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Colloque de la CPU : les présidents d’université face à la gestion des ressources humaines

Hélène Lesourd
Publié le
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Le colloque de la CPU à Rennes - 16 mai 2013 // ©H. Lesourd
Le colloque de la CPU à Rennes - 16 mai 2013 // ©H. Lesourd

Peu impactée par le projet de loi de Geneviève Fioraso, la politique des ressources humaines reste cependant au premier plan des préoccupations des personnels des universités. Cohérence, évolution des missions, dialogue social et politiques indemnitaires… Tour d’horizon de ces enjeux à l'occasion du colloque de la CPU du 15 au 17 mai à Rennes.

Depuis plusieurs années, et particulièrement depuis la loi LRU de 2007, les universités connaissent de profonds bouleversements dans leurs structures, leurs missions mais aussi dans les métiers qu'elles abritent. Les nouvelles compétences transférées depuis le passage aux RCE (Responsabilités et compétences élargies) rendent les universités responsables de leur masse salariale et de leur plafond d'emplois. Désormais, les établissements sont employeurs de l'ensemble de leurs personnels, qu'ils soient fonctionnaires ou contractuels de la fonction publique. Comment s'approprient-ils ces nouvelles prérogatives alors que les cadres légaux et règlementaires diffèrent selon les statuts, les corps et les situations locales ? La question s'est posée lors du colloque de la CPU (Conférence des présidents d'université) sur le thème des ressources humaines, du 15 au 17 mai à Rennes.

Articulation entre gestion nationale et politique RH au niveau des établissements

Les responsables des universités appellent de leurs vœux un nouvel équilibre entre une gestion nationale des corps et une politique cohérente de gestion des ressources humaines au niveau des établissements. Une simplification des statuts pour une meilleure gestion et une harmonisation des pratiques garante de l'équité au niveau national. Deux nécessités rappelées au cours des débats et devenues d'autant plus impératives avec l'introduction de la notion de site et des regroupements d'établissements envisagés dans le cadre du nouveau projet de loi ESR. En particulier, "la question de la mobilité des personnels va être d'autant plus importante car devrons-nous, d'un point de vue technique, la concevoir au niveau des établissements ou au niveau des communautés ?", interroge Hélène Pauliat, présidente de l'université de Limoges.

S'approprier les problématiques employeur

En théorie, la politique de ressources humaines relève dorénavant de la stratégie des établissements. Elle se traduit, de manière plus ou moins intégrée, par la valorisation de l'engagement des personnels, la définition de régimes indemnitaires, une politique de formation spécifique et adaptée en fonction des missions, des métiers et de leurs évolutions. Cependant, la poursuite de ces objectifs requiert d'une part, des moyens financiers devant couvrir ces charges de compétences nouvelles, d'autre part, une visibilité budgétaire pluriannuelle. Deux conditions pour une stabilité que les établissements sont loin d'atteindre dans le contexte économique actuel.

Ces stratégies induisent des pratiques managériales nouvelles "plus ou moins bien acceptées dans les établissements, confie Gérard Blanchard, vice-président de la CPU et président de l'université de La Rochelle, et qui posent des questions en matière d'acceptabilité des décisions, d'adhésion des personnels, de management de proximité et de développement du dialogue social".

Qu'ils soient représentants des personnels BIATSS, des chercheurs ou enseignants-chercheurs, la communauté universitaire insiste dans son ensemble sur l'importance du dialogue social qu'elle souhaite constructif et renforcé. Des attentes qui laissent sous-entendre, au passage, l'insuffisance des dispositifs et mesures jusque-là mises en place, voire des remises en cause de certaines pratiques managériales.

Politique indemnitaire et évaluation des personnels

La place de la politique indemnitaire fait particulièrement débat. Est-elle à considérer comme un levier de motivation des personnels, principal ou secondaire ? Ou bien comme une simple variable d'ajustement destinée à lisser les disparités entre statuts, corps d'appartenance et catégories ? Au-delà du coût budgétaire d'une véritable réforme des grilles indiciaires, la question des primes n'en est pas moins étroitement liée à celle, récurrente, de l'évaluation des personnels. 

A l'ensemble de ces problématiques s'ajoutent également celles de la mobilité des personnels et des enjeux des systèmes d'enseignement supérieur en Europe et plus globalement à l'international. Ou bien encore, la responsabilité sociale des universités. Des problématiques qui trouvent des échos dans les propositions émises par la CPU en fin de colloque.

Le débat récurrent de la valorisation de l'investissement pédagogique

Déjà traitée lors du colloque annuel de la CPU à Toulouse en 2011, la question de la reconnaissance de l'activité et de l'investissement pédagogiques des enseignants-chercheurs revient sur le devant de la scène. Comment les accompagner et quels dispositifs d'aide à la pédagogie mettre en place pour répondre aux attentes de nouveaux publics étudiants ? Les réponses apportées avec la mise en place des ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation) sont jugées aujourd'hui insuffisantes.

Outre une reconnaissance de ces investissements au niveau des premiers cycles, la CPU devrait proposer la mise en place d'un accompagnement des enseignants-chercheurs (tout au long de leur carrière) grâce à des services universitaires de pédagogie ainsi que d'un fond d'aide à l'innovation pédagogique, en privilégiant un cadre de responsabilité collective des équipes pédagogiques.
 A voir
Le message vidéo de la ministre Geneviève Fioraso, absente du colloque en raison de la conférence de presse de François Hollande. 

Hélène Lesourd | Publié le

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