mis en place des dispositifs, notamment financiers, pour encourager ces vocations.

Serait-ce l’effet Facebook ? Le film "The Social Network", qui raconte la naissance, à Harvard, de ce puissant réseau social, a eu un "vrai impact" et suscité des vocations chez ses étudiants, affirme Thomas Eisenmann. Selon ce professeur d’entrepreneuriat à Harvard Business School, si le gros des promotions continue de remplir les banques d’affaires et les cabinets de conseil, les étudiants de l’école de management la plus prestigieuse du monde "sont de plus en plus tentés par l’entrepreneuriat et les start-up". L’année dernière, ils étaient 11% à choisir cette voie (soit 100 élèves) directement après leur diplôme. Un chiffre en constante augmentation depuis cinq ans.

Antoine Grimaud, jeune Francais diplômé d’HBS en 2012, n’avait pourtant pas cet objectif initial. À la sortie de son MBA, ce polytechnicien avait des offres "très bien payées" dans la banque, aux États-Unis. Il a finalement décidé de monter sa start-up, PayPlug, à Paris, avec un camarade de promo. "Dans la finance, j’aurais été sur des rails, il y aurait eu peu de mystère. Alors que là, tout est à créer. C’est plus excitant, il y a plus de défis, et les gains peuvent être très gros." Tant pis pour le prêt, il le remboursera plus tard.

"À Harvard, on entend tellement parler de start-up, on rencontre tellement d’entrepreneurs, que cela donne envie, poursuit-il. La pédagogie contribue aussi à nous donner confiance. Dans mon école d’ingénieurs en France, j’étais habitué à écouter un prof faire son cours. Ici, chacun est invité à discuter, participer, donner son avis. Et puis, nous faisons énormément d’études de cas. À force, on s’arme pour faire face à beaucoup de situations."

À Harvard, on entend tellement parler de start-up, on rencontre tellement d’entrepreneurs, que cela donne envie (Antoine, étudiant à HBS)

Des projets soutenus par de généreuses bourses

Pour soutenir ces vocations, HBS a mis en place, depuis trois ans, un cours obligatoire d’entrepreneuriat en première année. Tous les étudiants doivent également plancher sur un vrai projet d’entreprise. "Chaque groupe reçoit une bourse de 8.000 dollars pour lancer un business, raconte Thomas Eisenmann. C’est très formateur. Ils se confrontent à la pression, mesurent la difficulté du travail en équipe, mettent un produit sur le marché, et voient aussi quelles satisfactions on peut tirer de cette aventure. Si la plupart de ces projets ne vivent pas à long terme, certains continuent."

Le dispositif d’HBS comprend aussi un nouvel incubateur, le Harvard Innovation Lab, commun à l’ensemble de l’université. Dix projets étudiants de la business school sont sélectionnés tous les six mois, parmi une cinquantaine de candidatures. Camille Tyan, de la promo 2012, a fait partie de la première vague. "J’ai reçu une bourse de 5.000 dollars, et obtenu le droit d’utiliser cet espace, qui fonctionne comme un vrai bureau, ouvert jour et nuit. Le I-Lab organise aussi de nombreux événements de networking et des conférences sur les start-up. J’avais des séances de coaching personnalisé avec des anciens. Tout cela m’a permis de démarrer ma start-up avant d’être diplômé."

Dernière pièce du dispositif : des bourses, accordées aux jeunes qui, comme Camille Tyan, décident de s’orienter vers les start-up avec un projet solide. Ces chèques, compris entre 10.000 et 20.000 dollars, visent à aider ces diplômés qui renoncent à des postes payés 10.000 dollars par mois. Et à les conforter dans leur choix.

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