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Bourgogne et Franche-Comté : la promotion de l'entrepreneuriat confiée aux étudiants

Camille Pons
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Février 2014. Des élèves ingénieurs de l'Isat Nevers et des lycéens ont participé au challenge Cargo visant à sensibiliser les jeunes à l'entrepreneuriat ©Polytechnicum
Février 2014. Des élèves ingénieurs de l'Isat Nevers et des lycéens ont participé au challenge Cargo visant à sensibiliser les jeunes à l'entrepreneuriat ©Polytechnicum // ©  Polytechnicum

Développer la culture de l'entrepreneuriat en s'appuyant sur les étudiants : tel est l'objectif de l'appel à projets lancé par l'association Polytechnicum, qui rassemble des écoles d'ingénieurs et de management de Bourgogne et Franche-Comté. Une initiative originale qui a déjà motivé la création de quatre clubs start-up.

Si l'idée n'est pas nouvelle, la forme proposée par Polytechnicum sort des standards habituels : l'association, qui regroupe 11 écoles d'ingénieurs et de management en Bourgogne et Franche-Comté, a choisi de confier la promotion de l'entrepreneuriat et de la création d'entreprise aux étudiants eux-mêmes. Un appel à projets a été lancé à la rentrée 2013 afin de susciter la création de clubs de start-up.

L'association propose accompagnement et conseil, notamment via le site dédié, Clubs étudiants start-up, et dispose, pour chaque club, d'une enveloppe comprise entre 1.000 et 1.500 € par an : un montant réparti en fonction des actions qui sont montées. L'objectif est de permettre aux membres des clubs de se former (veille, visites d'incubateurs, participation à des compétitions d'entrepreneuriat...) et d'organiser des opérations pour leurs pairs.

Pour Arnaud Catinot, directeur de Polytechnicum, "c'est l'innovation technologique, contrairement au négoce, qui permet de créer de la valeur et reste plus porteuse à la fois pour l'exportation et en termes de créations d'emplois".

développer la culture de l'entrepreneuriat dès les études

Faire porter la démarche par des étudiants répond, selon lui, à la double nécessité d' "acculturer les étudiants dès les études" et de combler un manque dans les formations, où "certaines notions de business, tels les mécanismes de levée de fonds ou la propriété intellectuelle, ne sont pas apprises".

Un constat partagé par Stéphane Brard, élève en première année de l'ISAT Nevers et président du club I-Start up créé dans le cadre de l'appel à projets. "À l'école, on apprend les aspects techniques du métier d'ingénieur, dont nous nous servons finalement peu quand nous créons une entreprise, alors que nous devons assurer la gestion administrative, financière, celle des clients…" D'où deux projets portés par ce club : le montage de conférences dédiées à la création d'entreprises et intégrées aux cours de cinquième année, et la constitution d'une bibliothèque dédiée rassemblant des documents juridiques relatifs à la gestion administrative et financière ainsi qu'aux brevets.

Concours et apéros : une approche ludique de l'entrepreneuriat

I-Start up propose par ailleurs une entrée ludique dans le monde entrepreneurial à travers la participation au challenge Cargo, initié par Polytechnicum, qui consiste à simuler en équipe la création et le développement d'une compagnie aérienne. Dans le cadre des Cordées de la réussite, des lycéens étaient associés à la compétition, dont la première édition a mobilisé en février 2014 plus d'une centaine d'élèves à Nevers.

S'il a aussi organisé son édition du challenge, le Start'UTBM, premier club fondé dans le cadre de l'appel à projets en septembre 2013, a développé de son côté d'autres activités et services, notamment des apéros entrepreneurs mensuels, une formation sur le montage de start-up, ou encore un concours de pitch, élaboré sur le principe de "l'elevator pitch", qui consiste à l'origine à vendre un projet à un financeur potentiel dans un temps équivalent à un trajet d’ascenseur. Le club a aussi ouvert un site sur lequel sont annoncés des événements et présentées des start-up.

Après la Start'UTBM et l'I-Start up, d'autres clubs se sont constitués au centre Arts et Métiers de Cluny et à l'ESIREM de Dijon. Si les élèves ingénieurs ont été les premiers à se mobiliser autour de l'entrepreneuriat, les managers ne sont pas en reste : un club est en cours de montage à l'ESC Dijon.

 

Des clubs encore peu répandus en France
Plutôt répandus au Québec, ces clubs restent rares en France. Ils sont, pour ceux qui existent, souvent soutenus par des pôles entrepreneuriat étudiant (PEE), à l'instar notamment du club Étudiants créateurs d'idées, intégré au PEE Languedoc-Roussillon et des deux clubs soutenus par le PEE Champagne-Ardenne : Neoma Entrepreneurship club et Créer (Club réseau étudiants entrepreneurs de Reims).

Camille Pons | Publié le

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