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A Lyon, quatre grandes écoles fondent un Collège des hautes études

Sophie Blitman
Publié le
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Signature du Collège des Hautes Etudes - 10.01.13
Signature du Collège des Hautes Etudes - 10.01.13

Centrale Lyon, l’Ecole normale supérieure de Lyon, Sciences po Lyon et VetAgro Sup se sont associées pour créer le Collège des hautes études – Lyon science[s]. Une collaboration qui vise à élargir l'offre de formation et de recherche des quatre écoles. Avec un mot d'ordre : promouvoir l'interdisciplinarité.

Développer des formations et des thématiques de recherche pluridisciplinaires : tel est l'objectif du Collège des hautes études – Lyon science[s] qui rassemble quatre grandes  écoles de la capitale rhônalpine : Centrale Lyon, l’Ecole normale supérieure de Lyon, Sciences po Lyon et VetAgro Sup.

"Ce projet a pu naître grâce aux travaux et collaborations menés dans le cadre du PRES" (Pôle de recherche d'enseignement supérieur), souligne Frank Debouck qui justifie le nombre de quatre établissements – contre 20 au sein du PRES – par la volonté de "mettre en place des actions concrètes d'ici 12 mois, avant de s'élargir à d'autres composantes de l'enseignement supérieur".

Fruit d'une réflexion de six mois, le Collège des hautes études s'est donc constitué sous la forme d'un groupement d'intérêt, chaque école mettant à disposition de la nouvelle structure l'équivalent de deux à trois personnes à temps plein.

En outre, le Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon (CNSMD) "va rejoindre le Collège dans les six mois", estime Frank Debouck, et devrait être suivi, "dans l'année", de l'EM Lyon.

Création de parcours de formation pluridisciplinaires

Premier chantier sur lequel travaillent les écoles : la mise en place de parcours pluridisciplinaires. Les étudiants d'un établissement pourront, pendant plusieurs mois, suivre des unités d'enseignement dispensées dans un autre, ce qui leur permettrait de valider des crédits ECTS. "Il ne s'agit pas de multiplier les doubles diplômes, insiste Frank Debbouck, mais de proposer aux étudiants une ouverture complémentaire de la formation dans laquelle ils sont engagée". Des étudiants de Sciences po pourront, par exemple, s'initier à la gestion de projet telle que l'enseigne Centrale Lyon. Si l'objectif est de créer ces passerelles à la rentrée 2014, des premiers modules pourront être accessibles dès la rentrée 2013.

Les quatre écoles du collège planchent aussi sur un projet commun de bachelor d'excellence généraliste qui aboutira à la délivrance d'un diplôme mais devrait surtout permettre ensuite d'accéder à des études supérieures.

Enfin, de nouvelles formations en ligne devraient voir le jour dans le cadre d'un MOOC (massive open online course) commun aux écoles du Collège, en association avec Centrale Nantes, qui a lancé le premier MOOC francophone à la rentrée 2012. Frank Debouck y voit plusieurs avantages : "élargir nos formations à un public plus large tout en diminuant le nombre de cours ex cathedra". Chacune des quatre écoles doit ainsi développer au moins un cours en ligne, accessible à tous sur le MOOC, d'ici la rentrée 2014.

Recherche : vers de nouvelles thématiques à l'interface des disciplines

Le Collège des hautes études – Lyon science[s] va lancer un appel à projets auprès de l'ensemble de ses chercheurs pour faire émerger des thématiques interdisciplinaires. "Quatre laboratoires juniors, rassemblant quatre à six personnes d'au moins deux écoles différentes, doivent être créés dans les 18 prochains mois", annonce Frank Debouck. Et de citer, parmi les croisements possibles entre disciplines, les travaux en santé animale et ceux de politique de santé publique, les domaines de l'imagerie médicale et de la protection de l'environnement, ou encore la recherche en mathématiques et l'étude des populations.

Nos structures françaises de recherche ont besoin de se rénover


"Elargir les thématiques de recherche est dans l'air du temps, constate le directeur de Centrale Lyon. Nos structures françaises ont besoin de se rénover. Aux Etats-Unis, les thématiques évoluent beaucoup plus vite, alors que l'Europe a parfois la sclérose de la durée."

Associer le monde socio-économique

Enfin, sur le plan de la gouvernance, un comité d'orientation stratégique doit être piloté par des experts du monde économique et des collectivités car, précise Frank Debouck, "nous souhaitons répondre aux attentes des étudiants mais aussi du monde socio-économique". Signe de la volonté des écoles d'aller vite, le comité doit être opérationnel "au plus tard fin avril 2013".

"Nous voulons construire le collège à partir de projets, résume le directeur de Centrale Lyon. La structuration viendra naturellement après".


Sophie Blitman | Publié le

Vos commentaires (2)

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belhocine.

C'est bien ce qui se fait en France actuellement, cette initiative est très intéressante. Je pense aux écoles préparatoires et écoles d'ingénieurs crées récemment en Algérie, pourquoi les Français ne pensent pas à des groupements et des jumelages avec nos écoles algériennes qui sont la pure implantation de celles de France ? Nos futurs ingénieurs vont aussi contribuer à promouvoir la lanague et le système français!

B..

Si Centrale est bien une école d'ingénieurs, je doute que ce soit le cas de VetAgro, et je suis sûr que ce n'est pas le cas ni de Sciences Po ni de l'ENS. Je pensais que les journalistes écrivant dans EducPros avec un tant soit peu de culture générale concernant l'enseignement supérieur...

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