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Apax rachète les écoles françaises du groupe Laureate

Cécile Peltier
Publié le
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L'ESCE (École supérieure du commerce extérieur).
L'EBS, ESCE, ECE, IFG et CEPC vont changer de propriétaire : le groupe américain Laureate a annoncé la vente de ces cinq écoles au fonds d'investissement Apax Partners. // Campus de l'ESCE. // ©  ESCE
Le géant américain Laureate va céder ses écoles françaises au fonds d'investissement Apax Partners, déjà propriétaire de l’Inseec. Le montant de cette vente, qui fait émerger un nouveau mastodonte de l'enseignement supérieur privé, n'a pas été communiqué.

Les cinq écoles mises en vente par le groupe Laureate Education – EBS, ESCE, ECE, IFG et CEPC – vont passer sous pavillon français. Le leader mondial de l’enseignement supérieur privé a annoncé, le 19 avril 2016, la signature d’un accord de cession de sa filiale française à Apax Partners. Le fonds d’investissement français refuse pour l’instant de communiquer sur le montant de la transaction, qui doit être finalisée d'ici à la fin juin, après avoir reçu le feu vert de l’Autorité de la concurrence.

Apax, qui a racheté l’Inseec en 2013 pour 200 millions d’euros, veut à travers cette opération créer un "leader de l’enseignement supérieur privé en France". Le nouvel ensemble, composé de 17 écoles et de 20.000 étudiants, deviendra le deuxième plus gros acteur du marché hexagonal, à égalité avec Studialis, derrière Ionis Group (23.500 étudiants).

Un investisseur public en soutien

BPI France investira à ses côtés à hauteur de 10% de l’entité. Une opération relativement inédite, qui illustre la volonté de la banque publique de "s’engager dans des secteurs à forts enjeux sociétaux comme l'éducation", a déclaré son directeur, José Gonzalo.

"La présence de la BPI parmi les investisseurs est rassurante et devrait permettre aux écoles d’asseoir leur visibilité, commente une partie prenante du dossier. De plus, les établissements reviennent dans le giron français : Apax Partners connaît la culture et les réglementations locales, ce qui simplifiera les échanges."

Des craintes autour du rapprochement

Ce qui n'empêche pas les craintes de certains acteurs proches du dossier qui, sous réserve d'anonymat, s'inquiètent d'un rapprochement d’abord guidé par un souci de massification, avec un risque de "cannibalisation" entre les formations.

"Il est encore un peu tôt pour en juger, mais il pourrait en effet y avoir des doublons et on n’est pas à l’abri de rapprochements entre programmes, estime pour sa part Pascal Régnier, secrétaire général du SNPEFP-CGT. L’ECE en tant qu’école d’ingénieurs pourrait aussi se retrouver isolée."

Une forte complémentarité entre établissements

Des critiques balayées par Apax, qui met en avant une forte complémentarité des établissements. "L’EBS et l’ESCE basées à Paris viennent compléter l’implantation du BBA Inseec dans trois régions, illustre Bertrand Pivin, directeur associé d'Apax Partners. L’arrivée d’une école d’ingénieurs va aussi nous permettre d'offrir une palette plus large de formations à nos étudiants. Autre exemple, l’IFG, qui fait de la formation continue, a déployé un programme 100% online : nous pourrions nous inspirer de cette expérience, à terme, pour nos autres écoles."

Dans le communiqué diffusé hier par Apax et Laureate, on assure que "chacun des établissements continuera à fonctionner avec son propre programme et cursus éducatif unique et de grande qualité tout en bénéficiant d'un plus grand réseau dans le même pays".

Reste à savoir de quelle manière Apax choisira d'organiser son nouveau mastodonte éducatif, et qui il mettra à sa tête.


Cécile Peltier | Publié le

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Début d'une mutation irréversible ou grande braderie ? Cela commencera sans doute par les écoles consulaires qui verront les engagements des chambres de commerce se réduirent à peau de chagrin et cela continuera par les EESIG qui verront disparaître les aides de l'ETAT . Ai je tort ou raison? L'avenir proche le dira !

ManuelUtilisateur.

Ah , les formidables stratèges de la CGT, un grand visionnaire ce secrétaire général