Centrale Marseille change de dimension avec l'ouverture d'un campus à Nice

Clément Rocher
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Centrale Marseille déploie un deuxième campus à Nice
Centrale Marseille déploie un deuxième campus à Nice // ©  Centrale Marseille
Centrale Marseille se développe dans la région Sud avec l'ouverture d'un deuxième campus à Nice, à la rentrée 2022, en partenariat avec l'Université Côte d'Azur. L'école projette aussi de changer de nom pour devenir Centrale Méditerranée. Signe que l'école d'ingénieurs souhaite développer son impact sur le territoire.

Changement de stature pour Centrale Marseille. L'école d'ingénieurs souhaite transformer son modèle d'établissement avec l'ouverture d'un nouveau campus à Nice (06), en partenariat avec l'Université Côte d'Azur, en septembre prochain.

Centrale Marseille était engagée depuis plusieurs années dans une réflexion pour accroître son rayonnement national et international. "Ce projet est arrivé à un moment où l'école cherchait à prendre une autre dimension. Cela nous a semblé assez facile de trouver un modèle d'établissement qui peut rayonner sur deux territoires complémentaires", affirme Carole Deumié, directrice générale de Centrale Marseille.

L'école a d'ailleurs reçu un accueil favorable des acteurs académiques de la région niçoise. "Il est apparu comme évident qu'il était possible de travailler avec tout le territoire de Nice, aussi bien avec l'université Côte d'Azur et les Écoles universitaires de recherche (EUR) que Skema Business School et les Instituts interdisciplinaires d'intelligence artificielle (3IA)", estime la directrice.

C. Deumié (Centrale Marseille) : "Nous avons besoin de former davantage d'ingénieurs sur notre territoire"

Un besoin de jeunes ingénieurs dans la région Sud

D'autant que la création de ce deuxième campus vient répondre à un manque d'ingénieurs dans le sud de la France. "Nous avons un déficit très important en formation d'ingénierie tout niveau confondu sur ce territoire. C'est la raison pour laquelle ce projet est tellement soutenu", affirme la directrice de l'école.

Un axe que Carole Deumié entend renforcer : "Nous avons aujourd'hui seulement 6.000 étudiants en ingénierie formés sur la région Sud, alors même que nous avons deux pôles industriels à Marseille et Nice qui sont en pleine croissance. Nous ne pouvons pas faire face à la demande de recrutement pour l'instant".

Une cohérence de formation entre les campus de Centrale de Marseille et de Nice

Pour répondre à ce besoin, Centrale Marseille prévoit de se doter d'une offre de formation équilibrée qui couvrira tous les niveaux, du post-bac au doctorat, tout en veillant à la cohérence dans l'offre de formation en ingénierie entre les deux campus. Par exemple, concernant le diplôme d'ingénieurs, Centrale Marseille souhaite proposer à Nice une offre de spécialités complémentaires à celles qui sont proposées sur le campus marseillais.

"L'idée est qu'on puisse se positionner sur les spécificités de chaque zone géographique sans mettre un territoire en concurrence avec l'autre. A Nice, nous allons développer des spécialités en cohérence avec les activités des laboratoires de recherche du site. Nos choix ne sont pas tout à fait arrêtés", continue la directrice générale de Centrale Marseille.

L'école souhaite aussi proposer une formation post-bac sur son campus niçois avec la création d'une offre de bachelor en partenariat avec Skema BS. "Nous sommes convaincus qu'il existe un public qu'il faut accueillir directement après le baccalauréat. Il faut l'emmener vers l'enseignement supérieur mais il y a aussi un besoin d'emplois au niveau bac+3", estime ainsi la directrice. Un projet qui s'inscrit dans le mouvement engagé au sein du Groupe des Ecoles Centrale, à l'instar du BBA bid data & management créé par Audencia et Centrale Nantes l'an dernier ou encore l'ouverture d'un cycle préparatoire à Centrale Lyon pour la rentrée 2022.

Enfin, l'école souhaite aussi enrichir son offre de masters en partenariat avec l'Institut méditerranéen du risque de l’environnement et du développement durable (IMREDD) et l'Institut d’innovation et de partenariats (2IP).

Stratégie internationale : une alliance indispensable entre universités et régions

Vers une nouvelle identité : Centrale Méditerranée

Cette extension de Centrale Marseille sur le territoire niçois pousse l’école à se redéfinir. Si le projet est mené à son terme l'école d'ingénieurs marseillaise pourrait devenir Centrale Méditerranée. "A partir du moment où l'école souhaite rester un seul établissement, elle ne peut plus porter le nom d'une seule ville", soutient Carole Deumié.

Le changement de nom sera officialisé dès lors que la formation ingénieur sera déployée sur le campus de Nice, sachant que les premiers élèves-ingénieurs pourraient arriver dans le courant de l'année 2023.

Cette nouvelle identité permettra à l'école d'ingénieurs de renforcer sa visibilité à l'international. "Le campus de Marseille possède déjà une visibilité du fait de sa politique de recherche menée avec l'Idex d'Aix-Marseille. Nous allons également créer un ancrage recherche à Nice avec l'Idex UCA JEDI", soutient Carole Deumié. Le Réseau méditerranéen des écoles d'ingénieurs (REMI), dirigé par Centrale Marseille, pourrait aussi profiter de ce changement de nom.


Clément Rocher | Publié le