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À PSL, les conditions fixées par le jury Idex inquiètent les élus et des établissements

Morgane Taquet
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EHESS
L'EHESS n'intégrera pas Paris Sciences et Lettres en tant que membre au vu des conditions fixées par le jury. // ©  Nicolas Tavernier / R.E.A
Les élus du conseil d’administration de Paris Sciences et Lettres s’interrogent sur les conditions fixées par le jury pour décrocher définitivement le sésame Idex, tout comme l’EHESS et l’Inserm.

"Le président de PSL 'auditera et amendera les budgets prévisionnels de toutes les institutions fondatrices' ; il aura aussi un 'droit de veto sur les recrutements de leurs personnels enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs'. Les conditions posées par le jury [Idex] en matière de budget et de recrutement sont pour nous inacceptables."

Ce sont les mots des dix élus enseignants, personnels et étudiants du conseil d’administration de PSL, dans un communiqué du 4 avril 2018. "Non seulement ces dispositions ne sont pas conformes au Code de l’éducation, mais elles ne respectent pas non plus les principes de subsidiarité, de collégialité et de liberté académique sur lesquels PSL doit être fondée", regrettent-ils.

Un super président

"Seul le conseil d’administration a la légitimité d’examiner, sans droit de véto, la conformité des budgets prévisionnels des établissements avec la stratégie de l’université. Seuls les recrutements d’enseignants et enseignants-chercheurs destinés aux opérations communes à plusieurs membres de PSL — et uniquement ceux-ci — peuvent être examinés par le conseil d’administration (et non par la seule présidence), conformément au Code de l’éducation", soulignent les élus. Sollicité par EducPros, le président de la Comue, Alain Fuchs, n'a pas donné suite.

PSL, comme l’Université Paris-Saclay, ont vu leur période probatoire allongée pour la deuxième fois par le jury Idex, le 19 mars dernier. Elle ne pourra pas excéder trente mois, le temps d'atteindre "définitivement leur objectif et de créer une grande université de recherche aux standards internationaux", précise le Secrétariat général pour l'investissement, à l'annonce des résultats. PSL rassemble aujourd'hui neuf membres, des grandes écoles ou assimilés, de tutelles ministérielles différentes, autour desquels gravitent des établissements associés.

Les conditions fixées par le jury, pointe une élue du conseil d’administration de PSL, nous font craindre "l'émergence d'un président aux pleins pouvoirs, qui prendrait toutes les décisions en [nous] court-circuitant. C'est illégal et incroyable de voir un jury faire de telles préconisations", conclut-elle.

L'EHESS ne sera pas membre

Les élus ne sont pas les seuls à réagir. Après l'annonce des résultats, l'EHESS a fait savoir qu'elle ne souhaitait pas intégrer l'établissement en tant que membre, au vu des conditions fixées par le jury.

Du côté de l'Inserm, le 30 mars 2018, le comité technique a adopté à l'unanimité une motion s’inquiétant de ces conditions. "Le terme ‘institution’ utilisé par le jury ne figure pas dans les textes définissant les Idex de Saclay et Paris Sciences et Lettres. À quoi fait-il référence ? Aux grandes écoles ? Aux universités ? Aux organismes de recherche ? S[‘il] concerne les organismes de recherche, cela implique de modifier le Code de la recherche, s’alarme le CTP. Les organismes de recherche, réduits à des agences de moyens seraient alors sous la tutelle des Idex Paris-Saclay et Paris Sciences et Lettres. Cela signifie la liquidation de toute politique nationale de recherche. Il est inenvisageable que les organismes nationaux de recherche n’aient plus la maîtrise de leur budget, de leur politique scientifique et de leur recrutement."

Le sujet sera abordé avec les élus lors du prochain conseil d'administration, début mai, fait savoir PSL.


Morgane Taquet | Publié le

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