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La communauté scientifique française se mobilise pour préserver la biodiversité

Étienne Gless
Publié le
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La communauté scientifique française se mobilise pour préserver la biodiversité
La communauté scientifique au chevet de la biodiversité, lors de la 7e session de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité (IPBES) le 29 avril 2019. // ©  IPBES
Du 29 avril au 4 mai 2019, Paris accueille la 7e session de la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité (IPBES) à l'Unesco. Les chercheurs français ont fortement contribué à ce "Giec de la biodiversité" à la fois comme auteurs et comme membres des instances de gouvernance.

À l'occasion de sa 7e session, l’IPBES, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, présente aux représentants de 132 États une synthèse mondiale sur l’état de la nature, des écosystèmes et des contributions apportées par la nature aux populations. Un véritable cri d’alarme à l'heure où le spectre d'une sixième extinction de masse des espèces se profile.

"Le rythme actuel d’extinction des espèces est 100 à 1.000 fois supérieur à celui constaté lors des 10 millions d’années passées, rappelle-t-on au ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES). Pour inverser la tendance, préserver et restaurer cette biodiversité, encore faut-il la sortir de l’indifférence générale."

45 chercheurs français impliqués

Le rapport choc de l’IPBES devrait y contribuer. Durant trois ans, ce premier état des lieux scientifique mondial a mobilisé 150 experts internationaux de 50 pays, dont 45 chercheurs français.

Jean-Marc Fromentin par exemple. Ce chercheur à l’Ifremer co-préside l’évaluation de l’usage durable des espèces sauvages. Deux chercheurs du CNRS, Sandra Lavorel et Yldiz Thomas, notamment reconnus pour leurs recherches sur les bénéfices que tirent les êtres humains des écosystèmes, comptent aussi parmi les travaux français cités par l'IPBES. Au total, cinq experts français ont assuré le poste d’auteur principal – coordinateur de chapitre, et 60 autres scientifiques ont été mobilisés comme auteurs contributeurs ou pour la relecture des versions provisoires du rapport.

Recherche publique : un milliard d'euros et 5.000 chercheurs mobilisés

"Biologie, zoologie, botanique, sociologie, ethnographie… L’érosion de la biodiversité mobilise 5.000 chercheurs français toutes disciplines confondues", explique un haut fonctionnaire au ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Mesri). C’est une communauté scientifique dynamique sur laquelle nous avons pu nous appuyer pour faire monter l’IPBES, qui est à la biodiversité ce que le Giec est au climat."

Cette nouvelle session de l'IPBES doit être l'acte de naissance d'une mobilisation internationale sans précédent pour la biodiversité.

Selon le gouvernement, la recherche publique française consacre un budget annuel de 300 millions d’euros par an à la biodiversité stricto sensu. En y ajoutant la santé, le budget atteint 600 à 700 millions d’euros, sans compter l’observation satellitaire. L’effort de la recherche publique française en faveur de la biodiversité au sens large friserait donc le milliard d’euros.

COP 15 sur la biodiversité en 2020

Les chercheurs français se sont également investis dans les instances de gouvernance de l'IPBES, que ce soit dans les différents groupes d'experts ou au bureau de la plateforme. "Cette nouvelle session de l'IPBES doit être l'acte de naissance d'une mobilisation internationale sans précédent pour la biodiversité", proclament dans une tribune au Parisien, François de Rugy ministre de la Transition écologique et solidaire, et Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, ainsi que Brune Poirson et Emmanuelle Wargon, secrétaires d'État auprès de François de Rugy.

Au niveau international, une échéance majeure se profile, la COP 15 sur la biodiversité, qui se tiendra en Chine à Pékin en décembre 2020. Cette 15e Conférence des parties de la convention des Nations Unies sur la diversité biologique doit permettre de renouveler le cadre stratégique mondial de la biodiversité adopté en 2010. Il s'agit de réviser à la hausse les ambitions autant que les moyens consacrés à la préservation de la biodiversité pour ériger cette dernière au même niveau de priorité que la lutte contre le réchauffement climatique.


Étienne Gless | Publié le

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