Apprentissage : guerre des chiffres entre les Régions et le Medef

Étienne Gless
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Alain Rousset, président de l'Association des Régions de France (ARF).
Alain Rousset, président de l'Association des Régions de France (ARF). // ©  ARF
Contrairement aux affirmations du Medef, les Régions assurent avoir maintenu en 2015 leurs budgets dédiés à l’apprentissage et les places disponibles dans les formations.

"La carte publiée par le Medef ne voulait rien dire ! Encore un 'coup' de communication du Medef." À l’Association des Régions de France (ARF), on ne décolère pas depuis que le Medef a rendu publique, le 14 avril, une carte alarmiste des budgets apprentissage des Régions. Le Medef avançait une baisse du budget de 48,1% en Limousin et de 45% dans le Nord-Pas-de-Calais.

Les Régions estiment au contraire avoir augmenté ou maintenu leur effort budgétaire en faveur de l’apprentissage en 2015 par rapport à 2014 : +1% sur le budget de fonctionnement hors primes aux employeurs d’apprentis, fixées par l'État, et +3,8% sur le budget d’investissement. "Il n’y a que trois Régions qui ont vu des baisses de budget : Pays de la Loire, Midi-Pyrénées et Franche-Comté. Les autres ont maintenu voire augmenté leur effort", assure Alain Rousset, président de l’ARF et président de la Région Aquitaine. 

"Nous avons également conservé un appareil de formation malgré des effectifs d’apprentis parfois très bas, et ce pour qu’il puisse redémarrer demain dès que les contrats d’apprentissage repartiront à la hausse", précise Pascale Gérard, présidente de la commission formation professionnelle de l’ARF. Le nombre d'apprentis baisse depuis deux ans : -4,4% en 2014, après -8% en 2013. Et la rentrée de l'apprentissage 2015 s'annonce sous de mauvais auspices. Pour relancer l'apprentissage, l'ARF invite les entreprises à accélérer la signature des accords de branche en contrepartie du pacte de responsabilité, et souhaite un accord global pour le secteur de l'artisanat.

Le bac pro en trois ans laisse sceptique
"Le bac pro en trois ans n‘a pas fait ses preuves en matière d’alternance, pointe Alain Rousset, président de l’Association des Régions de France. Il est très long et difficile pour les entreprises d’avoir un alternant durant trois ans."

Entrée en vigueur à la rentrée 2009, la réforme prévoit que le contrat d’apprentissage s'étale obligatoirement sur une durée de trois ans. Mais, en période de crise, s’engager à prendre un apprenti pour un temps aussi long rebute beaucoup d’employeurs. Et pour les jeunes eux-mêmes, ces trois années paraissent longues. "Les entreprises ont du mal à signer de tels contrats. Les branches professionnelles nous disent qu’elles ont besoin de refaire des contrats de type 1 an + 2 ans", constate Pascale Gérard, présidente de la commission formation professionnelle de l’ARF. 

 

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Étienne Gless | Publié le