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Au Bett, réalité virtuelle et RGPD agitent le marché des EdTech

Céline Authemayou
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Bett show, salon mondial des technologies éducatives, édition 2017
Depuis cinq ans, Business France fédère la présence française au Bett autour d'un pavillon France. // ©  C. Authemayou
Les entreprises françaises présentes au Bett, fin janvier 2018 à Londres, ont livré les grandes tendances de cette édition, à l’occasion d’une table ronde organisée le 6 février par EdFab. Deux sujets ont prédominé : le RGPD et la réalité virtuelle.

37.000 visiteurs, 45 pays représentés, des dizaines de kilomètres d’allées… À Londres, le Bett a la folie des grandeurs. Le salon dédié aux technologies de l’éducation réunit fin janvier depuis trente-trois ans les acteurs mondiaux du numérique éducatif. On y parle aussi bien logiciel que contenu ou équipement informatique. Les enseignants viennent en masse humer l’air de la nouveauté, les investisseurs écument les stands à la recherche des pépites EdTech à financer, les entreprises du secteur tentent quant à elles de décrocher de nouveaux contrats.

S’il y a bien une vague qui a déferlé sur l'édition 2018 du salon, c’est celle de la technologie immersive. Réalité augmentée, réalité virtuelle, réalité mixte… Les casques immersifs étaient partout. “C’est sans nul doute un marché en pleine croissance. Mais les équipements coûtent encore cher, reste donc à savoir si les acteurs du secteur vont avoir la volonté de démocratiser cette technologie", analyse Aurite Kouts, chef de projet EdTech chez EdFab. La cellule dédiée à l’innovation dans l’éducation au sein du pôle de compétitivité Cap Digital a organisé le 6 février 2018 une table ronde avec plusieurs entreprises françaises présentes sur l'événement. "Il est clair que la VR a fait le buzz, cette année", convient Clément Régnier, cofondateur de TestWe, l'une des 30 entreprises françaises à avoir fait le déplacement à Londres.

Outre les équipements en casque bien représentés – avec une forte présence du casque Hololens proposé par Microsoft… partenaire historique du salon –, c’est aussi tout le segment des contenus 3D qui a fait son apparition sur le salon, avec des entreprises commercialisant des librairies entières de modèles en trois dimensions, à l’image de Lifeliqe.

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Inquiétudes autour du RGPD

Il est un autre sujet qui a animé les débats et nourri les conversations. Durant quatre jours, le RGPD (règlement général sur la protection des données) était sur toutes les lèvres. À partir du 25 mai 2018, le texte sera applicable partout dans l'Union européenne. Il vise à unifier le cadre juridique pour l'ensemble des pays de l'Union : il renforce certains droits (portabilité des données personnelles, dispositions spécifiques pour les personnes mineures) et fixe de nouvelles règles, en obligeant notamment les établissements à documenter l'ensemble des traitements de données personnelles.

Il y avait une espèce d’obsession pour le RGPD, tant du côté des créateurs de start-up que des acteurs plus institutionnels”, commente Aurite Kouts. Il faut dire que le développement de l’adaptive learning, consistant à utiliser les données des étudiants pour, au choix, leur proposer des cursus personnalisés, limiter le décrochage ou améliorer l’expérience étudiante n’est pas sans poser de questions juridiques et déontologiques.

Il y avait au Bett une obsession pour le RGPD, tant du côté des créateurs de start-up que des acteurs plus institutionnels.
(A. Kouts)

Sur le Bett, trois types de solutions étaient proposés, analyse Aurite Kouts. “Des entreprises vendaient des solutions de data management, pour accompagner les établissements dans la mise en application du RGPD. D’autres commercialisaient des logiciels de visualisation des données, pour mieux les recenser, notamment. Enfin, bon nombre de start-up EdTech avaient fait de leur compatibilité avec le RGPD un véritable argument marketing…”

Alors que le Parlement français examine actuellement le projet de loi visant à adapter la loi française au RGPD, les établissements d’enseignement supérieur n’ont plus que quelques semaines pour se mettre en conformité. Le compte à rebours est lancé.

EdTech : le marché britannique en perte de vitesse ?

Baisse de fréquentation, stands vides… Certains entrepreneurs reviennent du Bett avec un sentiment mitigé quant à la vigueur du marché britannique des EdTech. “C’est un fait, les investissements publics dans l’éducation numérique ont diminué, constate Philippe Méro, associé fondateur du cabinet de conseil Copilot Partners, spécialisé dans l’accompagnement de projets numériques. Les établissements ont perdu en moyenne 2,5 à 3% de leur budget. Ils ont fait des coupes, et c’est le numérique qui en a fait les frais. Mais malgré tout, il reste de l’argent”, assure-t-il.


Céline Authemayou | Publié le

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