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Accès à l'emploi des diplômés bac+5 : qui s'en sort le mieux ?

Danièle Licata
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63% des diplômés bac+5 de la promotion 2013 sont en poste un an après être sortis des études. Soit autant que dans la promotion précédente, selon l'enquête annuelle de l'Apec sur la situation professionnelle des jeunes diplômés publiée le 1er octobre 2014. Une stabilité qui cache une insertion bien différente selon les cursus effectués.

"L'accès à l'emploi pour les diplômés bac+5 et plus est stable, mais il n'en demeure pas moins préoccupant", résume Jean-Marie Marx, directeur général de l'Apec (Association pour l'emploi des cadres), lors de la présentation de la dernière enquête sur la situation professionnelle des jeunes diplômés 2013, le 30 setptembre 2014. Le ton est donné.

63% des jeunes diplômés de niveau bac+5 et plus de la promotion 2013 sont en poste dans l'année suivant l'obtention de leur diplôme. Une proportion égale à celle de la promotion 2012, mais inférieure de 7 points à celle de la promotion 2011. Il y a trois ans, 7 jeunes sur 10 avaient un emploi un an après l'obtention de leur diplôme. La crise est passée par là. À ce contexte économique dégradé viennent s'ajouter des départs à la retraite de cadres bien moins nombreux que prévu (31.600, contre 35.800 planifiés). Résultat : les entreprises ont, l'an dernier, revu à la baisse leurs plans de recrutement de jeunes diplômés de 4% (37.000, contre 38.000 en 2012).

Du coup, 29% des 4.500 jeunes sondés étaient toujours à la recherche d'un premier poste (soit 3 points de plus qu'il y a un an) et 37% à la recherche d'un emploi au moment de l'enquête. "Pour près d'un jeune diplômé sur deux, la recherche d'un job débute à partir de l'obtention du diplôme. Ce démarrage tardif s'avère pénalisant, surtout dans un contexte économique peu favorable aux jeunes", fait remarquer Pierre Lamblin, directeur du département études et recherches de l'Apec.

Quant à la durée moyenne de recherche, elle est la même pour la promotion 2013 que pour celle de 2012, à savoir 2,3 mois.

Prime aux cursus les plus professionnalisants

Cette année encore, les diplômés d'écoles d'ingénieurs et de commerce tirent le mieux leur épingle du jeu, avec un taux d'emploi de 69% (mais 4 points de plus pour les écoles de commerce et 1 point de moins pour les écoles d'ingénieurs).

Au niveau des disciplines, ce sont les diplômés de Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) et ceux du social qui remportent la palme, avec un taux d'emploi de 85%, ex aequo avec les diplômés de l'informatique, suivis de près par ceux de la pharmacie (83%) et des sciences de l'éducation, de l'enseignement et de la formation. "Les taux d'emploi opposent toujours les disciplines les plus professionnalisantes (commercial, gestion, informatique, ingénieur…) aux disciplines fondamentales (lettres, art, biologie...)", analyse Jean-Marie Marx.

Plus en détail : parmi les diplômés en poste au moment de l'enquête, 20% occupent des fonctions commerciales et marketing, 17% sont dans la R&D, 16% dans la finance et la gestion, 12% dans les RH et l'enseignement, 10% dans l'informatique, 7% dans la communication et seulement 1% dans la création d'entreprise. "Les différentes aides à la création qui existent sont peu utilisées, alors que leur usage contribue à pérenniser l'activité", insiste l'Apec.

Les difficultés du marché de l'emploi amènent souvent les jeunes diplômés à accepter des emplois qu'ils estiment inférieurs à leur niveau de qualification.

Des jeunes prêts à tout pour décrocher un emploi

"Les difficultés du marché de l'emploi amènent souvent les jeunes diplômés à accepter des emplois qu'ils estiment inférieurs à leur niveau de qualification", se désole Jean-Marie Marx. D'après le sondage, 91% de ceux qui recherchent un job sont prêts à accepter un contrat autre qu'un CDI, 77% un salaire inférieur à celui souhaité tandis que 82% se disent prêts à déménager et un sur deux à renoncer à sa spécialité.

L'accès au statut de cadre a, lui, peu évolué durant les cinq dernières années. Ce sont toujours 6 diplômés sur 10 environ qui obtiennent le graal dans la première année qui suit l'obtention de leur diplôme et jusqu'à 7 à 8 sur 10 parmi les titulaires d'un diplôme scientifique (contre 1 sur 2 pour les diplômés d'un master gestion-RH).

Seule bonne nouvelle : 81% des diplômés sondés se disent satisfaits de leur emploi et 42% sont même très satisfaits.


Danièle Licata | Publié le

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Olivier Ridoux.

« ...opposent toujours les disciplines les plus professionnalisantes (commercial, gestion, informatique, ingénieur…) aux disciplines fondamentales (lettres, art, biologie...) » Ce genre de distinction digne d'Arthur Comte mais prononcé au XXI° siècle me sidère. On y lit en transparence une tonne de préjugés : l'informatique n'est pas une discipline fondamentale, mais elle n'est pas non plus dans l'ingénierie. Pas étonnant que la France et ses entreprises connaissent le retard qu'elles connaissent (Usine Digitale, 29/09/2014). Les pointillés cachent pudiquement ce que l'auteur pense de la chimie, la physique et les mathématiques. Au lecteur de deviner si elles sont professionnalisantes ou fondamentales.