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À l’université de Marne-la-Vallée, la professionnalisation passe par l’apprentissage

Sophie Blitman
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À l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée (UPEMLV), près d’un quart des étudiants suivent une formation en apprentissage. Le résultat d’une volonté politique ancienne de professionnaliser ses formations et d’insérer ses étudiants sur le marché de l’emploi.


Avec 22 % de ses étudiants inscrits dans des formations en apprentissage, l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée (UPEMLV) est celle, en France, qui affiche le plus fort taux d’apprentis. Au départ, l’apprentissage concernait des cursus assez classiques, tels que des licences et masters d’informatique ou de management, mais aussi des diplômes d’ingénieurs.

Cependant, l’apprentissage a peu à peu irrigué des disciplines habituellement moins tournées vers l’alternance, notamment en sciences humaines et sociales. Ainsi ont été ouverts des licences professionnelles « chargé de communication en collectivités territoriales » ou « ingénierie et management de projets en communication et industries graphiques », un master de lettres autour de l’édition, du livre et du multimédia, ou encore un master d’histoire avec un parcours « développement culturel territorial ». Au total, l’établissement compte aujourd’hui quelque 84 formations en apprentissage dans 23 domaines de compétences, sur un total de 175 formations.

Liens avec le monde économique


« Qu’elles soient initiales, continues ou en apprentissage, toutes nos formations sont pour moi professionnalisantes », insiste Gilles Roussel, vice-président au titre particulier puisqu’il est en charge « des enseignements et de la professionnalisation ». Un poste qui constitue l’homologue « exécutif » du vice-président CEVU (conseil des études et de la vie universitaire) de l’université. Cette organisation de la gouvernance témoigne du souci que l’UPEMLV attache à cette question de la professionnalisation, elle qui a créé dès 1999 son Observatoire des formations, des insertions professionnelles, évaluations (OFIPE).

Dans cette perspective, l’apprentissage est un des outils qui permet à l’université de « s’assurer que ses formations sont bien en adéquation avec les attentes du milieu économique », avance Gilles Roussel. Pour former ses étudiants, l’UPEMLV a noué des partenariats avec 10 CFA – et plus particulièrement le CFA Descartes et le CFA Ingénieurs 2000 – et de nombreuses entreprises qui lui versent la taxe d’apprentissage. Celle-ci constitue une source de revenus non négligeable : 780.000 € en 2010, même si, en proportion, cela représente moins de 1 % du budget global de l’université.

Une opportunité pour les étudiants


« L’apprentissage est considéré comme une opportunité pour les étudiants qui se seraient trompés de voie »


Côté étudiant, outre l’expérience professionnelle qu’il apporte, l’apprentissage est aussi une façon de financer sa formation. Un revenu particulièrement apprécié dans une université qui compte 21 % de boursiers.

Au-delà de l’aspect financier, l’apprentissage est considéré comme une opportunité pour les étudiants qui se seraient trompés de voie. Des « passerelles universitaires » créées en 2007, destinées à réorienter les étudiants décrocheurs de licence vers un DUT en apprentissage, en techniques de commercialisation ou en services et réseaux de communication. Au second semestre, ces étudiants peuvent entrer dans ce dispositif de « passerelles universitaires » qui les prépare au DUT où l’accent est mis sur le volet professionnel, à travers des cours de remise à niveau en expression écrite et orale, anglais ou encore bureautique, mais aussi des stages en entreprise. Ceux-ci peuvent se transformer en contrat d’apprentissage à la rentrée suivante.

Limites au développement de l’apprentissage


« La volonté de l’UPEMLV n’a jamais été de faire uniquement de l’apprentissage ! »


Si la stratégie de l’UPEMLV a jusqu’ici été de développer les formations en apprentissage, « on arrive aujourd’hui aux limites structurelles de ce que notre université peut faire compte tenu de ses moyens », estime Gilles Roussel. Selon lui, son université ne pourrait pas assurer un suivi personnalisé de qualité pour davantage d’apprentis car, explique-t-il, « cela demande un investissement, en personnes et en temps, beaucoup plus important que pour les autres étudiants ». Outre les visites en entreprise, les responsables universitaires doivent en effet s’assurer auprès du maître d’apprentissage que l’étudiant valide bien, au cours de ses périodes en entreprise, toutes les compétences visées par la séquence.

« Un apprenti n’est pas un simple stagiaire ! » lance le vice-président. Cependant, « la volonté de l’UPEMLV n’a jamais été de faire uniquement de l’apprentissage ! » précise Gilles Roussel, qui plaide en faveur d’une mixité des publics. « L’apprentissage n’est qu’une forme d’alternance qui ne répond pas aux besoins de tous les types d’étudiants », poursuit-il.

Pour l’UPEMLV, reste, néanmoins, la question des moyens. « Le gouvernement prône une politique de développement de l’apprentissage, mais, dans le même temps, l’État diminue ses apports aux universités pour les apprentis, regrette Gilles Roussel. Même si la région nous soutient, cette baisse des financements pose problème. »

La Cité Descartes à Champs-sur-Marne au fil des années / Extrait de la vue aérienne IGN 

 

Crédits photos :
Université de Marne-la-Vallée, bâtiment Copernic à la Cité Descartes à Champs-sur-Marne © Iconothèque Epamarne / Architecte : B. BONNIER / Photographe : Eric MORENCY, 2006.
Le bâtiment Lavoisier à la Cité Descartes à Champs-sur-Marne de l'UPEMLV. © Iconothèque Epamarne / Architectes : JOURDA & PERRAUDIN / Photographe : Eric MORENCY, 2008.
Diaporama : © Epamarne / IGN (1972 et 1990), © Epamarne / INTER ATLAS (1998, 2000, 2005) et © Epamarne / SIAM (2008).

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Sophie Blitman | Publié le

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