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Classement mondial des universités : la France tire son épingle du jeu

Maud Vincent
Publié le
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Grâce à la fusion de ses établissements, Sorbonne Université se hisse de la 123e à la 73e place (+50 places) du classement mondial des universités, selon THE.
Sorbonne Université gagne 50 places et se hisse de la 123e à la 73e place du classement mondial des universités de THE. // ©  Marie-Anne Nourry
Avec PSL, la France se replace parmi les 50 premiers établissements du classement mondial des universités de Times Higher Education. Un bon cru 2019 qui s’explique par le regroupement des universités.

L’union fait la force. C’est la leçon à tirer du classement mondial 2019 des universités du Times Higher Education (THE) publié le 26 septembre 2018. Premier établissement français à entrer dans le top 50 depuis 2011, PSL (Paris Sciences et Lettres) passe ainsi de la 72e à la 41e place, soit une progression de 31 places en un an.

Les raisons de cette impressionnante poussée ? De meilleurs scores d’enseignement et de recherche et le regroupement de ses 18 établissements de recherche. Le rapprochement entre établissements du supérieur semble donc porter ses fruits, en améliorant leur visibilité à l’international.

Née de la fusion de Paris-Sorbonne et de l'UPMC, Sorbonne Université gagne 50 places et se hisse ainsi de la 123e à la 73e place. Pour Phil Baty, rédacteur en chef des Classements mondiaux du THE, "ce sont des résultats fantastiques – particulièrement si l’on considère l’intensification de la concurrence mondiale. Les deux meilleures universités de la nation ne pouvaient mieux démontrer la force que procure l’unité aux établissements de recherche".

Et d’ajouter : "Les réformes de la France permettent d’accroître la visibilité de son enseignement supérieur et de sa recherche sur la scène mondiale. Cela devrait faire partie d’un cercle vertueux attirant talents et investissements, et améliorant ainsi la performance."

Au final, 34 établissements français figurent dans l'édition 2019 du classement des 1.000 premières universités du monde, soit trois de plus qu'en 2018. Si seulement quatre d'entre eux figurent dans le top 200, tous ont progressé, notamment l'École polytechnique, de la 115e à la 108e place (+ 7), ou encore l'université Paris-Diderot, de la 201e à la 194e place (+ 6).

Par ailleurs, quatre universités françaises font leur entrée dans le classement : l'IMT Atlantique et Centrale Nantes (directement aux rangs 351–400), Rennes 1 (classée dans les 601–800), ainsi que l'université de Normandie (dans les 801–1000).

Les 34 établissements français

Institution Classement 2018–2019 Classement 2017–2018 Classement 2016–2017
Paris Sciences et Lettres 41 72 NC 
Sorbonne Université 73 123 121
École polytechnique 108 115 116
Université Paris 7 Paris-Diderot 194 201–250 201–250
Université Paris-Sud 201–250 181 179
École normale supérieure de Lyon 201–250 182 201–250
École des ponts ParisTech  201–250 251–300 351–400
Université Aix-Marseille 301–350 251–300 301–350
Université Grenoble Alpes 301–350 301–350 301–350
Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées 301–350 351–400 301–350
Université de Montpellier 301–350 351–400 351–400
Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines 301–350 351–400 NC
Université Côte d'Azur 351–400 351–400 NC
IMT Atlantique 351–400 NC NC
Université de Bordeaux 401–500 301–350 301–350
Université de Strasbourg 401–500 351–400 301–350
Centrale Nantes 401–501 NC NC
Centrale Supélec 401–500 401–500 201–250
Université Lyon 1 Claude-Bernard 401–500 401–500 351–400
Université de Lille 401–500 401–500 401–500
Science Po 401–500 401–500 NC
Université Bourgogne-Franche-Comté 501–600 501–600 501–600
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne 501–600 501–600 401–500
Université Blaise-Pascal 601–800 501–600 NC
Université de Lorrraine 601–800 501–600 NC
Université de Nantes 601–800 501–600 401–500
École centrale de Lyon 601–800 601–800 601–800
École normale supérieure de Cachan 601–800 601–800 401–500
Institut national des sciences appliquées de Lyon (Insa Lyon) 601–800 601–800 501–600
Université de technologie de Compiègne 601–800 601–800 NC
Université de Rennes 1 601–800 NC NC
Université de Cergy-Pontoise 801–1000 801–1.000 801–1.000
Université Paris-Ouest-Nanterre 801–1000 801–1.000 NC
Université de Normandie 801–1000 NC NC

