Classement européen des universités : Valérie Pécresse fait avancer son idée

Elise Descamps
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Une des priorités de la présidence française de l’Union européenne pour Valérie Pécresse est de construire un classement européen des universités. Elle l’a rappelé en ouverture de la première des deux manifestations sur ce thème inscrites au programme des six mois de présidence : une conférence sur « l’assurance qualité dans les établissements d’enseignement supérieur en Europe » réunie les 9 et 10 septembre 2008 à Strasbourg. Pour la majorité des 250 professionnels de 40 pays rassemblés, la question débattue n’était plus « faut-il faire un classement ? », mais « comment le réaliser ».

Un classement par discipline privilégié

Premier objectif : se distinguer du classement de Shanghai. La ministre française de l’Enseignement supérieur a indiqué que le classement devrait mieux refléter « que ne le font les palmarès actuels les atouts singuliers des établissements européens d'enseignement supérieur ». Le classement par discipline semble emporter sa préférence avec l’avantage de pouvoir «développer la mobilité en Europe en offrant des garanties aux étudiants que leurs semestres réalisés à l'étranger s'insèreront parfaitement dans leur cursus». Son intention de privilégier une autoévaluation avant l’évaluation externe semble faire consensus.

Le moteur de ce chantier devrait être la France et l’Allemagne. Un projet-pilote allemand doit servir de modèle. Mené par le think tank allemand Centrum für Hochschulentwicklung (CHE), il réalise depuis dix ans un classement de l'enseignement supérieur outre-Rhin, non par établissement mais par faculté, en tenant compte de facteurs comme le nombre d'étudiants, la durée moyenne des études, l'importance des moyens tiers, la vie étudiante, l'avis des étudiants et des professeurs ou la richesse de sa bibliothèque. Le modèle d'évaluation plébiscité à Strasbourg reprend bon nombre de ces caractéristiques : ne pas faire de la recherche le critère exclusif de classement et adapter la méthode d’évaluation selon la typologie des établissements.

La recherche difficile à évaluer

Beaucoup de questions restent en suspens. « On s'aperçoit qu'il n'est pas facile de savoir quoi évaluer. Si un labo fait très bien de la recherche, avec de très bons enseignants, est-ce suffisant pour assurer la qualité des programmes de master et de l’école doctorale ? Quels sont les meilleurs indicateurs pour savoir, dans tel domaine, si on a pris les meilleurs enseignants ? », interroge Jean-François Dhainaut, président de l'AERES. « L'évaluation d'une université doit inclure la recherche, mais dans beaucoup de pays européens c'est essentiellement en fonction des besoins pédagogiques que se fait le recrutement des personnels », constate Carlès Sola, professeur à l'université autonome de Barcelone, qui ajoute « la qualité de la recherche est difficile à évaluer sur le plan des sciences sociales ».

Des critères à établir

Devant Jean-Pierre Finance, président de la CPU, et Jean-François Dhainaut, présents à Strasbourg, Valérie Pécresse a aussi prévenu que les procédures d'évaluation en France, via l'AERES, mais aussi à l'avenir peut-être par des agences d'évaluation étrangères, aura aussi un impact sur l'attribution des budgets aux établissements, citant en exemple le critère de la progression des étudiants. Sur les critères d’évaluation, les débats se prolongeront à la conférence de Nice sur « les indicateurs de comparaison internationale », les 13 et 14 novembre 2008. Avec la définition des critères, les choses sérieuses devraient commencer.  


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