Un bac pro à Polytechnique : la recette du lycée Parriat

Marie-Anne Nourry
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Amphithéâtre à Polytechnique. © École polytechnique, J. Barande.
Amphithéâtre à Polytechnique. © École polytechnique, J. Barande.
Permettre à un bachelier professionnel d'intégrer Polytechnique. C'est la prouesse qu'un lycée de Saône-et-Loire a accomplie, grâce à une prépa TSI en trois ans. Retour sur les ingrédients qui ont fait son succès.

Titulaire d'un bac professionnel en mécanique automobile, Pierre Dumoulin s'apprête à faire sa rentrée à l'École polytechnique. Un exploit que le jeune homme originaire de Saint-Étienne doit en grande partie à la prépa TSI (technologie et sciences industrielles) du lycée Henri-Parriat de Montceau-les-Mines (71), qui a pour objectif de faire accéder en trois ans des bacheliers professionnels techniques aux meilleures écoles d'ingénieurs.

Trois ans de prépa

"Notre leitmotiv, c'est la montée en charge progressive du travail, confie Thierry de Rago, professeur de mathématiques au lycée Parriat, qui a participé à la création du cursus. La première année vise à amener les élèves à atteindre un bon niveau de bac STI2D, voire de bac S ; les deux suivantes se déroulent selon le modèle d'une prépa TSI classique." En outre, l'établissement précurseur de Saône-et-Loire s'est inspiré de quelques dispositifs qui ont fait leurs preuves auprès des élèves du lycée pour accompagner les bizuts.

Apprendre à travailler

Le soir, deux stagiaires polytechniciens sont chargés d'organiser l'étude. Ils reprennent les cours et les exercices mal compris. "C'est facultatif mais beaucoup d'élèves y participent. Plus que de rattraper un niveau, l'idée est surtout de leur apprendre à travailler", explique Thierry de Rago.

Le lycée Parriat a également mis en place un système de remédiation. "Après un devoir surveillé, nous offrons aux élèves la possibilité de repasser les exercices qu'ils ont ratés autant de fois qu'ils le veulent, et nous remplaçons la note de départ par la meilleure note obtenue, poursuit le professeur. C'est une carotte mais ça fonctionne très bien."

Des cours personnalisés

Pour chaque matière scientifique, deux enseignants se partagent la classe. "L'un fait le cours théorique, l'autre le TD. Cela permet aux élèves d'avoir deux regards différents sur la même notion, ils apprécient énormément."

La prépa mise aussi sur la différenciation. "Pour un devoir à la maison, nous n'avons pas un mais trois sujets adaptés au niveau des élèves", rapporte le professeur de mathématiques. Quant à Pierre Dumoulin, il bénéficiait souvent d'un quatrième sujet prévu spécialement pour lui. 

Si, grâce à sa recette innovante, le lycée Parriat a pu faire entrer un élève dans la prestigieuse école du plateau de Saclay, il a aussi permis à d'autres bacheliers professionnels de rejoindre les rangs de l'Isae, de Centrale Nantes, des Mines de Saint-Étienne et d'Alès ou encore des Arts et Métiers ParisTech.

Deux prépas TSI à Polytechnique à la rentrée 2014
À la rentrée prochaine, Polytechnique accueillera deux élèves issus de prépa TSI. L'institution table sur une mise à niveau rapide grâce à un système de tutorat : "Nous sommes conscients que ces élèves n'ont pas le même parcours que les autres et doivent s'adapter à un enseignement pluridisciplinaire, mais nous suivons de très près chacun d'eux de façon à anticiper les décrochages", explique Frank Pacard, directeur de l'enseignement et de la recherche à l'École polytechnique.

Leur intégration, elle, n'inquiète pas outre mesure l'établissement : "Grâce à la formation militaire en première année, les élèves se retrouvent tous dans le même bain, ce qui leur permet de tisser des liens indépendamment de la formation initiale, poursuit Frank Pacard. Le sport et la vie en internat favorisent également la solidarité entre les étudiants."

Marie-Anne Nourry | Publié le

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