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Kedge investit dans le bien-être de ses étudiants

Erwin Canard
Publié le
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Les espaces de travail de Kedge sont pensés pour le confort des étudiants.
Les espaces de travail de Kedge sont pensés pour le confort des étudiants. // ©  erwin canard
Alors que le gouvernement a lancé, mardi 29 novembre, le plan "Bien-être et santé des jeunes", Kedge Business School Marseille organisait la cinquième édition de sa "quinzaine du bien-être". Cet événement fait partie du dispositif Wellness de l'école, qui a pour but d'améliorer la qualité de vie de ses étudiants sur le campus, et l'image de l'école.

Sur la moquette d'une des salles du Hub, l'espace de coworking de Kedge à Marseille, une dizaine d'étudiants découvrent la salutation au soleil. Ils assistent, entre 12 heures et 13 heures ce mercredi 23 novembre, à une heure d'initiation au yoga proposée par l'école de commerce dans le cadre de la "quinzaine du bien-être étudiant" qu'elle a organisée du 14 au 25 novembre 2016.

Pour cette cinquième édition sur le campus marseillais, de multiples activités ont été programmées pour sensibiliser les étudiants à des thèmes comme le développement durable, l'alimentation, la relaxation ou la santé. Les futurs managers ont ainsi pu effectuer un test de dépistage du VIH gratuit, assister à une conférence sur la consommation équitable, suivre des ateliers de sophrologie ou de "calinothérapie" (médiation animale)…

se préoccuper des étudiants hors de l'amphi

La dernière enquête de l'Observatoire de la vie étudiante (OVE) sur le bien-être étudiant établissait que plus du tiers des étudiants étaient pas, peu ou moyennement satisfaits de leur santé. Environ 60 % d'entre eux avaient ressenti, une semaine avant l'enquête, de l'épuisement, 53 % du stress et 26 % de la déprime. "7,4 % ont déclaré cumuler l'ensemble des signes de mal-être (fatigue, problème de sommeil, être triste ou déprimé, nerveux, se sentir seul ou isolé)", précise Yannick Morvan, enseignant-chercheur en psychologie et membre du collège scientifique de l'OVE.

"Ces problématiques ne sont pas forcément nouvelles : les étudiants ont toujours eu des difficultés financières, familiales, etc. Mais les campus abordent davantage les problèmes des étudiants hors de l’amphi", souligne Pauline Pingusson, cheffe de projet de Campus responsables, réseau de 33 établissements engagés dans le développement durable, qui va organiser en 2017 la deuxième édition de son tour de France du bien-être étudiant.

repérer les étudiants en difficulté

À Kedge, cet événement n'est qu'une partie du dispositif Wellness (bien-être, en anglais). "La quinzaine est le volet 'prévention', mais nous avons notre volet 'soutien', qui, lui, fonctionne toute l'année", explique Alexandra Montaleytang, responsable du dispositif Wellness à Kedge Marseille, dont le budget avoisine les 70.000 euros annuels.

Les étudiants peuvent rencontrer une psychologue et cinq bénévoles formés (enseignants ou membres de l'équipe administrative), et discuter sur des thématiques telles que le stress, l'anxiété, les addictions, les difficultés financières, familiales, l'isolement… "La mission est de repérer les étudiants en difficulté et, si besoin, de leur proposer un accompagnement", indique Alexandra Montaleytang. "Ce type d'actions est vraiment très positif, assure Yannick Morvan. Plusieurs études démontrent l'efficacité des interventions précoces."

Les étudiants doivent se sentir bien pour être efficaces et, plus tard, en parler positivement.
(Thibault en M1)

"notre rôle d'éducateur et de citoyen"

La responsable Wellness baisse la voix lorsqu'elle revient sur le point de départ du dispositif : plusieurs suicides d'étudiants à la fin des années 2000. "Nous sommes une école et on peut penser que cela ne nous regarde pas, mais nous sommes responsables de nos étudiants", souligne-t-elle. "C'est notre rôle d'éducateur et de citoyen", renchérit Vanessa Doiret, responsable du service vie étudiante de Kedge.

"Les jeunes que nous accueillons sortent souvent de deux années de prépa, sont pour la première fois éloignés de leur environnement familial, parfois livrés à eux-mêmes, et ils peuvent ainsi développer des troubles (angoisses, dépression, addictions…)", assure Julien Ravier, directeur des relations extérieures de l'école.

espaces de détente-relaxation, salle de sport avec coach...

Outre la cellule de bénévoles et la quinzaine du bien-être, le campus de Marseille offre à ses étudiants des espaces de détente-relaxation, une salle de sport avec un coach à plein temps, des espaces de travail pensés pour la collaboration et des cafétérias proposant des menus sains. "Si le cadre de travail est sain, sans stress, ça donne envie de se lever le matin", assure Sébastien, en M2. "L'école se doit de raisonner comme une entreprise, explique Thibaut, en M1. Les étudiants doivent se sentir bien pour être efficaces et, plus tard, en parler positivement."

Une telle démarche de la part de l'école est-elle alors totalement désintéressée ? "Notre dispositif Wellness est un outil différenciant, que l'on ne retrouve pas ailleurs, mais nous n'en faisons pas pour autant un outil de communication, assure Vanessa Doiret. Il est certain que si l'étudiant se sent bien et a connu une belle expérience, cela peut lui donner envie de conseiller l'école à d'autres". À la bibliothèque, un magazine de management est posé sur une table. À l'intérieur, cette phrase : "Investissez dans le bien-être ! Pour un euro investi, l'entreprise en récupère trois !" En la matière, Kedge est passé de la théorie à la pratique.

Lancement du plan "Bien-être et santé des jeunes"
Mardi 29 novembre 2016, le président de la République, François Hollande, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, ont lancé le plan "Bien-être et santé des jeunes". Ce plan comprend l'expérimentation, pendant trois ans, du "Pass Santé Jeunes", à destination de jeunes de 11 à 21 ans, qui leur assure l'accès à des consultations gratuites auprès de psychologues. Ce forfait leur sera proposé après évaluation de leur situation par un médecin, et comportera au maximum dix séances remboursées pour le jeune et deux pour ses parents.

Erwin Canard | Publié le

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