Assises territoriales en Île-de-France : quid des grandes universités en construction ?


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Assises ESR
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Coup d'envoi le 2 octobre 2012 des Assises territoriales en Île-de-France sur le thème du gouvernement de l'enseignement supérieur et de la recherche. Avec une préoccupation : les regroupements universitaires.

"Nous avions besoin de nous retrouver." Le nouveau recteur de Paris, François Weil , a ouvert la première séance des Assises territoriales en Île-de-France , mardi 2 octobre 2012, devant un parterre de présidents d'université, de responsables régionaux d'organismes de recherche, de représentants syndicaux, etc. Et en présence du rapporteur du comité de pilotage, Vincent Berger .

"Nous avons réuni la  pluralité des acteurs pour trouver ensemble le chemin du bon gouvernement", a expliqué le recteur. C'est le thème de cet après-midi de discussions, présidé par la chercheuse Christine Musselin : le gouvernement de l'enseignement supérieur et de la recherche. Suivront deux autres réunions en octobre : la réussite des étudiants et la recherche.

"Nous attendons un bouillonnement d'idées pour faire avancer le supérieur et la recherche" JL Vayssière

"Nous attendons un bouillonnement d'idées pour faire avancer l'enseignement supérieur et la recherche", assureJean-Luc Vayssière , président de l'université Versailles Saint Quentin, avant de pénétrer dans l'amphi de l'Ecole Boulle (12e), qui compte une centaine de personnes. "J'espère qu'il en sortira des propositions qui seront reprises ensuite, ajoute le responsable. Par exemple la nécessité de mettre l'université au cœur du système", ajoute-t-il.

Le droit à l'expérimentation

Les mains se lèvent une à une, pour des interventions assez "brèves", comme l'a demandé la présidente afin de faire vivre le débat.

Chacun apporte son éclairage, plutôt en posant des principes généraux, ou des questions, qu'en donnant des propositions concrètes. Des présidents d'université, comme Danielle Tartakowsky (Paris 8), qui s'interroge sur le statut que doivent avoir les PRES (Pôles de recherche et d'enseignement supérieur), l'illisibilité du système, et la lourdeur des structures, Jean-François Balaudé (Paris Ouest Nanterre), qui pose la question de la définition d'un site, ou encore Jacques Bittoun (Paris Sud) ou François Germinet (Cergy).

Egalement des représentants syndicaux de la  Ferc-CGT, du Sgen-CFDT, des étudiants de l'Unef, de la Cé (Confédération étudiante), des délégué régionaux de l'INRA, du CNRS, des responsables des collectivités locales, Didier Guillot (mairie de Paris) ou Isabelle This-Saint Jean (région Île-de-France)…

De manière plus inattendue, c'est Jean Chambaz , le président de l'UPMC, qui a emporté une certaine adhésion en défendant l'expérimentation [et cela a provoqué un rire bienveillant dans la salle lorsque un intervenant l'a relevé].

"Depuis plusieurs années, on organise l'enseignement supérieur au chausse-pied, en faisant se marier ou divorcer les établissements" J. Chambaz

"Il faut laisser l'initiative aux universités ! Depuis plusieurs années, on organise l'enseignement supérieur au chausse-pied, en faisant se marier ou divorcer les établissements d'Ile-de-France dans un sens ou dans l'autre. Nous avons besoin d'une loi qui, si elle confirme notre caractère public et notre mission, laisse les projets s'organiser chacun de la manière la plus appropriée. Une politique territoriale ne sera que façade si elle ne repose pas sur l'initiative des établissements. Cette expérimentation doit évidemment donner lieu à un contrôle rigoureux, mais ex-post", avance le président de la fac de sciences et médecine. Une ligne défendue depuis longtemps dans son établissement .

Un calendrier trop contraint

Verdict après les deux premières heures de discussion de l'après-midi ? Un exercice qui reste assez formel. "Le temps est tellement court et les sujets abordés tellement larges", note Jean Chambaz, qui est tout de même satisfait de la discussion.

Le problème du calendrier, très contraint, a d'ailleurs été fortement soulevé. D'entrée de jeu, le rapporteur territorial, Jean-Pierre Bourguignon, a pointé cette urgence [il devra rendre sa copie quelques semaines avant les Assises nationales, c'est-à-dire dans un mois], qui peut expliquer le caractère assez institutionnel des réunions.

Sur le fond, Vincent Berger relève un sujet prégnant : les grandes universités en construction. "On ressent la volonté d'aller vers un cadre assez souple pour permettre à chaque région de trouver sa solution. Egalement une forte demande de démocratie, de conseils élus à la tête de ces structures", note l'enseignant-chercheur.

Boycott de SLU et SLR

Les associations SLU (Sauvons l'université) et SLR (Sauvons la recherche) ont accueilli les participants à cette séance de discussion avec des tracts expliquant pourquoi ils n'y participeraient pas.

"C'est dans une logique nationale que se pose le débat sur le système de l'enseignement supérieur et de recherche. Le niveau régional n'est pas le bon", explique Jean-Louis Fournel, membre du CA de SLU.

Lire le communiqué de SLU-SLR


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