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À Naples, une université accueille la première "Academy" Apple

Laura Makary
Publié le
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À Naples, une université accueille la première "Academy" Apple
Quatre élèves de la Developer Academy d'Apple, à Naples, qui travaillent sur un projet en commun. // ©  Apple
C'est en Italie que l'entreprise à la pomme a décidé d'implanter sa "Developer Academy", une formation gratuite de neuf mois, sur le campus d'ingénierie de Federico II, l'université napolitaine partenaire. Une grande première pour Apple, qui ne s'était auparavant jamais autant impliquée dans un projet lié à l'enseignement supérieur. Reportage.

Au cœur du quartier populaire San Giovanni a Teduccio, à Naples, au détour d'une petite rue apparaît un immense bâtiment. C'est l'université Federico II, fondée en 1224, l'une des plus vieilles au monde. Installé à l'emplacement d'une ancienne usine de tomates en conserve depuis le milieu des années 2000, ce campus de l'université dédié à l'ingénierie ne cesse de se développer.

À mille lieux de sa Silicon Valley d'origine, c'est là qu'Apple a décidé d'implanter sa "IOS Developer Academy". L'objectif : former des jeunes geeks européens au développement, mais aussi à la mise en avant d'applications. Le tout sur le système d'exploitation IOS, bien entendu. Neuf mois d'apprentissage, rythmés par des projets en groupe et des présentations

Jusqu'à 1.000 élèves d'ici à trois ans

Entièrement gratuite pour les élèves, cette formation est prise en charge par l'entreprise, qui équipe de plus chaque étudiant d'un iPhone, d'un iPad et d'un MacBook. Une opération que la société refuse de chiffrer précisément, mais qui s'élèverait à plusieurs millions d'euros. Cette année, la première promotion compte 200 élèves – 4.000 personnes avaient postulé –, mais l'Academy vise 400 places à partir d'octobre 2017, puis, d'ici à trois ans, jusqu'à 1.000 étudiants.

Pour ce faire, dès cette année, les deux partenaires élargiront les tests de recrutement. Ils ne se dérouleront plus seulement à Naples, comme en 2016, mais aussi à Londres, à Madrid, à Milan, à Munich et à Paris, durant tout le mois de juin. Les lieux d'examen sont déjà fixés : ils auront lieu aux sièges d'Apple de ces grandes villes européennes. L'idée ? Attirer le maximum d'étudiants internationaux.

Une belle visibilité pour l'université

Pour l'université Federico II et pour la région de Naples, ce partenariat avec Apple est du pain béni. "Cela peut avoir un effet positif pour cette région et créer des emplois. Ces étudiants renforceront le marché et fonder leur start-up. Ils n'apprennent pas que le code, mais aussi la compréhension du marché des applications et la façon de vendre leur projet", souligne Giorgio Ventre, professeur d'informatique de l'université et l'un des instigateurs du projet.

Et offrir par la même occasion une belle visibilité à l'établissement. Par ailleurs, Giorgio Ventre assure que c'est l'université qui décide exclusivement du recrutement, que ce soit pour les élèves ou les professeurs, Federico II conservant également la mainmise sur toutes les questions de pédagogie. Et cela, même si les tests d'entrée se dérouleront désormais au sein des grands sièges européens d'Apple.

Deux tiers de Napolitains

Du côté d'Apple, le choix de Naples a été une question d'opportunité : l'entreprise cherchait avant tout une grande ville européenne peu dotée en start-up, où sa présence apporterait "un vrai plus". L'université Federico II lui a tendu les bras. "Pour nous, c'était très intéressant de montrer à Apple le gros potentiel de ce site et de notre écosystème. Après quelques réunions, tout est allé vite. La première rentrée, en octobre 2016, a eu lieu seulement cinq mois après la signature", se souvient Giorgio Ventre. Pour inciter ses étudiants à rejoindre l'Academy, l'université les autorise à faire une pause dans leur cursus.

De façon logique, deux tiers des élèves de cette formation de neuf mois sont originaires de Naples et de sa région. Le dernier tiers étant composé principalement d'étudiants venant du reste de l'Italie, et seulement une fraction d'autres pays.

Une pédagogie par projet

À la "Developer Academy", pas de cours magistral ou de leçon dictée par les professeurs. Ils sont d'ailleurs appelés des "mentors", comme pour mieux les rapprocher des élèves. Ici, tout fonctionne par projet, souvent en petit groupe, à la mode 42. Alors que la fin du cursus approche, les élèves s'attaquent aujourd'hui à leur "final challenge" : créer une application et la pitcher. 

Cette relation de proximité séduit les étudiants, comme Giacomo, 20 ans, qui a abandonné sa licence d'informatique dans ses Pouilles natales pour rejoindre Naples. "Ce qui m'a le plus donné envie de postuler, c'était la promesse d'une relation horizontale dans la formation, contrairement à l'université, où tout est très vertical", s'enthousiasme-t-il.

Cette "Academy" est une grande première pour Apple, qui ne s'était jamais autant impliquée dans un projet éducatif de cette ampleur, se contentant jusqu'à présent de partenariats commerciaux et de démonstrations de produits dans des écoles. Une première, mais peut-être pas une dernière. D'autres projets sont à l'étude, notamment en Inde.

Des élèves recherchés par les entreprises
L'Academy a déjà un effet positif sur l'employabilité de ces 200 jeunes, dont l'âge va de 18 ans à une petite trentaine, comme l'explique Annino. Titulaire d'une licence d'informatique de l'université de Sienne, il hésite à poursuivre ses études. "Dans l'absolu, j'aimerais entamer un master, mais j'ai passé quelques entretiens d'embauche récemment et ce qu'on fait à l'Academy intéresse beaucoup les recruteurs", pointe le jeune homme de 24 ans.

De son côté, Apple assure ne pas vouloir recruter d'emblée ses élèves. Simplement leur offrir des connaissances pour développer des applis. Des compétences également exploitables sur d'autres systèmes d'exploitation. Le tout en gardant la porte ouverte à ces futurs professionnels. "Si, dans quelques années, nous recevons des CV mentionnant l'Academy, cela attirera notre attention", nous déclare-t-on chez Apple.

Laura Makary | Publié le

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Christine.

Quel est le profil des élèves ? A part la localisation géographique ou la nationalité, nous n'avons aucune idées des critères de recrutement de ces futurs élèves.

Ronert.

Information intéressante, mais un peu publi-information, non ?

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