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Avec Sciences po, les grandes écoles cultivent leur éclectisme

Marie-Anne Nourry
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Sciences po Paris a rejoint la Conférence des grandes écoles en juillet 2016.
Sciences po Paris a rejoint la Conférence des grandes écoles en juillet 2016. // ©  Myr Muratet pour l'Étudiant
Avec l'intégration de Sciences po Paris en juillet 2016, la Conférence des grandes écoles continue le mélange des genres. Son attractivité auprès d'établissements réputés, qui ne sont ni écoles d'ingénieurs ni écoles de management, repose sur une demande croissante d'échanges et une hybridation des cultures.

Les deux grandes familles composant traditionnellement la CGE (Conférence des grandes écoles), écoles d'ingénieurs et écoles de management, ont dû faire de la place autour de la table. Si l'instance a toujours accueilli, à la marge, quelques écoles spécialisées prestigieuses, la diversification de ses membres s'est amplifiée au cours des dernières années. 

Les candidatures de l'université Paris-Dauphine, intégrée en 2014, puis coup sur coup de trois écoles d'architecture avaient d'abord soulevé des interrogations parmi les membres, mais la CGE assume aujourd'hui pleinement son caractère transversal. Treize nouveaux membres ont ainsi été intégrés en un an. "C'est la diversité des acteurs qui fait la richesse de la CGE", défend Anne-Lucie Wack, présidente de la Conférence depuis juin 2015. Une identité multifacette que l'intégration en juillet 2016 de Sciences po est venue consolider.

40 % des diplômés de grade master

À la différence de la CPU (Conférence des présidents d'université), qui défend les universités, et de la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs), les écoles d'ingénieurs, la CGE rassemble non seulement ces dernières mais aussi les établissements des branches du management, des sciences politiques, de l'architecture, de la création ou encore du journalisme, qui, sans elle, n'auraient pas d'instance de représentativité. "Les grandes écoles de la Conférence délivrent 40 % des diplômes de grade de master de ce pays, face à 60 % pour les universités, indique Anne-Lucie Wack. Ce n'est pas anecdotique !"

Comme Dauphine, Sciences po est par ailleurs membre de la CPU et profite ainsi de son statut hybride. "Nous souhaitons bénéficier du meilleur des deux mondes, le monde universitaire, où nous avons pris notre place depuis dix ans, et le monde des grandes écoles, auquel nous sommes depuis longtemps associés, souligne la secrétaire générale de Sciences po, Charline Avenel. Sans toutefois nier aucun des deux systèmes."

un socle de principes communs

Selon Anne-Lucie Wack, ces établissements viennent rechercher à la CGE "une transversalité et une hybridation des cultures". Bien que des catégories se dessinent au fil des intégrations, avec par exemple quatre écoles d'architecture membres (Nancy, Belleville, Saint-Étienne et l'ESA), il n'est pas question de recréer des familles comme cela avait été le cas par le passé avec le Chapitre des écoles de management.

"Lorsqu'une école intègre la CGE, c'est d'abord pour le sentiment d'appartenance à une communauté qui se fonde sur un socle de principes communs : des liens à l'entreprise très forts, une articulation étroite entre formation et recherche, une large ouverture internationale", énumère la présidente.

Lorsqu'une école intègre la CGE, c'est d'abord pour le sentiment d'appartenance à une communauté. (A.-L. Wack)

"raisonner ensemble pour porter la voix des grandes écoles"

L'intérêt de rejoindre cette communauté est de pouvoir bénéficier de l'échange d'expérience avec les autres membres sur tous les sujets clés. La Conférence est dotée de 12 commissions et de 40 groupes de travail portant sur tous les sujets, de la transformation numérique à l'insertion professionnelle en passant par l'ouverture sociale. "Plutôt que de réfléchir chacun de leur côté, les établissements viennent participer à une réflexion commune, dont nous faisons ensuite bénéficier l'ensemble des membres", décrit Anne-Lucie Wack.

Certains sujets portés par la CGE intéressent ainsi Sciences po. "Les questions liées à l'apprentissage et au renforcement du lien avec les entreprises sont très importantes mais aussi celle de la diversification des sources de financement, illustre la secrétaire générale de Sciences po. En contrepartie, nous allons apporter aux autres écoles notre expérience en matière d'ouverture sociale et notre connaissance des pouvoirs publics."

Mais, au-delà de ces groupes et du sentiment d'appartenance à la communauté "grandes écoles", l'engouement suscité par la CGE trouve une origine conjoncturelle. "L'enseignement supérieur est à un tournant stratégique, avec un renforcement des logiques de sites, les mesures du PIA (Programme d'investissements d'avenir), l'augmentation des effectifs étudiants auxquels nous sommes tous confrontés, grandes écoles comme universités. Il est crucial de raisonner tous ensemble pour porter la voix des grandes écoles dans le débat", insiste la présidente de la CGE. La Conférence a déjà annoncé vouloir peser dans la campagne présidentielle de 2017 : elle émettra en septembre prochain une série de propositions, directement adressées aux candidats.

La CGE en chiffres :

222 grandes écoles composent la CGE dont :

- 155 écoles d'ingénieurs
- 38 écoles de management
- 29 autres écoles
Aller plus loin :
- Lire la biographie EducPros d'Anne-Lucie Wack

Marie-Anne Nourry | Publié le

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Sirius.

L'attractivité de la CGE vient de ce qu'elle a su dépasser ses critères d'origine, le recrutement de futurs ingénieurs sur concours après les classes préparatoires aux grandes écoles. Elle fédère aujourd'hui des établissements qui partagent des principes plus généraux, dont le coeur est constitué de deux éléments, qui manquent précisément aux universités. La sélection, qui peut prendre plusieurs formes, et une gouvernance permettant une direction réactive et responsable.