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À l'ESC Pau, une rentrée chahutée après la suspension de Stephen Platt

Murielle Wolski
Publié le
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L'ESC Pau
Quatre directeurs se sont succédés à la tête de l'ESC Pau depuis 2010. // ©  ESC Pau

La valse des directeurs se poursuit à l'ESC Pau. Stephen Platt a été suspendu de ses fonctions au cœur de l'été par le président de la CCI, Patrick de Stampa. Une nouvelle crise de gouvernance qui remet en question l'avenir de l'école.

À la veille de la rentrée, l'heure n'est pas aux derniers réglages à l'ESC Pau, mais à l'imbroglio. En moins de quinze jours, entre fin juillet et début août, le directeur, Stephen Platt, et le directeur général de la chambre de commerce et d'industrie de Pau, Emmanuel Coste, ont été suspendus par Patrick de Stampa, aux commandes de la CCI Pau-Béarn depuis 2007. La décision doit encore être entérinée par la chambre régionale. En cause ? Des divergences sur la gouvernance de l'école et des ingérences permanentes dans la gestion quotidienne, d'après des sources concordantes.

Une stratégie retoquée

En réalité, le feu couve depuis début 2015 entre le directeur de l'école et le président de la CCI. L'ambiance était devenue délétère. Sur le fond, les divergences avaient atteint un point critique. Porté par Emmanuel Coste, le numéro 2 de la CCI, le projet d'un nouveau campus, flambant neuf, commun à l'ESC Pau, l'École supérieure de commerce du sport, la CCI et un incubateur, a été validé puis retoqué, quelques semaines plus tard, sans raison. "On va droit dans le mur, s'inquiètent des cadres de l'institution, sans stratégie de développement à la hauteur des enjeux, dans un environnement de plus en plus concurrentiel." Les besoins en infrastructures sont pourtant patents : l'école se dégrade physiquement.

Cette valse des directeurs interroge... Pas moins de quatre "numéros un" se sont succédés à la tête de l'école paloise depuis 2010. Sébastien Chantelot, enseignant-chercheur en entrepreneuriat et en innovation, vient d'être nommé par intérim il y a quelques jours, avec Lee Schlenker, enseignant-chercheur en systèmes d'information, à ses côtés, comme directeur adjoint. Quelle sera leur marge de manœuvre ? Combien de temps durera cet intérim ? Pour déboucher sur quoi ? Les questions sont nombreuses. Et, pour l'heure, sans réponses : Patrick de Stampa ne souhaitant pas commenter la situation.

L'heure des soutiens

Si la décision est intervenue au cœur de l'été, les réactions à la suspension de Stephen Platt ne manquent pas. En tout juste 24 heures, vendredi 28 août 2015, une pétition de soutien à Stephen Platt, lancée par une étudiante sur les réseaux sociaux, a reçu près de 400 signatures. Un beau score pour l'ESC, qui compte 900 étudiants dans le programme grande école. La mobilisation des anciens diplômés s'organise elle aussi.

Une quinzaine de directeurs d'autres écoles de commerce lui ont également exprimé leur soutien. "L'ESC Pau n'est pas la seule école à être freinée par des problèmes de gouvernance, consent à commenter Stephen Platt, mais peu de directeurs osent en faire état". Une question de culture probablement, explique cet Anglo-Saxon, rompu au "whistleblowing", autrement dit au devoir d'alerte en vigueur dans les entreprises outre-Manche. "On peut mettre en avant l'analogie avec le monde bancaire. La crise des subprimes était liée à la défaillance de gouvernance. C'est ce que nous vivons aujourd'hui."

La valse des directeurs  à l'ESC Pau depuis 2010
Depuis le départ de Philippe Lafontaine en  2010, quatre directeurs se sont succédés à la tête de l'école paloise :

- Jean-Pierre Lahille, de 2010 à 2012
- Stephen Platt, par intérim début 2013
- Pierre Dreux, de juillet 2013 à juillet 2014
- Stephen Platt, de juillet 2014 à juillet 2015
- Sébastien Chantelot, par intérim à partir de la rentrée 2015

Murielle Wolski | Publié le

Vos commentaires (8)

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Line Lerman.

