Classement THE Impact : les universités françaises à la traîne

Amélie Petitdemange
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Classement THE Impact : les universités françaises à la traîne
Aix-Marseille université est la seule université française à figurer dans le classement THE Impact. // ©  Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA
Le Times Higher Education publie ce mercredi 22 avril la deuxième édition de son classement mondial des universités, centré sur le développement durable. Seulement deux universités françaises figurent dans le top 100.

Les universités françaises sont à la traîne en matière de développement durable… Seule Aix-Marseille université tire son épingle du jeu en se hissant à la 20e place du classement "Times Higher Education Impact" qui classe les universités selon leur prise en compte des 17 objectifs de développement durable fixés par l’ONU. Elle est suivie par PSL (Paris Sciences et Lettres) qui fait son apparition dans le classement directement à la 53e position.

Selon le Times Higher Education, la France doit progresser sur de nombreux objectifs, notamment "paix, justice et institutions efficaces", pour lequel aucune université française ne figure dans le top 100. Les objectifs "éducation de qualité" et "consommation et production responsable" seraient également des objectifs à améliorer.

Les efforts des établissements pour s'emparer du développement durable

AMU dans le top 10 de trois classements thématiques

Dans cette édition 2020, Aix-Marseille Université est l'université qui s'en sort le mieux. Elle figure dans le top 10 de trois classements thématiques : ‘pas de pauvreté’, ’eau propre et assainissement’ et ‘partenariats pour la réalisation des objectifs’.

"Nous avons une politique de développement durable dans l’ensemble de l’université", assure Eric Berton, président d’Aix-Marseille université. Élu en janvier dernier, il affirme que le développement durable est au cœur de son mandat. Un "conseil du climat d’AMU" constitué d’experts internationaux a d’ailleurs vu le jour en janvier afin de réfléchir à des actions en faveur du climat.

Nous avons une politique très forte sur la prise en compte de l’humain à l’université. (E. Berton)

L’université a été particulièrement saluée pour son impact sur la pauvreté. "Nous avons une politique très forte sur la prise en compte de l’humain à l’université. Des fonds de solidarité sont dédiés aux étudiants et au personnel. Concernant le Covid-19 par exemple, nous avions mis en place le télétravail avant le confinement. Pour les étudiants qui n’ont pas pu rentrer chez eux, nous distribuons 2.000 colis alimentaires et hygiéniques par semaine. Nous avons aussi lancé une enquête par mail pour accompagner les étudiants fragiles avec des médecins et des psys. Et pour pallier la fracture numérique, nous avons acheté 350 ordinateurs", détaille Eric Berton.

PSL, une entrée remarquée

Une seule autre université figure dans le top 100, ainsi que dans le top 10 pour le classement thématique "industrie, innovation et infrastructures". Il s’agit de PSL, qui a candidaté pour la première fois au classement cette année.

"Nous avons toujours été bon dans ce domaine mais l’entrepreneuriat social pourrait être intégré l’année prochaine et nous faire remonter dans le classement", affirme Minh-Hà Pham, vice-présidente Relations internationales. Selon elle, l’université a une marge de progression car elle n’a pas encore mis toutes ses actions en avant. Les universités candidates doivent en effet lister des actions concrètes et des preuves pour chaque question posée par le Times Higher Education.

PSL espère s’améliorer sur la thématique ‘pas de pauvreté’ grâce à de nouvelles initiatives sur l’assistance à la précarité étudiante, comme la mise à disposition de logements et de bourses. Une licence développement durable va par ailleurs ouvrir à la rentrée prochaine.

Classement du Times Higher Education 2020 : un bon cru pour la France

L’Europe en retard

Par ailleurs, l’Europe est plutôt mal représentée dans le top 100, avec quatre universités espagnoles, deux italiennes, deux françaises et aucune allemande. Si l’on prend le classement dans son ensemble, 16 universités françaises sont citées.

Seules quatre universités françaises figurent par ailleurs dans le top 100 de deux classements thématiques :

  • Le classement sur l’objectif "vie aquatique" comprend Paris Sciences et Lettres (19e), Aix-Marseille université (24e), IMT Mines Alès (48e), et Bordeaux université (55e).
  • Le classement sur la "lutte contre le changement climatique" qui compte notamment Paris Sciences et Lettres (19e), Centrale Nantes (62e), Aix-Marseille université (71e), Bordeaux université (82e), et IMT Mines Alès (97e).

La zone Asie-Pacifique pionnière

La zone Asie-Pacifique est celle qui fait figure de pionnière dans ce classement sur les impacts des établissements notamment en matière de développement durable. La première place est occupée par l’université d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, suivie de l’université de Sydney puis de l’université de Sydney Ouest, toutes deux en Australie.

"Ces universités excellent en termes de partenariats pour la réalisation des objectifs de développement durable. Elles travaillent avec d’autres universités, d’autres pays et des institutions. Elles font notamment de la recherche en partenariat avec des pays en développement. L’Australie bénéficie aussi de forts liens avec l’Asie, de par sa position géographique", explique Ellie Bothwell, rédactrice du classement.

Le pays le plus représenté dans ce classement est le Japon, avec 63 universités. "Cela s’explique par le grand nombre d’universités japonaises, mais aussi par le fait que le Japon prend ces objectifs au sérieux. Les universités se démarquent notamment sur les objectifs ‘industrie, innovation et infrastructures’ et ‘faim zéro’. L’université d’Hokkaido est très bien classée sur ce dernier objectif", souligne Ellie Bothwell.

Ce classement, qui en est seulement à sa deuxième édition, pourrait donc encourager les universités à mieux prendre en compte les problématiques de développement durable à l’avenir. Davantage d’universités françaises et européennes pourraient par ailleurs candidater pour l’édition 2021.


Amélie Petitdemange | Publié le

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ZANGBE.

Félicitations aux deux universités françaises qui ont pu tirer leur épingle du jeu ! La France doit réaliser maintenant qu'investir dans l'éducation est chose primordiale et un facteur prépondérant pour le développement... Le défi est lancé ! Que les autres universités françaises imitent nos deux lauréats pour hisser l'éducation française à un rang sans pareil ! Imitons le Japon ! À suivre...