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Aux États-Unis, les assistants vocaux peinent à trouver leur place en classe 

Hélène Labriet-Gross
Publié le
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Le HomePod d'Apple, Google Home et Alexa sont quelques-uns des assistants vocaux disponibles aujourd'hui.
Le HomePod d'Apple, Google Home et Alexa sont quelques-uns des assistants vocaux disponibles aujourd'hui. // ©  JASON HENRY/The New York Times-REDUX-REA
REPÉRÉ DANS LA PRESSE AMÉRICAINE. Dans un article publié sur le site Edsurge, l’utilisation en cours d’assistants vocaux, loin de l’utilisation pour laquelle ils ont été conçus, est remise en question. Les sceptiques mettant en avant des problèmes de respect de la vie privée, les convaincus voyant là un nouvel outil pédagogique. 

Alors que de nombreux enseignants s'interrogent sur le bon usage des assistants vocaux dans les établissements, un porte-parole d'Amazon, le concepteur d’Alexa et de ses dispositifs Echo, a confirmé au détour d’un tweet qu'ils n'y ont pas leur place.

Un assistant de recherche

Enseignante en 5th grade [CM2] à Mansfield, dans le Massachussetts, Rayna Freedman utilise un assistant Google Home en classe depuis un an et a pu constater les progrès en anglais de ses élèves. Google Home les aide également à approfondir certaines leçons de science. L’enseignante souligne également qu'en posant des questions à Google Home, les enfants assimilent plus facilement les réponses car l'initiative vient d'eux plutôt que de l'enseignant.

Avant d'utiliser l'assistant vocal dans sa classes, Rayna Freedman a informé les parents de sa démarche. Devant leurs réserves sur le respect de la vie privée, l'école a instauré un réglement d'utilisation de l'assistant vocal. Quand celui-ci n'est pas utilisé, il doit être débranché. Et chaque jour, un élève en est responsable pour une utilisatio limitée à des fins pédagogiques.

Un usage plus répandu à l’université

Dans les universités, les assistants vocaux sont beaucoup plus présents. En 2017, Amazon a offert 1.600 Echo Dots à des étudiants en ingénierie d'Arizona State University. L'entreprise offre également des bourses d'études aux étudiants de quatre universités par le biais de son Alexa Fund Fellowship et récompense les plus doués en intelligence artificielle conversationelle par le prix Alexa.

Shelly Sanchez, enseignante d'anglais à San Antonio au Texas, encourage ses étudiants à utiliser l'assistance vocale sur leurs propres téléphones et ordinateurs afin d’améliorer leur expression et vocabulaire. Mais refuse toutefois d'installer des assistants dans sa salle de classe, citant le partage de données personnelles avec des tiers comme sa réserve principale.

Jason Hong, professeur en interaction humains-ordinateurs à l'université Carnegie Mellon, précise qu'Alexa, un des assistants développés par Amazon, n'enregistre pas les conversations tant que personne ne mentionne son nom, et présume que les modèles de Google font de même.

En revanche, les assistants écoutent en permanence, afin d'entendre les commandes qui débutent la conversation. Les questions sont envoyées vers un serveur qui renvoit ensuite une réponse. Le stockage de ces données et leur potentielle utilisation restent à clarifier.

Une utilisation en cours remise en question

Pour cet expert d'Alexa, les assistants vocaux n'ont toutefois pas leur place dans une salle de classe. En effet ceux-ci peuvent se déclencher de façon intempestive, ou inciter, pour les plus jeunes, à la distraction. En outre, ils ne sont pas adaptés à des environnements ou de nombreuses personnes interagissent en même temps.

Toutefois, Jason Hong reconnaît que ces assistants pourraient être utilisés dans les laboratoires réclamant d'avoir les mains libres pour réaliser des expériences. Pour les plus petits, ils pourraient proposer des histoires interactives. Deux exemples d'utilisation qui ne semblent pas, pour l’heure, justifier une adoption massive des assistants vocaux dans les salles de classe.

L'article d'EdSurge (en anglais)


Hélène Labriet-Gross | Publié le

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