Poussée des universités d'Asie du Sud-Est

Dans le reste du classement, hormis l'École des ponts ParisTech (passée des 251–300 rangs aux 200–250 rangs), l'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, l'université de Montpellier et l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (qui ont grimpé de 351–400 à 301–350), les 26 autres universités françaises ont soit conservé leur place, soit obtenu un rang plus faible par rapport à l’année 2018. L’université Paris-Sud recule ainsi de 20 places, et sort du top 200, tout comme l’École normale supérieure de Lyon, qui se positionne dans la fourchette 201–250 alors qu’elle occupait la 182e place l’an dernier.

Alors que les États-Unis, l’Europe et l’Australie sont confrontées à des réductions de budget rendant difficile le maintien de normes d’excellence, l’Asie du Sud-Est et notamment la Chine multiplient les partenariats mondiaux et investissent massivement dans des établissements clés. La Chine est ainsi le 4e pays le plus représenté au classement mondial, avec 72 universités, contre 63 l’an dernier, et conserve sa 7e place au top 200. Autre signe du dynamisme asiatique : 5 des 6 établissements se placent au top 200 pour la troisième année consécutive.

Une domination anglo-américaine menacée

Si les États-Unis restent leaders avec 60 universités dans le top 200, ses établissements sont en recul. Néanmoins, dans le top 20 du classement, 80 % des universités (16 au total) sont américaines. Idem pour le Royaume-Uni, dont la majorité des établissements restent stables ou sont en déclin, même si les universités d’Oxford et de Cambridge restent en tête du classement mondial.

"Alors que la Chine et d'autres nations émergentes positionnent leurs universités au cœur des stratégies de croissance économique nationale, elles pourraient bien mettre au défi la domination anglo-américaine dans les prochaines années. Les universités chinoises de Tsinghua et Pékin se placent déjà parmi les meilleures du monde, et la jeune Université des Sciences et des Technologies du Sud (SUSTech), qui n’a que sept ans, a déjà fait son entrée dans le top 350 mondial, une réussite remarquable", analyse THE.


Le top 20 du "Times Higher Education" 2019

Institution Pays Classement 2019 Classement 2018
University of Oxford Royaume-Uni 1 1
University of Cambridge Royaume-Uni 2 2
Stanford University États-Unis 3 3
Massachusetts Institute of Technology États-Unis 4 5
California Institute of Technology États-Unis 5 3
Harvard University États-Unis 6 6
Princeton University États-Unis 7 7
Yale University États-Unis 8 12
Imperial College London Royaume-Uni 9 8
University of Chicago États-Unis 10 9
ETH Zurich Suisse 11 10
Johns Hopkins University États-Unis 12 13
University of Pennsylvania États-Unis 12 10
UCL Royaume-Uni 14 16
University of California, Berkeley États-Unis 15 18
Columbia University États-Unis 16 14
University of California, Los Angeles États-Unis 17 15
Duke University États-Unis 18 17
Cornell University États-Unis 19 19
University of Michigan United States 20 21

Maud Vincent | Publié le

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Frida.

Pourquoi Paris-Saclay n'apparait pas ? C'est un échec tonitruant ou quoi ?

Sirius.

L'auteur est-elle fâchée avec l'arithmétique ? Ecrire des établissements français que "tous ont progressé" est contraire aux chiffres. Sur les 34 établissements 12 ont progressé, 14 sont au même niveau et 8 ont régressé. Le titre généralisateur semble quelque peu exagéré.