Brigitte Plateau (futur administrateur général de Grenoble INP) : "L’Université de Grenoble doit devenir une université fédérale de rang mondial"

Sophie Blitman
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Brigitte Plateau, administratice générale de Grenoble INP // DR
Brigitte Plateau, administratice générale de Grenoble INP // DR // ©  Grenoble INP
Elue administrateur général de Grenoble INP, Brigitte Plateau prendra ses fonctions le 28 février 2012 – date à laquelle elle démissionnera de son poste de directeur de l’Ensimag. Si la constitution de son équipe sera finalisée fin mars, Brigitte Plateau a déjà défini les priorités qu’elle veut mettre en œuvre à la tête du groupe.


Grenoble INP faisait partie du projet d’Idex GUI+ (Grenoble-Alpes Université de l’Innovation) qui n’a pas été sélectionné par le jury international . Comment réagissez-vous à cet échec et comment comptez-vous travailler avec vos partenaires régionaux ?

« Il est essentiel que le site grenoblois existe sur le plan international avec une marque unique »

L’Idex est un concours et notre réponse a dû être moins bonne que celle des autres candidats. Mais cela n’a pas empêché 63 de nos projets d’être retenues au titre des Labex, Equipex, IRT, Cohortes, etc . Ce qui nous place en deuxième position après l’Ile-de-France ! En outre, dans le cadre de l’initiative d'excellence sur les formations innovantes Idefi , deux projets portés par Grenoble INP ont passé le premier cap de la sélection.

Maintenant, nous devons nous remettre au travail hors Idex, hors appel d’offre, car nous avons à Grenoble des atouts majeurs en termes de qualité scientifique. Il est essentiel que le site existe sur le plan international avec une marque unique : il faut que l’Université de Grenoble se positionne comme une université de rang mondial, qui figure dans le top 50 du classement de Shanghai d’ici quatre ou cinq ans, et qui comportera un institut d’ingénierie dont Grenoble INP sera un acteur majeur. Tel est mon point de vue, et je compte demander à mes partenaires comment ils se voient dans cet ensemble.

Vous allez quitter la direction de l’Ensimag, l’une des six écoles d’ingénieurs de Grenoble INP, pour diriger le groupe. Quelles sont vos priorités ?

Aujourd’hui, Grenoble INP est surtout connu pour ses diplômes d’ingénieur. Nous devons étendre cette reconnaissance aux masters et aux doctorats en articulant mieux l’ensemble de nos cursus, en formation initiale mais aussi tout au long de la vie. Sur le plan international, nous allons intégrer l’offre master dans nos actions de double diplômation et les échanges avec nos partenaires. L’un des objectifs est d’augmenter le nombre d’étudiants étrangers qui suivent une formation en master ou ingénieur à Grenoble INP.
Par ailleurs, nous souhaitons rapprocher formation et recherche : les ingénieurs ont déjà la possibilité de suivre des parcours recherche, mais nous voulons intensifier cette pratique. Il faut aussi pouvoir attirer davantage d’ingénieurs vers le doctorat, par le biais notamment des bourses CIFRE : nous allons mettre en forme une véritable offre en ce sens afin que celle-ci soit plus lisible.

Outre ces formations d’ingénieurs-docteurs, dans quelle mesure envisagez-vous d’élargir les compétences de vos étudiants ?

« Les doubles compétences supposent d’allonger la durée de la formation »

Nous allons tout d’abord chercher des doubles compétences avec nos partenaires régionaux. On pourrait par exemple travailler sur l’alliance des sciences de l’information, des micro et nano technologies et de la médecine, rapprocher les parcours d’énergéticiens de l’école d’architecture, tandis que le design pourrait être un complément intéressant pour un ingénieur généraliste. Mais dans tous les cas, cela suppose d’allonger – de six mois à un an – la durée de formation : une double compétence ne s’obtient pas avec le même temps d’étude.
D’autre part, nous souhaitons développer la créativité de nos étudiants, en mettant en place des lieux spécifiques, sur le modèle des Fab Lab. Il s’agit de mettre à disposition des étudiants du matériel et de leur dire : imaginez un objet technologique et réfléchissez à ses usages ! Cette démarche peut être pluridisciplinaire car le design, le marketing ou l’application médicale de l’objet pourront aussi être étudiés.
Entre Polytech et ses dispositifs de  Fab Lab, Génie Industriel, Phelma et l’Ensimag qui démarrent des actions similaires, mais aussi le CEA ou le CCSTI (Centre de culture scientifique technique et industrielle) de la ville de Grenoble, tout un réseau de plateformes est en train de se monter dans la région. Nous voulons participer à ce mouvement qui soutient notre volonté d’inciter les étudiants à être acteur de leur formation.

Dans quelle mesure la politique de site peut-elle également influer sur le recrutement de vos étudiants ?

« Nous espérons qu’il y aura une véritable dynamique de site et que nous pourrons montrer que nous sommes une université fédérale unique »

Aujourd’hui, la diversification de nos recrutements est pour nous un vrai challenge. Dans ce cadre, être un grand site universitaire reconnu au niveau international est l’un des principaux arguments que nous voulons mettre en avant. D’où la nécessité d’avoir une cartographie de la formation compréhensible par des étudiants habitués à un mode de présentation anglo-saxon.
Nous espérons qu’il y aura une véritable dynamique de site et que nous pourrons, dans les années à venir, montrer que nous sommes une université fédérale unique où les étudiants peuvent choisir leur parcours au sein d’une offre diversifiée, et circuler d’une formation à l’autre, grâce à des passerelles et des doubles diplômes.


Sophie Blitman | Publié le