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Comités de sélection : des universités jouent les avant-gardistes

Fabienne Guimont, avec Céline Manceau
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Comités de sélection : des universités jouent les avant-gardistes
Le décret sur les comités de sélection est paru au JO du 12 avril 2008. Initialement prévu pour mars, ce texte -qui a soulevé la polémique suite à la loi LRU- n’était passé en conseil des ministres que le 9 avril. Sans attendre sa parution, une dizaine d'universités ont entrepris d’installer leurs comités. A ces précurseurs de recruter les prochains enseignants-chercheurs dont les candidatures sont closes depuis le 1er avril.

L’université de Marne-la-Vallée a validé ses 18 comités de sélection avant la parution au JO du décret précisant cette nouveauté initiée par la loi LRU. Son conseil d’administration restreint réuni le 10 avril 2008 s'est prononcé sur leur composition. L’aboutissement d’un travail entrepris depuis mi-février lorsque le président de l’université a confié une mission au vice-président du conseil scientifique. Avec un cahier des charges précis du président, il a réuni un groupe de travail où siégeaient les présidents des commissions de spécialistes élus dans les conseils d’université. Les propositions de ce groupe de travail ont été soumises au conseil scientifique qui a remis son avis : positif.

Comités de sélection : un regard extérieur accru

« Les collègues étaient conscients des enjeux et cette procédure n’a pas été beaucoup plus difficile que celle pour les commissions de spécialistes. Ce qui va changer, c’est que ces comités de sélection vont apporter un regard extérieur sur les recrutements », résume Francis Godard, le président de l’université. En effet, ces comités de sélection ne peuvent se tenir que si les personnalités extérieures à l’université représentent la moitié des présents. Pour Marne-la-Vallée, des représentants d’universités du PRES ou d’autres universités parisiennes ont été sollicités.

De l'usage du droit de veto du président

A Aix-Marseille 3, le président de l’université a également travaillé en concertation avec les présidents des commissions de spécialistes sortantes. Celles-ci lui ont proposé une liste de 16 à 24 noms classés par ordre de préférence, sachant que pour les maîtres de conférences, il faut 12 membres et 8 pour les professeurs des universités. « Je m’assure que la parité est respectée car il faut autant de maîtres de conférences que de professeurs pour le premier comité, et autant de personnalités extérieures qu’internes à l’université pour le second. Je veille aussi à ce que les comités contiennent au moins un représentant du laboratoire concerné et une autre du département. Puis, je fais mon choix afin de soumettre ma liste finale devant le conseil d’administration restreint. Pour le moment, tout se passe bien et je ne pense pas user de mon droit de veto », explique Marc Péna, son président.

Un chiffon rouge agité par des syndicats d’enseignants comme le Snesup redoutant le trop grand pouvoir accordé au président sur les recrutements par rapport aux commissions de spécialistes élues.  

Autre université francilienne, Cergy-Pontoise fera aussi partie des pionniers. Faute de délais suffisants, peu d’universités devraient recruter selon cette manière cette année. Pour le vice-président de la CPU, Thierry Coulhon, « certaines universités ont aussi souhaité découpler l’élection du CA de la question des comités de sélection ».


Fabienne Guimont, avec Céline Manceau | Publié le

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