Arts et Métiers : le changement des statuts est acté

Céline Authemayou
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Bibliothèque des Arts et Métiers © Arts et Métiers ParisTech
Les nouveaux statuts réduisent la place des anciens dans la gouvernance de l'école.
Parus au Journal officiel le 13 juillet 2016, les nouveaux statuts d'Arts et Métiers seront effectifs dès le 14 juillet. Cette publication marque une étape après plusieurs mois de débats houleux au sein de l'école d'ingénieurs.

C'est désormais chose faite : Arts et Métiers est dotée de nouveaux statuts, parus au Journal officiel du 13 juillet 2016. Ils modifient les précédents textes, qui dataient de novembre 2012. Initiée en février 2016 à la demande de Najat Vallaud-Belkacem, cette évolution statutaire doit permettre à l'école d'ingénieurs de réduire l'ingérence des anciens dans sa gouvernance. Une ingérence vivement critiquée dans le rapport de l'IGAENR (Inspection générale de l'administration de l'Éducation nationale et de la recherche), paru en février 2016.

Des anciens moins influents

Sans surprise, le décret modifie la composition du conseil d'administration de l'établissement. Les présidents des conseils des centres régionaux, tous membres de la société des anciens d'Arts et métiers, la puissante association des alumni, ne siégeront plus au conseil d'administration. Une disparition qui permet de rééquilibrer le nombre de "gadzarts" en son sein et de diminuer, de fait, leur influence dans les prises de décision stratégiques.

Ces présidents de centres se retrouveront dans un conseil territorial. Cette nouvelle instance n'aura qu'un rôle consultatif.

vers la fin des tensions ?

Effectifs dès le lendemain de leur parution au Journal officiel, les nouveaux statuts seront donc bien en place pour la prochaine rentrée universitaire, après plusieurs mois de tensions aiguës entre la Soce et la direction générale de l'établissement. Les deux "camps" s'affrontant par lettres interposées. 

Dernier épisode en date, la lettre de Jacques Paccard, président de la Soce, adressée le 11 juillet 2016 à Laurent Carraro, le directeur général de l'établissement, après que ce dernier ait lui-même envoyé une missive au représentant des anciens. "Nous regrettons la précipitation et la brutalité de la méthode employée pour modifier à tout prix les statuts et la gouvernante de cette école prestigieuse, écrit Jacques Paccard dans le document qu'EducPros s'est procuré. (...) Notre souci est celui de la pérennité d'une école qui a fait ses preuves et doit pouvoir continuer à le faire. Quel est le vôtre ? Celui de changer un conseil d'administration au plus vite ? Celui d'une prise de contrôle absolue ?" 

Le 8 septembre 2016, un nouveau conseil d'administration se tiendra à Arts et Métiers. L'ambiance s'annonce tendue, entre deux parties qui ne partagent définitivement pas la même vision de "leur" école. Pas sûr qu'un décret suffise à apaiser les esprits...


Arts et Métiers : retour sur six mois de tension
- Février 2016 : dans un rapport daté de janvier 2016, l'IGAENR dresse un bilan des actions menées par Arts et Métiers pour encadrer la "période de transmission des valeurs". Si l'Inspection se satisfait des efforts faits par la direction, elle critique l'influence "excessive" de l'association des anciens élèves sur la vie de l'école.
Dans la foulée, le 24 février, Najat Vallaud-Belkacem annonce dans "Libération" que le ministère a décidé de "modifier le décret statutaire de l’Ensam pour permettre un rééquilibrage des pouvoirs au sein de son conseil d’administration." 

- Mars 2016 :  le décret de modification statutaire est prêt. Conformément aux propositions de l'IGAENR, les présidents des conseils des centres régionaux, tous membres de la société des anciens, ne siégeront plus au conseil d'administration de l'école d'ingénieurs. Un projet qui crispe un peu plus encore les relations entre l'école et ses alumni.

 - Mai 2016 : La puissante société des anciens des Arts et Métiers hausse le ton : elle en appelle directement à François Hollande pour régler le conflit l'opposant au ministère autour des statuts de l'école d'ingénieurs. Jacques Paccard, son président, assure porter ce désaccord sur la place publique en "désespoir de cause".

- Juillet 2016 : Cité dans une lettre ouverte, diffusée au sein d'Arts et Métiers, Laurent Carraro, directeur général de l'école d'ingénieurs, a adressé à son tour une missive à Jacques Paccard. Le message est clair : cette guerre intestine doit cesser.

Céline Authemayou | Publié le