Antoine Diers (MET) à propos du baromètre d'image des universités : "la plupart des Français ont une vision faussée de l’université"

Propos recueillis par Jessica Gourdon
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Antoine Diers, étudiant de 22 ans en master de droit à Paris-10 Nanterre, est président du MET , organisation étudiante classée à droite. Il réagit à la parution le 8 mars 2012 du sondage Educpros/CampusCommunication/Ipsos sur la perception de l’université par les français.

D’après ce sondage, les réformes initiées par le gouvernement depuis 2007 sur l’université ne semblent pas avoir été perçues, ou alors considérées comme insuffisantes. Qu’en pensez-vous ?

Ce sondage montre que la plupart des Français ont une vision faussée de l'université. Beaucoup l'associent à un amphi de sciences humaines et sociales bondé, avec des jeunes en grève la moitié de l’année. Ils n’ont pas encore perçu les effets des réformes initiées depuis 2007 - contrairement aux étudiants, pour qui ces mesures commencent à prendre forme. Aujourd'hui, on voit que les universités proposent de plus en plus de masters innovants, double-diplômes, bi-licences, parcours d’excellence, dispositifs de soutien, de tutorat…

C’est sur l’insertion professionnelle que l’image de l’université est la plus négative. Est-ce justifié ?

Là encore, il s’agit d’une perception faussée. Mais on peut aussi comprendre les Français, dans la mesure où il est très difficile d’accéder à des statistiques claires et non biaisées. Au MET, nous militons pour que chaque université publie, diplôme par diplôme, les statistiques d’insertion à 6 mois, 12 mois et 3 ans. Avec les salaires d’embauche. Nous souhaitons que ces chiffres soient publiés par un organisme extérieur comme l’AERES. Sinon, les universités auront tendance à ne donner que les résultats qui les arrangent.

Les Français semblent majoritairement opposés (64%) à la sélection à l’entrée de l’université. Cela vous surprend ? 

Il est clair que les Français n’en veulent pas. En revanche, cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire. Ce que nous proposons, au MET, c’est une orientation active plus efficace : si un bachelier STG veut s’inscrire, pas de problèmes, mais il faut qu’il sache précisément quelles sont ses chances de réussite dans tel cursus. De même nous sommes favorable à l'instauration d'une sélection en M1, afin de donner une vraie cohérence à ce diplôme.


Propos recueillis par Jessica Gourdon | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires