Après deux années de déficit, l'université Toulouse 3 en situation délicate

Frédéric Dessort
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La BU de Toulouse 3 - ©F. Dessort
L'établissement toulousain a connu en 2015 un déficit de l'ordre de 1,4 million d'euros // ©  Frédéric Dessort
Branle-bas de combat à Toulouse 3 pour établir un plan de retour à l'équilibre, après deux exercices budgétaires négatifs. Si les coups de rabot se multiplient, le président de l'université en appelle aussi à l'État.

"Nous ne pouvons plus accepter de fonctionner avec des moyens insuffisants et demandons instamment à l'État d'assumer ses responsabilités." C'est la conclusion, inquiète mais claire, de la motion qui a été votée par le conseil d'administration de l'université Toulouse 3 Paul-Sabatier, lors de l'adoption du budget 2016, le 29 février 2016.

L'établissement de 32.000 étudiants a essuyé fin 2015 son deuxième déficit consécutif, de l'ordre de 1,4 million d'euros, après avoir connu un déficit de 1,2 million d'euros fin 2014. Des rumeurs d'un déficit bien supérieur, de l'ordre de 13 millions d'euros, ont agité la communauté universitaire toulousaine mais elles étaient dues à une mauvaise interprétation de l'utilisation des fonds de roulement.

Ce niveau de déficit significatif est "à relativiser par rapport au budget global de l'établissement, de l'ordre de 411 millions d'euros, tempère Jean-Pierre Vinel, président de Toulouse 3, élu début 2016. Néanmoins, nous connaissons une situation qui devient délicate, provenant en grande partie d'un GVT (glissement vieillesse-technicité) important, de l'ordre de 2,2 millions d'euros, soit 5% du GVT national ! L'année dernière, le ministère en a pris à sa charge 30%, mais cette année, rien n'est prévu", regrette-t-il.

Gel de postes

Un contexte de mise sous tutelle ? Certains s'en inquiètent, d'autant qu'Hélène Bernard, la rectrice de Toulouse, a décidé début 2016 de ne pas publier 30 postes sur les 100 à pourvoir sur l'établissement pour 2016 pour remplacer des promotions, des mutations... La présidence est allée rapidement plaider sa cause au ministère, demandant la publication de ces postes. "Pour l'heure, la négociation est ouverte avec le rectorat", explique Jean-Pierre Vinel.

Autre source d'économie immédiate : la non-mise en œuvre des sept postes attribués dans le cadre de la campagne des 1.000 postes octroyés par Geneviève Fioraso. "À terme, si la situation continue de se dégrader, on ne peut exclure d'avoir par exemple à effectuer des remplacements transitoires par des Ater de personnels partant en retraite ou mutés", ajoute Jean-Pierre Vinel.

pas de cessation de paiement

En tout état de cause, selon un dirigeant qui ne souhaite pas être cité, la cessation de paiement n'est pas à l'ordre du jour, la trésorerie s'établissant autour de 25 millions d'euros depuis plusieurs années. Mais de nouveaux coups de rabot sont à prévoir. En 2015, 1,8 million d'euros avait déjà été économisé.

"Sur 2016, nous avons pour objectif de réaliser de nouvelles économies à hauteur de 2,2 millions d'euros, en fonctionnement [frais de déplacement, de bouche, fournitures] mais aussi grâce à une meilleure rationalisation [électricité, chauffage]. Il faut par ailleurs mettre en perspective ces difficultés vis-à-vis de nos recettes, qui sont en augmentation, via la formation continue ou les contrats de recherche. Ce qui ne répond toutefois pas à notre besoin de financement", détaille le président.

Toulouse 3 a jusqu'à l'été 2016 pour clarifier ses comptes et présenter au ministère un plan de retour à l'équilibre.


Frédéric Dessort | Publié le