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Alain Bonnin (président de l’université de Bourgogne) : "Les universités de Bourgogne et de Franche-Comté doivent construire un grand espace fédéral"

Franck Dorge
Publié le
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Nouveau président de l’université de Bourgogne, Alain Bonnin est également devenu le président de l’université fédérale de Bourgogne-Franche-Comté. Volontaire dans sa politique territoriale, Alain Bonnin a également fait de l’international l’une de ses priorités prenant directement en charge cette délégation. Alain Bonnin fait le point pour EducPros sur la situation de l’UB et sa stratégie pour les quatre années à venir.

Quelles sont vos priorités pour l’université de Bourgogne ?

L’université de Bourgogne a trois défis à relever pour les années à venir : assumer ses spécificités territoriales, développer l’espace universitaire Bourgogne-Franche Comté, et repenser sa stratégie scientifique. L’université de Bourgogne n’est ni l’UPMC, ni l’université Paris-Diderot. Nous avons une spécificité régionale. Nos implantations territoriales à Dijon, Auxerre, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Nevers et au Creusot  permettent aux jeunes d’avoir un accès à l’enseignement supérieur où qu’ils se trouvent en Bourgogne. Cette présence sur le territoire de nos formations est une richesse pour le développement de la connaissance et de l’économie dans ces villes et pour l’ensemble de la région. Cela a un coût, et nous avons besoin de l’aide de l’Etat pour la maintenir dans les meilleures conditions.

"Ni l’université de Bourgogne, ni celle de Franche-Comté n’ont le rayonnement suffisant pour exister à l’international"

Dans le même temps, il nous faut développer les synergies avec l’université de Franche-Comté. Ni l’université de Bourgogne, ni celle de Franche-Comté n’ont le rayonnement suffisant pour exister à l’international. Cela doit nous amener à repenser notre stratégie scientifique. L’université de Bourgogne, en concertation avec celle de Franche-Comté, doit déterminer les 6 à 7 grands domaines d’excellence qui sont les nôtres et agréger à ceux-ci les différentes disciplines de nos universités. Ce n’est qu’en faisant ainsi que nous pourrons conjuguer nos talents pour conserver une offre pluridisciplinaire et développer nos domaines d’excellence.

Quelle est la situation financière de votre université ?

L’université de Bourgogne est sous dotée. Cependant, grâce aux efforts qui ont été consenti par l’ensemble de la communauté universitaire et aux mesures que j’ai prise en tant que vice-président finances sous le mandat de Sophie Béjean, l’université de Bourgogne possède un fond de roulement de 30 millions d’euros, une capacité d’autofinancement de 7 millions d’euros et un compte de résultat positif de 4 millions d’euros. Cette situation a été rendue possible grâce à une politique d’austérité, à l’acceptation des composantes de réduire de 10% leurs dotations de moyens.

Cependant, nous manquons cruellement de personnels administratifs alors que nos effectifs sont en augmentation constante. Je compte donc sur le soutien de l’Etat pour nous accompagner. Sans cela, l’université de Bourgogne ne pourra pas poursuivre une politique innovante et contribuer à sa juste mesure au développement de nos territoires.


Jacques Bahi et vous-même venez de prendre respectivement la présidence de la fondation de coopération scientifique (FCS) et de l’université fédérale de Bourgogne Franche-Comté. Comment envisagez-vous l’avenir de ces deux structures ?


Les universités de Bourgogne et de Franche-Comté doivent construire un grand espace fédéral d’enseignement supérieur et de recherche entre nos deux régions. Pour y parvenir, nous devons repenser l’articulation entre la FCS, sur laquelle repose le PRES et qui gère les crédits qui nous ont été attribué via le grand emprunt, et l’université fédérale. La FCS doit nous permettre de développer les partenariats en matière de recherche avec nos différents partenaires socio-économiques, dont les entreprises, alors que l’université fédérale doit permettre de rendre notre offre de formation et de recherche plus lisible tant au local qu’à l’international.


Comment l’université fédérale doit-elle évoluer ?

L’université de Bourgogne ainsi que celle de Franche Comté, Agrosup Dijon et l’ENSMM, nous avons décidé de faire évolué les statuts de l’université fédérale afin qu’elle réponde au mieux à ses missions. Nous nous sommes fixés juin 2013 comme échéance. D’ici là, nous dialoguerons avec les étudiants et personnels de nos établissements ainsi que nos partenaires.


Quelles pourraient être les premières mesures concrètes de l’université fédérale?

"Le Polytechnicum Bourgogne-Franche-Comté pourrait devenir une composante de l'université fédérale"

C’est au sein de l’université fédérale que doivent se concrétiser les coopérations en matière de formation et de recherche. A ce titre, le Polytechnicum Bourgogne Franche-Comté , créé en juin 2010 et qui regroupe les composantes en ingénierie et management de l’Université de Bourgogne, de Franche-Comté et de l’UTBM mais également d’autres structures comme l’ENSMM, l’ESC Dijon, Agrosup Dijon… pourrait très bien devenir une composante à part entière de l’université fédérale.

D’autres regroupements de composantes sont envisageables afin de leur donner plus de visibilité, notamment un institut STAPS qui pourrait comporter un pôle en Bourgogne et l’autre en Franche-Comté. Ces réalisations se feront dans le respect des instances élus qui débattront et dans le travail commun entre les différents partenaires.


Franck Dorge | Publié le

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