Visiblement, il y en a ici qui n'ont pas vu une entreprise depuis longtemps ! La "biodiversité d'enseignement", le "cobranding", "l'âme de l'école", "l'Université d'entreprise"... c'est du pipo pour les classes prepas et le site internet. Messieurs, sortez un peu de votre école et allez voir les entreprises. Vous comprendrez comment l'école est terriblement perçue et comment certains diplomés en arrivent à avoir honte de leur diplôme.

Pit.

@Mr christain Jean, Cela fait 20 ans qu'on entend parler d'identité, de territoire, de "small is beautiful", de "little big school" etc. Résultat: une école qui est humiliée dans tous les classements, une moyenne d'admissibilité à 5/20, aucune accréditation reconnue, un grade master qui est remis en cause régulièrement et une réputation lamentable auprès des entreprises. Vous avez raison, il faut continuer comme ça.

Christian JEAN.

Fusionner serait suicidaire, les grandes fusiosn sont terminées et certains regrettent amérement leurs choix. Une ESC c'est d'abord un modéle d'enseignement, un réseau, un territoire et une identité. La course à la taille est une erreur sur un aussi petit territoire, l'ESC PAu doit jouer (et doit lui laisser jouer sa différence) c 'est la survie d'un territoire qui est en jeux ainsi qu'une "biodiversité d'enseignement". Il faut innover, changer de modéle, être l'Ecole leader sur le digital (Mocc, Cooc, ...), développer de nouveaux partenariats cobranding de diplomes avec des entreprises, créer de nouveaux cursus (Executive Doctorate, Management Digital et Innovation, Management Interculturel, Management des territoires), s'ouvrir d'avantage sur le Maghreb et l'Afrique avec des corners, être le leader des Universites d'Entreprise...Think Different & Do It!

Sandrine Daraut.

Une enseignante chercheure dans le domaine des Systèmes d'Information encore là pour écrire en toute liberté et indépendance d'opinion - toulousaine de naissance et d'adoption! - que les étudiants seraient les plus à même de faire des propositions concrètes eu égard à la manière de gérer l'ouverture de leurs écoles à l'investissement public ou privé. Le paiement de vos droits d'inscription devrait servir le fonctionnement TRANSPARENT de votre lieu d'études; vous êtes, en effet et en toute logique, les garants et les principaux agents quant à l'élaboration d'un schéma concurrentiel à optimiser! Ainsi, par exemple, la modulation des systèmes d'information pédagogiques devrait en premier résulter de vos expériences et desiderata (http://www.thecsuite.co.uk/CIO/index.php/strategy/323-digital-transformation-and-the-end-user-45435). Exprimez-vous... Je reste convaincue qu'un ancien responsable des études économiques à la CCI de Toulouse - poste occupé par Mr Chantelot en 2008 - sera le mieux placé pour faire correctement remonter vos idées! C'est ainsi peut-être aussi d'une pétition en faveur d'un tel mode de gouvernance dont vous auriez besoin. Bonne émulation:) Sans contrefaçon, une fervente adepte de la recherche-action.

Fred.

@Arnaud "Travail remarquable" : n'éxagérons rien cher ami. L'Ecole n'est ni Equis, ni AACSB, est avant derniere du classement l'Etudiant, a un tres mauvais remplissage SIGEM 2015, une barre d'admissibilité tres basse et ne remplit pas ses quotas classes prepas. Elle a eu 5 directeurs en 5 ans et a avorté de deux fusions dans la douleur. Beau bilan.

Arnaud.

Pour être dans le secteur de l'orientation scolaire, et en qu'ancien diplômé, je trouve que cette école possède une âme que très peu d'écoles de management ont. Mais la trop faible compétence ainsi que la malice politicienne du pdf de la CCi risque d'avoir la peau de cette école. L'équipe de management actuellement est très compétente. Ce ne sont pas les projets et l'ambition qui leur manque. Stéphan Platt fait un travail remarquable depuis des années à l'ESC Pau. Il est le garant de cette "âme" dont je parlais. J'espère qu'elle s'en sortira.

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